Le Havre 8 mai 1945, 17h L’envol d’Edgar ChalumeauLe nez au vent, les mains dans les poches, Edgar s’approcha du bord de la falaise. Il émit un petit sifflement admiratif devant la beauté du paysage qui s’offrait à lui et promena lentement son regard de gauche à droite, des digues jusqu’au large en passant par la côte sud de l’estuaire. Quelques bateaux de pêche fendaient la mer d’huile en direction du Havre, se glissant entre les énormes tankers de ravitaillement qui encombraient l’entrée du port. – La brume a disparu. On découvre toute la côte, Villerville, Trouville, Deauville, Houlgate et, là-bas, regarde Henri, on voit même la façade blanche du casino de Cabourg ! Avec hésitation, scrutant l’horizon vers l’ouest, paupières plissées sous les effets d’une lumière intense, Edgar désig

