CDLXIIIe nuit HISTOIRE D’ATTAF, OU L’HOMME GÉNÉREUX Sire, dit Scheherazade en s’adressant au sultan des Indes, il y avait à Damas, capitale de la Syrie, sous le règne du kalife Haroun Alraschild, un seigneur nommé Attaf, si libéral et si généreux, qu’il égalait et peut-être surpassait le célèbre Hatem, de la tribu de Thay, dont la générosité est tellement passée en proverbe, que son nom est devenu le nom même de la générosité ; ce qui a fait dire à un poète arabe que Hatem a fait perdre le nom à cette vertu. Attaf eût pu faire perdre pareillement le nom à Hatem. Celui-ci, comme votre majesté l’a souvent entendu raconter, faisait quelquefois tuer jusqu’à quarante chameaux pour régaler ses hôtes : un jour même, n’ayant par hasard rien à offrir à un envoyé de l’empereur grec, il fit tuer p


