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Le Contrat de la Rose Noire

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Descripción

Lorsque Noah Laurent disparaît après avoir contracté une dette impossible à rembourser, Élise croit avoir perdu la seule famille qui lui reste.

Puis Adrien Valmont entre dans sa vie.

Milliardaire.

Magnat de l’hôtellerie.

Homme le plus redouté de Paris lorsque les lumières de la ville s’éteignent.

Il lui propose un marché : il effacera la dette de Noah, le protégera et l’aidera à le retrouver. En échange, Élise devra devenir son épouse pendant un an.

Les règles sont simples.

Ne pas poser de questions.

Ne pas fuir.

Ne jamais ouvrir la porte interdite de la demeure Valmont.

Mais ce mariage n’est que la première des nombreuses lies.

Derrière les réceptions luxueuses, les regards froids et les contrats signés dans l’ombre, Élise découvre que son père, mort des années plus tôt dans un prétendu accident, était lié à la Rose Noire, l’organisation secrète qui a bâti le pouvoir des Valmont.

Plus elle cherche Noah, plus elle s’approche d’une vérité capable de détruire Adrien.

Ou de faire d’elle l’héritière légitime de tout ce qu’il possède.

Elle a accepté de l’épouser pour sauver son frère.

Elle ne savait pas que son propre sang pouvait renverser l’homme le plus dangereux de Paris.

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Prologue — La Dernière Rose
La pluie tombait sur Paris avec la patience froide des choses qui savent déjà comment tout va finir. Elle glissait sur les façades haussmanniennes, avalait la lueur des réverbères, effaçait les pas dans les ruelles étroites derrière la place Vendôme. Cette nuit-là, personne ne leva les yeux vers l'homme qui courait avec un manteau sombre serré contre sa poitrine. Pour ceux qui l'aperçurent, il ne fut qu'une silhouette parmi d'autres, un bourgeois pressé, un ivrogne peut-être, un homme surpris par l'orage. Aucun d'eux ne sut qu'il portait contre son cœur la preuve d'une trahison capable d'engloutir des familles entières. Jacques Laurent ne courait plus depuis longtemps. Ses poumons brûlaient, sa jambe droite refusait parfois de le suivre, et chaque respiration laissait dans sa gorge un goût de fer. Pourtant il avançait. Il avait appris, dans les livres de comptes et les salons où les hommes tuaient avec des sourires, qu'il existait des minutes plus lourdes que des années. Celle qu'il vivait en faisait partie. S'il s'arrêtait, sa fille serait condamnée avant même de comprendre de quoi elle héritait. Sous son manteau, dissimulé dans une poche intérieure cousue à la main, se trouvait un petit livre de cuir noir. Sur sa couverture, une rose avait été gravée à chaud, si sombre qu'elle semblait boire la lumière. Ce n'était pas un symbole décoratif. C'était un sceau, une promesse ancienne, un avertissement. La Rose Noire n'avait jamais été seulement un nom murmuré par les puissants. Elle avait été, autrefois, un réseau d'influence créé pour protéger les familles qui ne pouvaient compter ni sur les juges ni sur les rois. Puis les Valmont étaient arrivés avec leurs hôtels, leurs coffres et leurs alliances. Ensuite les autres avaient suivi. Les hommes faibles avaient voulu de l'argent. Les hommes ambitieux avaient voulu du sang. Jacques tourna dans une ruelle derrière une église fermée. La porte latérale, rongée par l'humidité, céda sous son épaule. Il entra sans refermer tout de suite. Le silence du lieu lui tomba dessus comme un drap. L'odeur de pierre mouillée et de cire froide raviva un souvenir plus doux: Élise enfant, debout sur un banc, les cheveux attachés n'importe comment, essayant d'imiter le chant des adultes sans comprendre les paroles. Elle avait ri quand il lui avait dit que les anges n'exigeaient pas la perfection, seulement la sincérité. Ce rire-là fut presque assez puissant pour le faire tomber à genoux. — Pardonne-moi, ma petite étoile, murmura-t-il. Il traversa la nef sans allumer de lumière. Derrière l'autel, une trappe ancienne donnait accès à un couloir de service que l'église utilisait autrefois pour cacher des reliques pendant les guerres. Jacques avait découvert cet endroit des années plus tôt, à l'époque où il croyait encore que connaître les secrets de Paris rendait un homme invincible. Il souleva la trappe, descendit quelques marches et s'enfonça dans l'obscurité. Ses doigts tremblaient quand il sortit le livre de cuir. Une clé y était attachée par un fil rouge, fine, ancienne, trop élégante pour un coffre moderne. Sur sa tête brillait le même dessin: une rose entourée de deux initiales mêlées, L et V. Laurent et Valmont. Deux noms qui auraient dû rester alliés. Il posa le livre dans une niche creusée derrière une pierre descellée. La clé, en revanche, il ne pouvait pas la laisser là. Le livre disait trop. La clé ouvrait ce que même le livre ne contenait pas. Il fallait séparer les deux, comme on sépare un poison de son antidote. Jacques sortit de sa poche une petite boîte métallique où il avait placé une note pliée et une photographie d'Élise prise lors de ses dix ans. Sur l'image, elle tenait une rose blanche dans une main et le poignet de son petit frère Noah dans l'autre. Elle avait ce sérieux farouche des enfants qui se croient déjà responsables du monde. Il écrivit à la hâte sur le revers de la photographie, parce qu'il n'avait plus de papier propre. Les mots se bousculèrent, incomplets, maladroits, indignes de l'amour qu'il portait à ses enfants. Élise, si cette clé revient jusqu'à toi, ne la donne à personne. Pas aux Valmont. Pas aux hommes qui se diront mes amis. La Rose Noire n'est pas un héritage, c'est une dette. Trouve le coffre sous... Un bruit l'arrêta. Au-dessus de lui, la porte de l'église venait de grincer. Jacques referma la boîte, glissa la clé et la note dans une doublure décousue de son manteau, puis remonta sans reprendre le livre. Deux silhouettes l'attendaient dans la nef. Elles ne portaient pas de masques. C'était cela le pire. Les traîtres n'ont pas besoin de se cacher quand ils sont certains d'avoir déjà gagné. — Tu aurais dû venir au conseil, Jacques, dit l'un d'eux d'une voix calme. — Le conseil? répéta-t-il. Vous appelez encore cela un conseil après ce que vous avez fait? L'homme ne répondit pas. Derrière lui, un autre gardait les mains croisées. Jacques connaissait ces mains. Elles avaient signé des contrats, fermé des entreprises, déplacé des fortunes entières d'un trait d'encre. Une partie de lui refusa encore de croire que ces mêmes mains avaient livré son nom à la mort. — Ta fille est innocente, dit Jacques. Laissez-la en dehors de ça. — Personne n'est innocent quand le sang ouvre les portes. Alors Jacques comprit que sa fuite n'avait pas été assez rapide. Ils ne voulaient pas seulement le livre. Ils voulaient effacer la lignée. Il pensa à Élise endormie dans la chambre modeste qu'il avait choisie loin des quartiers dorés. Il pensa à Noah, encore trop petit pour comprendre pourquoi sa sœur vérifiait toujours deux fois les verrous. Il pensa à tout ce qu'il avait cru pouvoir réparer de l'intérieur, comme si un homme honnête pouvait entrer dans une maison en flammes sans devenir cendre à son tour. Il recula, puis se mit à courir vers la sortie latérale. Un cri claqua derrière lui. Des pas suivirent. La pluie le frappa au visage lorsqu'il retrouva la rue. Il ne savait pas exactement où aller. Seulement loin. Assez loin pour que la clé ne tombe pas entre leurs mains cette nuit-là. Assez loin pour que quelqu'un, un jour, puisse comprendre. La voiture surgit au bout de la ruelle sans phares. Il n'eut pas le temps d'éviter l'impact. Le monde devint bruit, verre, pierre et douleur. Jacques sentit son corps heurter le sol mouillé. Pendant quelques secondes, Paris disparut. Puis la pluie revint, froide sur ses paupières. Une silhouette s'accroupit près de lui et fouilla son manteau. Ses doigts passèrent tout près de la doublure déchirée, mais un sirène lointaine retentit. L'homme jura, se releva et s'enfuit. Jacques sourit faiblement. Pas par victoire. Par répit. Il tourna la tête. À quelques centimètres de sa main, la petite boîte avait glissé sous une grille d'égout à moitié descellée. La clé était toujours dedans. La note aussi. Le message n'était pas complet, mais il existait. Cela devrait suffire. Peut-être pas aujourd'hui. Peut-être pas demain. Mais un jour, Élise trouverait le début du chemin. — Ne deviens pas leur reine, souffla-t-il. Deviens ce qu'ils craignent. Ses yeux se fermèrent avant que les sirènes n'arrivent. Des années plus tard, lorsque Noah Laurent disparut à son tour, personne ne pensa d'abord au vieux manteau de leur père. Personne ne remarqua la doublure recousue, ni le poids minuscule caché dans une poche intérieure. Mais au matin du troisième jour, dans la chambre vide de Noah, Élise trouva le vêtement abandonné sur une chaise. En y glissant la main, elle sentit le froid du métal. Et la rose noire, longtemps enterrée dans le silence, recommença à fleurir.

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