Après mes dernières paroles, une certaine lourdeur sur mes épaules se fait sentir. Je me retourne et sors de cette grande salle de sérénité pour atteindre la porte de mon studio. Je n'ai croisé personne dans le couloir, et comme ma porte est juste en face, je n'ai pas trop le temps de flâner. J'ouvre la porte et entre. Il fait jour par la fenêtre qui se trouve en face de moi dans cette cuisine sans vie, du moins presque. Je referme la porte et avance jusqu'à une chaise pour m'y installer. C'est là que je remarque sa présence chargée d'une noirceur encore plus intense que dans cette grande salle. Debout appuyer nonchalant sur un des murs côté chambre, il était dans la pénombre et cette ambiance lui correspondait si bien. À croire qu'il ne faisait qu'un avec l'obscurité.
Je ne peux m'empêcher de penser que la grande salle avait dû atténuer son côté sombre ou alors est-ce juste ma présence qui lui déplaît autant que l'ambiance en dévie la lourde tout d'un coup ?
Sa voix grave me sortit de mes pensées :"C'est le matin de ta 1re journée ici. Je vais donc partir, je ne reviendrai qu'au soir. Ne m'attends pas pour manger si cela te vient à l'esprit sort ça de ta tête ça ne m'intéresse pas de manger avec ta compagnie." Il n'avait jusqu'à présent pas aligné autant de mots, je suis presque choquée. "J'ai des choses à faire et toi, il y en a pleins qui veulent te rencontrer. Tant que je serai là beaucoup n'oserons pas venir te voir, et j'avoue que je ne veux pas non plus me retrouver entoure de sympathie ça me donne déjà envie de vomir. Bref, profite de cette journée, car je ne te ferai pas de cadeau pour tes études."
Sur ce, il se redressa du mur avança vers la fenêtre, l'ouvris et se jeta en déployant ces magnifiques ailes d'un noir profond, je sentis un pincement dans mon cœur. Je ne sais pas encore vraiment pourquoi je ne le connais pas vraiment, mais je n'aime pas quand il s'en va loin de moi. Ce sentiment étrange me fait mal, et je décide de le laisser de côté.
À l'instant où sa silhouette sombre n'était plus visible de la fenêtre, on frappe à ma porte. Je me lève, me retourne et ouvre grand la porte. C'est là que je découvre que Ruth était là avec son grand sourire et ces jolis grands yeux verts, accompagnés de deux autres personnes.
Je les invite à entrer, ne sachant pas trop pourquoi ils sont là. Ruthya rentre, se positionne à mon côté et me dit le roux :" lui, c'est Samael", il avait un regard sévère, mais on peut deviner beaucoup de curiosité dans ses yeux marron. "Il est sympa, c'est un ami, il fait partie des anges de protection. Et celui si c'est Sariel en vrai son nom, c'est Saraquiel, mais il préfère Sariel, c'est plus court." Sariel est plus grand que Samael, mais il n'a pas l'air fait pour le combat bien trop svelte selon moi. Il a des cheveux gris qui ont l'air long car attaché en queue-de-cheval et des yeux dorées magnifiques. Ruth continue alors :"Sariel est un ange de savoir, un grand amoureux des livres" dit elle avec un sourire dessiné sur son visage.
Ils entraient tous et je leur demandais de s'asseoir. Nous sommes tous assis et c'est à ce moment-là que je remarquais mes invités jetaient des yeux scrutateurs dans la pièce, c'est après cet instant que Sariel et Samael se détendirent visiblement.
Samael dit enfin :" Je suis enchanté de faire ta connaissance, je voulais vraiment te voir de mes yeux. Tu n'as pas l'air d'une guerrière, mais tu restes intrigante pour moi comme pour beaucoup. Après toi mis ange mis Dieu, c'est une première !" Il dit ça de façon rustre, mais sans aucune arrière-pensée ou alors bien caché.
Sariel ajouta :" Nous sommes conscientes que tu dois encore être perdue, tu n'as même pas conscience de ce qui t'attend. Je ne pense pas que nous nous rencontrerons beaucoup. Je suis d'une famille d'érudit, les combats et l'aventure ne sont pas des choses qu'éveille notre curiosité plus que nécessaire. Mais je serai disponible si tu as besoin d'un esprit logique."
Ruth et Samael rient en regardant Sariel. Je me rends alors compte de leur beauté naturelle.
-"ont ils conscience qu'ils sont quasi parfaits ? Quasi, car malgré leur beau visage d'ange, sans défauts apparents, je n'arrive pas à m'enlever le visage de mon maître. Son visage incroyable beau m'a complètement captivé et ses yeux rouge sang la seule couleur qui brille de cet être de la nuit"- pensais je au plus profond de moi.
Ruth me sortit de ma torpeur en parlant enfin :" Je suis heureuse d'être revenue te voir" avec son sourire communicatif. "Logiquement, quand un nouvel ange arrive, tout le monde vient lui souhaiter la bienvenue." Son sourire se figea légèrement. "Mais ton cas est un peu différent, ton maître étant un Démon, peu de personnes veulent s'approcher de toi. Par peur sans doute. Il faut les comprendre, ton maître est le Démon numéro 1, invaincu. Même les autres démons n'osent pas le défier."
Ma bouche s'ouvre, et se referme comme si je voulais parler, mais que l'information n'avait pas vraiment d'importance je me retiens donc.
Elle ajoute "Je ne veux pas te faire peur, juste, il est sans pitié et ne t'attend pas à de la compassion de sa part. Même empathie dois être étranger à son dictionnaire." Samael et Sariel restèrent stoïques, comme si on ne devait pas plaisanter avec ces sujets.
Je dis enfin :" Je suis également enchantée de vous rencontrer Sariel et Samael, et toi aussi Ruth, même si on se connaît déjà un peu. Je tiens à vous dire que je ne ressens aucune peur." Je leur souris.
Un air d'étonnant apparu sur leurs visages, mais disparu quasiment instantanément.
Sarael prit une petite inspiration :" je comprends, tu ne le connais pas encore vraiment et de toute façon, c'est ton maître donc c'est ce qu'il faut. Après tout, nous ne sommes pas censées avoir peur de notre maître. Quoi qu'il en soit, je suis venu pour deux choses, la première pour te souhaiter la bienvenue et la seconde pour m'excuser pour l'incompétence de Ruthya, c'est mon élève." A ces mots, Ruth baissa la tête et je peux deviner une certaine rougeur se dessiner sur ses joues. "Elle n'est encore qu'au début de son apprentissage, il lui reste 1 an et demi sur les deux prévues. Et c'est mon devoir de m'excuser, j'espère que tu ne lui en voudras pas d'avoir tardé à venir te chercher dans le dédale ?" L'air très solennel, il me regarde droit dans les yeux.
Très gênée par cette soudaine ambiance, mais avec toute ma sincérité dans ma voix :"Je ne pensais même plus a ça. Pour être honnête, j'étais perdue dans cet endroit et paniqué, mais Ruth m'apparaît plus comme ma sauveuse. Je ne lui en veux pas du tout. Ne vous en faites pas. Je suis heureuse de penser que c'est mon amie. Pour moi, elle a bien fait son travail bien que je ne connaisse pas tous ces devoirs. Elle m'a bien appris les bases pour comprendre où je suis. Vous avez déjà bien travaillé avec votre élève." Je terminais avec mon sourire le plus chaleureux possible, car j'étais vraiment reconnaissante à Ruth. Tout en jetant obnubilé par ses yeux dorés.
Voyant l'ambiance se détendre drastiquement, je dis :"Je m'excuse, mais je dois le dire Sariel, vous avez des yeux magnifiques, je rêverai d'avoir les mêmes. Ils sont si dorés, c'est magnifique !"
Un blanc pesant, c'est alors installé et tout le monde ne bougea plus.
-"aie, je dis un truc qu'il ne fallait pas ?"- pensais je d'un air étonné.
C'est alors que Sariel a repris ses esprits et m'a dit :" mes yeux sont les représentations de mon domaine d'affiliation. Tous les anges érudits ont les mêmes yeux. Et nous sommes un peu la gêne comme tu peux le constater, car bien que tu les trouves beaux, tu as également dit que tu aimerais avoir les mêmes. Et c'est un peu embarrassant, mais tu ne sais pas donc je vais te le dire. Ce n'est pas un truc qu'il faut dire. Car ... comment dire simplement ? Si un jour, j'épouse quelqu'un, moi ou un autre érudit, cette femme aura alors les yeux dorés. Car les femmes appartiennent à l'homme. C'est vieux jeu, je te l'accorde. Mais nous avons évolué ne t'inquiète pas, la femme peux actuellement travailler dans son domaine de prédilection pas comme avant. Elle n'est plus obligée de devenir érudite ou autres quoi qu'il en soit elles obtiennent toujours les yeux de leurs mari si celui s'y appartient à un domaine qui a des yeux assimilés."
Plus je l'écoute plus je me sens gênée.
Après un soupire, Sariel ajoute :"Ce que tu as dit est particulièrement gênant, car ça peut être interprété comme une demande pour devenir ma femme. Mais ne t'en fais pas, j'avoue avoir été pris de court, mais je sais que tu ne le sais pas encore."