XIIIElle se rendit le lendemain aux Bergeries. Ces dames – sans doute par le carnet mondain de leur journal – connaissaient le retour de Nigel à Morèges et parurent trouver naturelle l’excuse assez vague donnée par Sylvie, ses journées plus occupées, pour expliquer qu’elle fût restée près de quinze jours sans leur rendre visite. Mme Marchez, toujours aussi aimable, ne semblait pas se douter du motif qui éloignait son fils, en cette dernière période de son congé. Mais Sylvie, à certains regards d’Antoinette, crut comprendre que celle-ci était plus perspicace. Cette idée la gêna et lui fit abréger sa visite, malgré l’insistance de Mme Marchez et celle, plus molle, de sa fille. « Antoinette m’en veut un peu d’être la cause du départ de ce frère qu’elle aime et admire tant », pensait-elle en


