IV

1896 Mots

IVLe père de Sylvie, le commandant d’Arbouze, qui avait dépensé en une existence scandaleuse sa fortune et celle de sa femme, s’était un soir tué d’un coup de revolver. Mme d’Arbouze dut donner des leçons de piano pour subvenir à ses besoins et permettre à sa fille de terminer son instruction. Sylvie avait connu la gêne, presque la pauvreté. Mais plus que tout, les souffrances de sa mère comme épouse avaient gravé en elle une empreinte qu’elle jugeait ineffaçable. Mme d’Arbouze, cœur passionné, brisé, aigri par le malheur, avait répété à sa fille : « N’aime jamais ! Durcis ton cœur, vis sur toi-même. » Aux dernières heures de sa vie, après la visite du prêtre qui venait l’absoudre, elle avait murmuré de sa voix défaillante : « J’ai eu tort. Ne fais pas ce que je t’ai dit, ma Sylvie. » Mai

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