VI – LE BOUDOIR DE LA MARQUISE Madame la marquise du Castellat était à sa toilette : grave affaire, car Marianne de Treguern avait passé déjà la quarantaine. Ses cheveux la quittaient ; sa taille se chargeait d'embonpoint et une certaine fatigue se lisait sur ses traits bouffis. Évidemment, il y avait lutte chez cette femme entre l'inquiétude présente, augmentée par la tristesse incurable du souvenir et la volonté qu'elle avait de s'engourdir dans l'oubli. Le boudoir où elle se tenait était une petite pièce, meublée à la mode des dernières années de l'Empire. Le soir même où Olympe de Treguern, encore enfant, avait été introduite à l'hôtel de la façon mystérieuse que nous avons racontée, la marquise avait abandonné sa chambre à coucher pour prendre un autre appartement. Depuis lors, elle


