LV L’invulnérableAmélie était morte dans la nuit du lundi au mardi, c’est-à-dire du 2 au 3 juin 1800. Dans la soirée du jeudi, c’est-à-dire du 5, il y avait foule au grand Opéra, où l’on donnait la seconde représentation d’Ossian, ou les Bardes. On savait l’admiration profonde que le premier consul professait pour les chants recueillis par Macpherson, et par flatterie autant que par choix littéraire, l’Académie nationale de musique avait commandé un opéra qui, malgré les diligences faites, était arrivé un mois environ après que le général Bonaparte avait quitté Paris pour aller rejoindre l’armée de réserve. Au balcon de gauche, un amateur de musique se faisait remarquer par la profonde attention qu’il prêtait au spectacle, lorsque, dans l’intervalle du premier au second acte, l’ouvreus

