– Et Giulia ne m’aime pas ! Hélas ! de celle-ci, plus Otto s’approchait, plus il la voyait loin de lui. Il eût voulu qu’elle se renfermât dans les seules pensées qu’il avait, et n’aimât rien que leur amour ; et d’instant en instant, au contraire, le gouffre de séparation entre son cœur et la Belcredi, semblait devenir plus large. Elle fuyait, elle se dérobait, elle se retirait à lui ; l’esprit d’Otto, tout pénétrant qu’il fût, se perdait dans cette nuée, qui enveloppait Giulia. Déesse si connue et si inconnue, merveille à la fois présente et lointaine, étoile qu’il portait en lui, et cependant inaccessible, il avait beau l’aimer, pour ainsi dire, au-delà de son cœur, dilater et lancer son âme, comme à la poursuite de la Belcredi, jamais il ne pouvait atteindre à ce point obscur qu’il voya


