Joshua nous avait rejoint à l'hôpital comme il me l'avait promis.
Nous avions reconduit James et Florian à l'appartement avant de reprendre la route.
J'étais seule avec Joshua. Je regardais ses mains qui blanchissaient à vue d’œil tellement il serrait le volant.
Elles étaient comme des statues figées dans le temps.
Sa mâchoire était crispée et il n'avait pas prononcé un seul mot depuis qu'on avait déposé mes amis à l'appartement.
Je détournais le regard et me contentais de regarder la ville plongée dans la pénombre à travers la vitre.
J'avais eu peur. Lorsque j'étais sortie pour aller fumer une cigarette, ses jeunes en avaient profité que je sois seule pour me coincer contre un mur....
Je sursautais en entendant la voix remplie de colère de Joshua.
— p****n !!! J'aurais pu les tuer pour ce qu'ils t'ont fait !!! Mais qu'est-ce qu'il t'est passé par la tête pour sortir toute seule comme ça, explosa-t-il. Tu te rends compte de ce qu'ils auraient pu te faire ? Mais enfin, tu n'as pas pensé à demander à James ou à l'autre garçon qui vous accompagnez de venir avec toi. Tu es devenu complètement folle ?
— Tu crois que j'avais prévu ce qu'il allait arriver, criais-je à mon tour.
— Tout ça pour une p****n de cigarette. Tu aurais pu te... m***e, cria-t-il en tapant rageusement son poing sur le volant.
Mes yeux se remplirent de larme. Mon corps commença à trembler violemment. J'avais eu peur, je mettais retrouver dans une salle situation qui aurait pu très mal tourner et je n'avais pas besoin qu'il me gueule dessus. Non, moi j'avais juste besoin qu'il me prenne dans ses bras et qu'il me dise que tout ça c'était derrière moi.
— Arrête la voiture ! Arrête la voiture, hurlais-je
Il se gara sur le bas-côté de la route et j'ouvrais la portière.
— Je rentre chez moi, dis-je avant de claquer la porte.
Mes yeux étaient remplis de larme, mais je ne devais pas pleurer. Pas tout de suite. J'attendrais d'être dans ma chambre pour me laisser aller.
Chaque pas que je faisais était un véritable supplice. Mes jambes menaçaient de me lâcher à tout moment.
Le bruit d'une portière qui se refermait me fit sursauter.
— Élérina attend !!!
Non, je ne voulais pas l'attendre. Pas alors que j'étais à deux doigts de m'effondrer. Il penserait de moi que je suis faible. Je n'étais pas faible.
Je me mis à courir, je voulais mettre le plus de distance entre lui et moi, mais la nausée s'empara de moi et je me laissais tomber à genoux et vomissais.
Il arriva derrière moi et prit mes cheveux pour les protéger, mais j'essayais de le repousser. Je ne voulais pas qu'il me touche. Pas après m'avoir crié dessus comme il venait de le faire.
Je n'étais plus une enfant.
— Lâche-moi réussis-je à dire entre deux vomissements.
— Je ne te lâcherais pas ! Jamais ! Je suis désolé de t'avoir crié dessus. J'étais en colère et je me suis comporté comme un c*****d avec toi. Je suis désolé.
— Oh ça oui, tu t'es comporté en véritable c*****d. Je n'avais pas besoin de ça. Pas maintenant. Porter ton uniforme d'agent de police en ma présence ne te donne absolument pas le droit de me parler comme tu viens de le faire, dis-je en me relevant péniblement. Qu'est-ce que tu crois que j'ai ressenti lorsqu'ils m'ont sauté dessus sans crier gare, dis-je en le repoussant, mais il ne bougea pas d'un pouce. Je me suis senti piégée. J'étais paralysée par la peur, dis-je en sanglotant. L'un d'eux, c'est approcher de moi et m'a dit dans l'oreille qu'ils allaient me faire crier de plaisir. J'étais tétanisé par la peur. Il a déchiré ma blouse et m'a touché les seins, dis-je en déboutonnant sa veste qu'il m'avait donné un peu plus tôt pour lui montrer l'état dans lequel se trouvait ma blouse qui ne cachait pratiquement plus rien de mon soutien-gorge rouge à dentelle. Lorsque j'ai crié pour appeler à l'aide. Il m'a giflé tellement fort que j'ai été sonnée. Alors oui, tu peux penser que j'ai été inconsciente du danger, que j'aurais dû demander à l'un de mes amis de m'accompagner, mais dès que j'ai compris la situation, j'ai fait ce qui m'a semblé le mieux à faire crier et résultat, ils m'ont frappé, criais-je.
— Je suis désolé, dit-il en m'attirant à lui. Je te demande pardon ma douce. J'aurais dû te rassurer au lieu de te crier dessus. Pardonne-moi.
Il caressa mes cheveux et je trempais son t-shirt avec mes larmes.
J'enroulais mes bras autour de sa taille et le serrer contre moi.
Il attendit patiemment que je me calme avant de m'aider à m'asseoir dans la voiture.
J'avais dû probablement m'endormir, car, lorsque j'ouvris les yeux, j'étais dans ses bras. Il se dirigeait vers la porte d'entrée et l'ouvrit sans rencontrer la moindre difficulté.
— Tu vas avoir des problèmes à cause de moi.
— J'ai une semaine de mise à pied, mais honnêtement, je m'en moque. Il avait mérité amplement ce que je lui avais fait et crois-moi ce n'est pas assez. J'aurais dû lui fracasser le crâne pour avoir osé poser la main sur toi.
— Je suis désolé. C'est entièrement de ma faute si tu as des problèmes à ton travail.
— Ne dis pas de bêtises s'il te plaît. Tu n'es absolument pas responsable de ma mise à pied.
Je ne répondis rien. Malgré ce qu'il disait, je ne pouvais m'empêcher de me sentir coupable. J'aurais dû réfléchir et demandé à James ou à Florian de m'accompagner, mais je ne l'avais pas fait. Résultat Joshua avait eu des problèmes à cause de moi.
Il m'avait tenu dans ses bras toute la nuit et lorsque je me réveillais en sursaut, il me chuchotait que j'étais en sécurité qu'il veillait sur moi et je me rendormais tout aussi vite.
Le sentir contre moi m'avait énormément rassurée. Je n'avais pas du tout aimé lorsque nous nous étions disputés. Je préférais lorsqu'on riait, qu'on se câlinait et qu'on dormait ensemble.