J'avais reconduit Élérina très tôt ce matin à son domicile. Elle avait cours et moi, je commençais ma journée à 8 heures. Je l'avais prévenue qu'on ne pourrait pas se voir aujourd'hui, car je terminerai sans doute très tard. C'était vendredi et les jeunes seraient de sortie donc il fallait faire des rondes afin de s'assurer qu'il n'y ait aucun débordement.
Cette nuit avait été pour moi la plus magique de toute ma vie. Je l'avais longuement regardé dormir. Son visage était détendu et sa bouche légèrement entrouverte. Son souffle tiède sur mon torse m'avait donné la chair de poule, mais c'était agréable.
Je l'avais tenu dans mes bras toute la nuit et ce matin lorsque je l'avais laissé devant la porte de son immeuble, ça avait été une véritable déchirure pour moi. C'était officiel, j'étais raide dingue de cette fille.
Elle était ma d****e et j'étais son consommateur.
Je ne pensais pas tomber amoureux aussi rapidement de quelqu'un, mais avec elle tout était si... différent et si naturel. Je commençais à éprouver des sentiments pour elle et j'espérais que c'était réciproque. Je doute fortement qu'elle se foute de moi. Elle n'avait pas l'air d'être comme ça. Elle n'était pas comme toutes les autres. Elle était unique.
Je pensais avoir trouvé la femme parfaite lorsque j'étais avec mon ex-copine, mais je m'étais assez vite rendu compte qu'elle jouait à un double jeu avec moi. J'avais eu des doutes sur sa fidélité pendant plusieurs semaines.
Elle sortait très souvent et rentrait à pas d'heure. Elle sentait le parfum d'homme à plein nez et ce n'était pas le mien. Alors, un soir, j'avais décidé de la suivre discrètement et mes doutes s'étaient confirmé lorsque je l'ai vu se jeter dans les bras d'un autre homme en l'embrassant.
Lorsqu'elle était rentrée ce soir-là, ses valises l'attendaient devant la porte d'entrée. Elle n'avait demandé aucune explication et elle s'était contentée de partir sans se retourner.
Je savais qu'Élérina serait incapable de me faire ça. J'avais trouvé la perle rare et je comptais bien tout faire pour la garder à mes côtés. Je la protégerais et le premier qui oserait lui faire du mal, je jure devant Dieu de lui faire regretter.
On ne touchera pas à ma douce.
Mon collègue et moi, nous faisons des rondes depuis un peu plus de deux heures lorsque tout à coup, notre radio se met à grésiller.
— Appelle à toutes les unités. Une bagarre vient d'éclater au City-zen. Je répète, une bagarre vient d'éclater au City-zen.
J'appuyais sur la radio pour dire que nous nous rendions sur place.
J'avais un mauvais pressentiment.
J'appuyais sur l'accélérateur tout sirène hurlante. Les voitures s'écartaient sur notre passage me laissant la voix libre.
En arrivant sur les lieux de l'incident, deux jeunes se battaient contre trois autres.
Mon collègue sauta du véhicule et se dirigea vers eux. Je le rejoignis et je reconnus James.
J'encerclais la taille de celui-ci et l'écarter de l'autre.
— Bon sang, mais qu'est-ce qu'il se passe ici, cria mon collègue.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? Voilà ce qu'il se passe cria-t-il en montrant une jeune fille recroquevillée dans un coin.
Mon cœur se serra en la reconnaissant. C'était Élérina.
— Ces connards, on essayait de la v****r, cracha-t-il avec véhémence
Mon sang se glaça. Ils avaient quoi ? Je relâchais James et me diriger vers mon collègue.
Mon poing s'abattit violemment sur la gueule du mec. Il chancela et du sang se mit à couler de sa lèvre que je venais de péter.
— Bon dieu, Marlow reprend toi, me lance mon collègue. Qu'est-ce qu'il t'a pris de le frapper ?
— C'est ma copine qu'il a essayé de v****r, criais-je.
Je me dirigeais vers Élérina et mon cœur se serra de plus belle en voyant sa blouse déchirer.
Elle avait du sang sur sa lèvre inférieure et un bleu commençait à se former sur sa pommette gauche.
— Je vais porter plainte, cria l'autre c*****d.
— Je t'en prie vas-y, je t'y accompagnerais, crachais-je
Je retirais ma veste et je la déposais délicatement sur les épaules d'Élérina.
Putain ! J'étais vraiment partagé entre emmener ma douce à l'hôpital ou emmener ces connards au commissariat.
— Tu vas aller à l'hôpital avec James ma belle car, je ne peux pas venir. Si j'avais pu, tu sais que je l'aurais fait. Elle hocha la tête et je repris. Je te rejoindrais une fois que j'aurais terminé avec eux. Ensuite, demain, tu viendras au poste et je prendrais ta plainte.
Je déposais un tendre b****r sur ses lèvres et elle se dirigea vers James. Celui-ci enroula son bras autour de son cou et je me retournais vers Danny.
— Emmenons-les au poste.
Il acquiesça.
Nous faisions monter les trois connards dans la camionnette et nous foncions vers le commissariat.
J'avais besoin de la voir. De la rassurer, mais aussi de me rassurer moi. Je voulais à tout prix savoir si elle allait bien. Qu'elle allait bien ? Qu'elle question. Bien sûr qu'elle n'allait pas bien. Qui pourrait aller bien après avoir vécu un tel drame ?
Putain en pensant à tout ce qu'il aurait pu lui faire, ma colère ne faisait qu'augmenter. Je voulais les tuer !!! Les frapper. Les torturer pour avoir osé s'en prendre à elle. Pour avoir osé poser leur salle pattes sur elle. Pour lui avoir laissé des marques sur son visage, mais aussi pour lui avoir laissé sans doute un traumatisme dont elle ne pourrait probablement jamais se débarrasser.