Chapitre 1 : Un dédale de marbre
Allongée sur le sol, je ressens un mal de tête et une sensation de froid... J'ouvre alors mes yeux et regarde autour de moi pour visualiser mon espace.
"Où suis-je ?" Pensais-je
Il n'y a rien, ni personne. Je suis apparemment seule assise sur un sol de marbre claire avec des traces de gris crème. La pièce est sombre, mais elle a surtout l'air immense, en levant les yeux pour voir le plafond, j'aperçois un petit halo de lumière qui se faufile par ce qui semble être un petit carreau de fenêtre qui donne certainement sur l'extérieur.
Je décide donc de me lever, la lumière offerte par cet unique petit carreau est particulièrement haut. L'endroit est donc sombre autour de moi, je vois à peine à plus de 2 mètres devant moi.
"Où peut bien être la sortie de cet endroit ? Et comment suis-je arrivée ici ?" Je ne vois personne à qui poser ses questions.
Perdue dans mes pensées un instant et ne sachant pas depuis combien de temps, je suis allongée sur le sol froid, la peur me saisie.
"Il faut impérativement que je sorte d'ici sinon je vais avoir bien trop froid et perdre toutes mes forces, je refuse de mourir de froid dans cet endroit inconnu où personne ne me trouvera !" Me suis-je dit avec tout le courage possible.
Après un second examen de mon environnement, le seul mur que je peux voir se trouve derrière moi, où il y a une vielle porte en vieux bois massif. Et à la voire comme ça, on pourrait croire que cette porte n'a pas servie depuis bien longtemps.
Mis à part cette porte, je ne distingue rien d'autre que la nuit et des colonnes de marbre très anciennes, montantes très haut. Ce sont les seules choses que je perçois grâce à cette toute petite fenêtre. Cette dernière me procure ainsi les deux mètres de visibilités. Ce bâtiment doit être immense rien qu'à voir le plafond de style cathédral qui est maintenu par ces immenses piliers de marbre blanc, qui doivent bien faire facilement 7 mètres de haut.
Mon regard inspecte alors le sol à mes pieds mon image se reflète sur ces carreaux marbrés, ce qui est étrange, c'est que je me reconnais, je me souviens de mes cheveux Châtains et longs qui vont jusqu'au bas du dos, de la forme de mon visage, de mes yeux bleus très clairs limite cristallin. Mais impossible de me rappeler mon prénom.
L'angoisse s'immisçait en moi de plus en plus. Je ne me sens clairement pas en sécurité et j'ai peur de me perdre, seule, sans savoir qui je suis et pourquoi je suis là...
Ma tête commence à bouillonner de question existentielle "Qui suis-je ? Qu'est-ce que je fais ici ? Et pourquoi suis-je toute seule dans cet immense endroit qui ressemble à un vieux château ? Comment je m'appelle ? ..."
Je me prends la tête dans mes mains, j'ai l'impression que mon cerveau est en ébullition. Je ne sais pas si j'ai déjà fait des crises d'angoisse, de toute façon, je ne m'en rappellerais probablement pas, mais là, il y a de quoi se poser des questions !
"Je dois chercher quelqu'un, vite, cet endroit ne peut pas être désert." Je me rassure autant que possible."Je vais commencer par cette porte" je me retourne pour faire face à la petite porte qui paraît ancienne.
Me dirigeant dans sa direction d'un pas décidé, j'essaie de l'ouvrir. Malheureusement, elle est fermée, comme je le pensais, impossible de l'ouvrir, même en forçant un peu plus. La poignée fait un bruit de grincement horrible, mais elle n'a pas l'air de bouger d'un pouce.
Je hurle entre mes dents "Rien à faire !"
Ma détresse grandit en moi, abandonnée sans la moindre idée de ce que je suis censé chercher dans cette immensité avec ce froid sec. La chose la plus déroutante que je viens de constater est que l'odeur de ce lieu étrange est le neuf comme si cela venait d'être édifié. Cela ne sent pas la peinture, mais plutôt la pierre brute et le vide, mais pas du tout la poussière et l'ancien.
Il me faut trouver une issue ! Je décide donc de partir en exploration dans une autre direction, j'avance jusqu'au premier pilier de marbre blanc et je le contourne pour tourner à droite à tâtons. C'est sombre, il règne toujours cette odeur de pierre et l'ambiance est fraîche. Juste habillé de mon jean et de mon t-shirt noir manche courte, je commence à avoir la chair de poule à cause de ce froid dans cet endroit désert.
Tout en avançant doucement, je réfléchis "pourquoi je ne me rappelle de rien ? Me suis-je fait mal ? C'est vrai que j'ai un peu mal à ma tête, mais je n'ai pas l'air blessé" en regardant à nouveau mon reflet sur le sol à peine visible, car je suis trop éloignée du seul rayon de lumière de cet endroit "Tout à l'air en ordre extérieurement chez moi".
Je reprends ma marche toujours lentement, afin que mes yeux s'adaptent à mon nouvel environnement de plus en plus sombre à mesure que j'avance et m'éloigne de cette petite source de lumiere. L'endroit ne change quasiment pas depuis le début. Colonne de marbre après une colonne de marbre...
Perdue dans cet endroit, j'ai vraiment de plus en plus froid. On dirait que ce bâtiment n'a pas de fin... Regardant derrière moi je ne distingue même plus l'étrange petite porte. Après un instant, je pense "Aurais-je dû y rester ?", mon angoisse est bien présente et s'accompagne d'une lourdeur à l'intérieur de moi. Sans m'en rendre compte, mes larmes commencent à glisser sur mes joues.
"EH OH ! IL Y A QUELQU'UN ICI ! AIDEZ-MOI, JE SUIS PERDUE ! ... A L'AIDE !... JE VOUS EN PRIE..." Criais-je.
J'attends un peu ... Mais à part mon écho, je n'entends rien et ne vois rien qui change. Malgré cette marche interminable, tout se ressemble. Constamment le même décor, et personne à l'horizon. Il m'est impossible de savoir depuis combien de temps exactement, je suis ici, je me sens à bout de force, mes jambes me font mal.
Je vais m'arrêter de marcher un peu, il faut que je reprenne mes esprits, que je cesse de pleurer !
J'ai toujours ce sentiment d'impuissance totale qui demeure en moi depuis que je me suis réveillée, et être encore sans reponse et seule, ne m'aide pas du tout. Je pose ma tête contre un de ces piliers et ferme les yeux.
Mes larmes ne vont pas s'arrêter si je ne me reprends pas rapidement ! Il faut que je réfléchisse pour avoir une chance de m'en sortir.
Je décide subitement de m'asseoir au pied de ce pilier de marbre. Je retrouve le contact avec ce sol froid qui ne m'avait pas manqué.
Me concentrant
"Je marche depuis un moment" en même temps, mon regard fait une analyse circulaire de l'endroit où je me trouve à présent. Le peu de décors visible dans cette pénombre, ne me permet aucune déduction.
"Je ne sais même pas depuis quand je marche, cela pourrait faire des minutes, voir des heures entières" complétement désorientées et déboussolées, assise sur le sol, je décide de me concentrer pour retrouver un tant soit peu mon calmement. Il est impératif que je me ressaisisse pour mieux pouvoir réfléchir et arrêter de foncer tête baissée.
Après plusieurs inspirations, expiration... Je me sens légèrement mieux, mes idées redeviennent peu à peu claires et ordonnées dans ma tête et me permettent de réfléchir un peu mieux. Mais même en mettant mon cerveau à rude épreuve, je n'arrive pas à donner une explication logique à ma situation, tout ce bouscule et je ne vois pas d'issue.
"Je vais donc patienter un peu, je suis épuisée de toute façon, je ne pourrais pas aller bien loin encore longtemps comme ça. Mes larmes ne coulent plus, il me semble avoir épuisé mon stock de chagrin, je me sens tellement fatiguée."
Pendant que mes pensées volent dans tous les sens, mes yeux se sentent lourds et commencent à se fermer. Sentant la fatigue arrivée, je ne souhaite pas lutter pour rester éveillée, je m'endors contre ce pilier froid comme de la glace dans la pénombre. Bien que l'inquiétude persiste mon corps se sent de plus en plus engourdi et je n'ai pas la force de lutter.