L’ELFESes yeux rappelaient du chocolat qui aurait fondu sur un banc par un après-midi d’été. Cela faisait une heure que nous nous observions. Le bar dans lequel j’étais entrée aurait très bien pu s’appeler Au terminus des isolés. L’heure de gloire des fauteuils satinés était passée depuis longtemps et un piano à queue, abandonné dans le coin de la salle, obstruait le passage de la serveuse, fatiguée de s’occuper des clients. Du blues se répandait subtilement des haut-parleurs, mêlé aux sanglots dépressifs d’un saxophone. Le nuage de nicotine peignait silencieusement mes cheveux, ignorant l’interdiction de fumer dans les restaurants. Ce genre d’endroit conserve à doses homéopathiques le charme étrange des anciens cafés où la bohème locale braillait autrefois des poèmes. Ces cafés disparaiss


