Chapitre 12La rue du Chapelier est une rue du vieux Vannes encore pavée de blocs de grès, bordée de maisons grises et sombres où, même aux plus beaux jours de l’été, les couloirs exhalent des remugles de salpêtre, de moisi, assortis d’autres effluves peu ragoûtants. En bref ça sent, sinon le Moyen Âge, du moins le taudis datant d’un temps où le tout-à-l’égout, pas plus que l’eau courante, n’avaient encore été inventés. Une de ces rues que les auteurs de guides touristiques – qui ne sont pas contraints d’y habiter – qualifient volontiers de « pittoresques ». En ce début de printemps pluvieux, leurs vieux murs ruisselaient littéralement d’une humidité qui n’augurait rien de bon quant à la salubrité des logements qu’ils abritaient. Mary avait découvert sans peine le domicile du détective pri


