CHAPITRE CXVIII Le sextant La saison approchait enfin où il faudrait regagner la Ligne et chaque jour, lorsque Achab, sortant de sa cabine, levait les yeux, le timonier vigilant tenait ostensiblement la barre et les matelots impatients couraient aux bras de vergues et s’y tenaient, le regard fixé sur le doublon cloué, ardents à attendre l’ordre de mettre le cap sur l’équateur. En temps voulu, cet ordre vint. Il était bientôt midi et Achab, assis à l’avant de sa baleinière haut hissée sur ses potences, s’apprêtait, comme à l’accoutumée, à faire son observation quotidienne du soleil. Les jours d’été, dans la mer du Japon, sont pareils à la splendeur d’un fleuve de lumière. Ce fixe et tranchant soleil japonais semble être le foyer incandescent de la loupe unie et incommensurable de l’Océan.


