XIINigel, depuis son départ de Deauville, avait conduit la voiture à une allure qui surprenait son chauffeur, car il n’était pas amateur de vitesse exagérée. Maintenant, aux approches de Morèges, il ralentissait, jetant de longs regards autour de lui sur ce pays de son enfance un peu noyé ce matin dans la brume de l’automne commençant. La voiture longeait le gave assagi par un été peu pluvieux. Elle montait la route bordée de platanes qui conduisait au village. Le château blanc apparut au-dessus de ses parterres fleuris, de son lac un peu gris ce matin. En le voyant, le regard de Nigel parut s’assombrir. Pourtant, c’était là son habitation préférée, toujours retrouvée avec la même satisfaction et quittée avec regret. Quand il eut arrêté la voiture dans la cour, Nigel sauta à terre, gravi


