CDLXXIe nuit Les perfides chevaliers se laissèrent persuader par Rabia ; ils prirent l’épée, l’armure et le cheval du prince, emportèrent les provisions, les bagages, et s’éloignèrent en faisant la plus grande diligence. Ils délibérèrent de nouveau en chemin sur la manière dont ils annonceraient à l’émir la mort de son fils, et convinrent de lui dire qu’en traversant un jour un désert au milieu de l’ardeur brûlante du midi, le prince avait succombé à l’excès de la fatigue et au feu qui le consumait, et était tombé tout à coup sans connaissance ; qu’ils l’avaient relevé, et avaient fait pour le secourir tout ce que leur zèle et leur attachement avaient pu leur inspirer ; mais que tous leurs efforts avaient été inutiles, et qu’ils n’avaient pu le rappeler à la vie. Ils convinrent encore que


