XVII
L’hôtel où ils descendirent était situé au fond d’un grand jardin, et, sous les arbres de ce jardin, un peu à l’écart, s’élevait un élégant pavillon occupé par une princesse allemande et ses domestiques. Arthur flânant par là pour prendre l’air, la vit, assise auprès d’une fenêtre et répondant avec langueur aux doux propos que lui débitaient une demi-douzaine de ses adorateurs. La princesse en comptait un nombre infini. Elle avait même une sorte de petite cour. La médisance, jusqu’alors, n’aurait pu dire s’il y avait un préféré parmi tous ceux qui brûlaient du désir de faire pièce à son époux. Ce n’était pas qu’elle fût extrêmement belle, mais elle était princesse ; ni même qu’elle fût ridiculement jeune ; – elle pouvait avoir trente-cinq ans, – mais elle était fort à la mode ; ce n’était même pas enfin qu’elle eût, un de ces caractères angéliques qui vous enchantent à première rencontre ; mais elle avait des airs, un ton, une manière de parler, de vous regarder… On se sentait, en sa présence, devant une personne auguste, et Arthur, en la saluant, ne put s’empêcher de rougir. Il la trouvait fort imposante.