Les anekphantes recherchèrent d’abord les couples pour essayer de saisir une résultante de deux ondulations personnelles. Elles passèrent auprès de beaucoup d’entre eux sans les soupçonner, et parmi ceux qui parvenaient à vibrer sensiblement pour elles, rien ne les instruisit encore. À de rares exceptions près, le duo magnétique n’était qu’un double solo : chaque esprit suivait ses propres pensées. Parfois l’un d’eux déviait sur l’autre ou s’emparait d’une émission étrangère pour la transfigurer à sa façon. Mais aucune création ne surgissait du confluent de deux pensées. Les colloques étaient obscurcis par des silences prolongés ou n’étaient que des échanges de vibrations banales, ou bien encore tendaient communément vers la confusion charnelle pour la reproduction de l’espèce. Désormais


