Chapitre 8

2546 Mots
Fatoumata s'est laissé bercer par les paroles de Jule jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Le lendemain elle s'est levé vers 09h mais elle n'est pas tout de suite sorti car elle voulait attendre le départ de Jule. C'est vers 10h qu'elle est sortie et s'est dirigé vers la cuisine. Arrivée au pas de la porte elle aperçoit Souleymane et voulu faire demi-tour mais trop tard il l'avait déjà vu. - tu vas où? - heu bonjour. - bonjour bien dormis? - oui tu ne travaille pas aujourd'hui? - je voulais passer la journée avec toi . - ha. - je vais te préparer le petit-déjeuner. - non t'inquiète pas je vais le faire. - mais non je vais le faire. Elle prend alors place sur le plan de travail en attendant qu'il finisse. Elle pensait qu'il allait parler de ce qui s'est passé hier soir mais par chance il n'a rien dis. Il lui sert le petit-déjeuner puis prend place à côté d'elle. - pourquoi tu n'as pas voulu ouvrir la porte hier? - je dormais. - hum? Tu dormais? Je te dis je t'aime et toi tu fuis comme une petite folle voleuse. - j'avais sommeil. - tu avais sommeil ou tu dormais? - heu j'avais sommeil et je suis allé dans ma chambre et je me suis endormie voilà. - ha oui ok. Mata je t'aime. - tu crois m'aimer mais tu m'aime pas. - parce-que c'est toi qui se trouve dans mon coeur pour savoir? Elle raccourci son petit déjeuner et se lève mais Jule s'est levé et la retenu. - tu me fuis parce-que tu m'aime n'est ce pas? - je ne t'aime pas. - je ne te crois pas parceque ta réaction prouve le contraire. - quoi? Tu pense que tu es juste le gouverneur que personne ne peut te résister? - hey doucement je n'ai jamais dis ça OK pourquoi tu es sur la défensive? Ici je suis à la maison donc je ne suis qu'une simple personne je suis juste Souleymane et je te dis à toi que je t'aime. C'est moi qui parle pas mon poste. - ok excuse-moi. Elle voulu se libérer mais il la tient fermement. - tu vas me dire pourquoi tu te comporte comme ça? - tu ne peux pas m'aimer tu ne dois pas m'aimer. - dis-moi pourquoi? - tu mérite mieux que moi je ne suis pas une fille pour toi. - c'est toi que je veux. - pourquoi moi? - aucune idée. Tout ce que je sais est que ce n'était pas un hasard quand je me suis arrêté cette nuit. C'était pour quelque chose de précis c'était pour que tu entre dans ma vie. - si tu savais qui j'étais vraiment tu n'allais pas dire ça. - je m'en fou de qui tu étais tout ce qui m'intéresse c'est qui tu es maintenant là en ce moment. Je t'aime tu me crois pas? Il soulève son menton et plonge son regard sur le sien. - Fatoumata lâche toi un peu arrête d'avoir peur. Libère toi. - J'essaye mais je ne peux pas. - tu as exactement peur de quoi? - que tu me rejette après avoir appris qui j'étais. - tu insiste tellement sur le fait que tu étais une autre personne. Le laps de temps que je t'ai côtoyé montre que tu n'es pas une mauvaise personne donc je ne comprend pas ta réaction. On a tous un passé qu'on aimerai oublier et le truc c'est ça: le passé donc c'est le passé. - le mien n'est pas le genre qu'on oublie. - ça t'empêche de vivre normalement? Ça t'empêche d'être heureuse? De m'aimer? - je veux juste ton bien. - mon bien c'est d'être avec toi sinon je ne serai pas bien. - pour quelle raison? - lutah youssou ndour woy salimata?( Pourquoi Youssou ndour a chanté Salimata?) Il la lâche enfin mais cette fois-ci elle est resté. - sois ma dame, ma tendre, ma source de bonheur, ma joie de vivre bref laisse moi prendre soin de toi ma belle. Elle ne réagit pas alors il pose sa main sur sa nuque et l'attire vers lui. Juste au moment où il allait l'embrasser, la bonne est entré. - ho excusez-moi je pensais que y avait personne ici. - non mati on sortait tu peux rester. Comme un bébé il l'emmène avec lui jusque dans le salon. - tu vas peut-être dire que je vais vite en besogne mais je n'ai pas vraiment le temps de vivre une relation sans lendemain. Ce que je cherche c'est une épouse et je sais que tu es celle que j'attendais. - je.... je ne sais pas j'ai besoin d'être seule. Elle quitte alors le salon pour se réfugier dans le jardin. Elle se baladait en écoutant " seconde chance" de dadju. Peut-être qu'elle avait droit à une seconde chance aussi, peut-être qu'elle a le droit d'être heureuse. elle n'aime pas éperdument Jule mais c'était suffisant pour lui faire confiance. Souleymane ne ressemblait à rien à tous ces hommes qui payaient pour coucher avec elle De toutes façons le lendemain elle devait aller chez Daba. Elle allait en profiter pour réfléchir sur tout ceci. À l'heure du déjeuner, on aurait dit deux étrangers à table. Personne ne parlait et c'était assez gênant. Après le déjeuner elle est allé dans la chambre. Le reste de la journée personne n'en a reparlé et le climat était tendu. Dans la soirée Daba a appelé mata pour confirmer si elle venait toujours puis il a appelé son frère pour dire à celui-ci de dire à son chauffeur d'emmener mata à Dakar. Après avoir raccrocher il est allé toquer à la porte de mata. - le chauffeur va t'emmener demain. - d'accord. - tu veux partir? - oui. Et je ne pense pas que je vais revenir - comment ça? - je vais trouver un travail là-bas et y vivre. - comment ça? Pourquoi tu veux rester rester là-bas? - j'avais déjà pris la décision de partir depuis longtemps. - d'accord si tu veux partir je ne vais pas te retenir. Bon séjour là-bas bonne nuit. Il aurai pu être là à la convaincre de ne pas partir mais Fatou n'était pas prête et il n'allait pas trop insister de peur de paraître désagréable et lourd. Ça allait paraître difficile mais il allait vivre comme avant de la rencontrer. Il va l'oublier comme il a oublié l'autre. Il avait un rendez-vous très tôt le matin et mata n'était pas réveillé à ce moment. Cette dernière s'est réveillé vers 09h et 10h elle était déjà prête pour partir. Elle envoie un SMS à Jule pour lui prévenir avant de monter dans la voiture. Elle avait pris toutes ses affaires avec elle. Elle n'avait pas l'intention de revenir. Elle croit protéger le gouverneur des ragots. Elle est certaine que si les gens apprennent que le gouverneur est avec une ancienne prostituée ça va sûrement le nuire. Une fois à Dakar, le chauffeur a appelé daba pour qu'elle leur indique où se trouvait la maison. Après le retour de son rendez-vous, Jule a trouvé la maison vide. - mati où se trouve mata? - elle est partie - à Dakar? - oui. Remonté il sort de la cuisine et sort son téléphone de sa poche. C'est à ce moment qu'il voit le SMS de mata. Au lieu de l'appeler il appelle sa sœur. - bonjour frèro - daba comment tu vas? - bien et toi? - pas mal non très mal. Où est Fatoumata? - elle est là tout près il se passe quoi? - je lui déballe tout genre que je l'aime et que je veux l'avoir dans ma vie et imagine ce qu'elle a fait, elle a pris ses affaires et elle m'a dit qu'elle allait déménager à Dakar pour y rester définitivement. - tu es sérieux? Je te rappelle plus tard laisse-moi discuter avec elle. - OK Après avoir raccroché elle se tourne vers mata. - quoi? - mon frère s'ouvre à toi et te dit qu'il t'aime et toi tu fuis comme une petite peureuse. - il t'a raconté? - oui et il ne comprend pas ton attitude. - c'est pour son bien. - comment sais-tu que c'est pour son bien? - si les gens apprennent qu'il est avec une ancienne prostituée comment va-t-il faire. - tu lui as tout dit? - non. - alors arrête de penser à sa place c'est un grand garçon et il va se défendre alors tu vas tout lui dire. - non - tu vas le lui dire j'ai dis. - s'il te plaît daba. - tu vas le lui dire un point c'est tout. Je ne veux pas me faire répéter. - ça va être difficile. - et tu vas t'en sortir j'ai confiance en toi. Tu lui raconte tout Fatoumata tu as compris? - oui - bien c'est parfait gentille petite fille. Elle a passé la journée et même la soirée à aider mata sur le meilleur moyen de tout dire à Jule. Elles ont longuement réfléchi mais elles se sont rendu compte qu'il y avait pas de meilleur moyen et qu'il fallait juste le dire c'est tout. À cause de leur veillée la nuit précédente mata s'est réveillé très tard vers 12h. Elle a pris un bain et s'est dirigé vers le séjour. Il y avait personne, elle s'est s'est alors dirigé vers la cuisine. Elle cru avoir entendu la voix de Jule et exactement c'était lui. - alors mata comment tu vas? Lui demande Jule. - heu bien. Tu fais quoi ici? - ma sœur a dis que tu avais quelques choses à me dire Elle se tourne vers Daba et cette dernière avait un sourire narquois. - vous pouvez aller par là... dit-elle en leur indiquant le couloir. Mata inspire un long moment avant de partir devant suivi par Jule. - alors tu voulais me dire quoi? - je vais te raconter quelque chose et je veux que tu sache que je ne l'ai pas fait de mon plein gré. - tu parle de quoi? - ce n'était pas de ma faute et je veux que tu le sache. - tu as fait quoi? - je n'ai rien fait si mais on m'a forcé je ne voulais pas mais.... - hey mata tu respire et tu me dis ça calmement. - je peux pas. - dis-moi. - OK. Mon beau-père m'a forcé durant 9 ans à me p********r. - quoi? C'est une blague? - non. - tu veux dire que tu... - que j'étais une prostituée oui. - non c'est pas vrai je ne te crois pas non tu n'as jamais été ça non... Il sortit de la chambre comme s'il était pressé. Une minute après c'est daba qui est revenu. - il est parti? Demande mata - oui je suis désolé mais c'est mieux ainsi les secrets nous éloignent des gens qu'on aime. - je t'avais dit qu'il n'allait pas me comprendre tu vois je lui dis ça et lui II se précipite dehors et me laisse un plan. - c'était un risque à prendre. Tu vas te sentir plus libre, plus besoin de mentir aux gens qui t'aiment. - après ça je doute qu'il va continuer de m'aimer. Daba voulait la rassurer mais elle a vu son frère sortir de la maison et il était loin d'être content. Il n'a même pas répondu quand elle lui a demandé où il partait. - tu peux nous laisser daba? Elles ont levé la tête tous au même moment. Daba se sépare de mata puis se lève pour les laisser seuls. - raconte moi tout Fatoumata et je dis tout. Commence dès le début. - OK tout a commencé quand j'avais 12 ans. C'était un lundi je ne vais jamais oublier ce jour je suis descendu à 12h et je suis rentré direct parce-que mon beau-père m'avait dit qu'il avait acheté un cadeau pour moi. J'ai trouvé ma mère dans le salon et elle m'a dit que mon beau-père m'attendait dans ma chambre. j'y suis allé en vitesse, je l'ai retrouvé tenant un paquet il me l'a donné c'était une tablette comme j'en rêvais. J'étais vraiment très contente. J'ai passé la journée a joué avec. Le soir il est revenu et m'a dis que comme il m'avait donné un cadeau à moi de lui en donner en retour. Il m'a dis de me déshabiller puis il s'est mis à me toucher de partout. Il m'a dit que j'avais de beaux yeux puis il m'a v***é. J'ai.. - attend ton beau-père? - oui. - tu peux t'arreter si tu ne peux pas continuer. - non je veux tout te raconter. Je n'ai pas pu dormir cette nuit. Le lendemain j'en ai parlé à ma mère et elle m'a dit que je ne devrai le dire à personne sinon il allait la tuer. Je pouvais en parler à personne de peur qu'il fasse du mal à ma mère. Il a commencé à venir dans ma chambre fréquemment et toujours il avait un couteau. Un mois après il a emmené un médecin à la maison il a fait de nombreux prises de sang sur moi et deux jours après des hommes commençaient à venir chez-nous puis c'est lui qui m'emmener chez les hommes. Ça a duré 1 An à la suite j'ai osé dire non et j'ai voulu le dénoncer. Je suis allé à la police et le policier qui a pris ma déposition a dit qu'il allait m'emmener quelque part. C'était un policier il inspirait la confiance. Il m'a emmené dans un appartement et une demi-heure après ma mère est venu me prendre. C'est là que j'ai su qu'elle n'était pas une victime et la nuit même mon beau-père m'a ramené dans l'appartement de ce policier. Il l'a payé devant moi c'était sûrement un moyen de me montrer que je ne pouvais pas m'échapper. Il m'a montré des photos de personnes très haut placé avec qui il travaillait. Il m'a emmené à somone et a mont Roland où il avait des maisons remplies de filles. J'étais condamné à être une prostituée. À 17 ans les hommes payaient 200 000 f CFA rien que pour une nuit avec moi. Je ne sortais jamais sans chauffeur ni garde du corps et en terminal j'ai dû arrêter mes études parce-que j'étais plus cette prostituée de bas étages les hommes payaient une fortune pour que je parte en voyage avec eux et pour une nuit le prix le plus bas était 300 000f. J'avais pas une vie tout ce que j'étais c'était une machine à sous. Tant que je rapportais de l'argent tout le monde était content. - je ne veux plus en entendre plus. - j'ai souffert durant 9 ans et c'est en rencontrant Ousmane que j'ai eu la force de tout abandonner. Tu vois mon passé n'est pas du genre à être oublié. Je ne suis pas la fille qu'il te faut. - comme cadeau de mariage je jure que je vais mettre tes parents derrière les barreaux. Parole de Souleymane Ndoye. Ils vont payé pour chaque larmes qu'ils ont fait coulé sur ton visage. Je vais sécher tes larmes Fatoumata, tu ne vas plus jamais pleurer, je te le jure.
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