Chapitre 14On avait osé toucher au fils du parrain ! Ce « on » n’était autre qu’un petit flic du commissariat de Vannes où Verdurin, par ses fonctions, pensait avoir ses entrées pour faire jouer son influence. Verdurin, lui, avait évidemment pour son héritier toutes indulgences. Pour lui, cette histoire de trafic de drogue n’était qu’un anecdotique dérapage. N’avait-il pas répliqué avec rondeur au commissaire Chasségnac qui lui relatait les faits : « Ne dramatisons pas, mon cher Chasségnac ! Ce n’est qu’une bêtise de gamin… N’avez-vous jamais été jeune ? Il faut bien que jeunesse se passe, que diable ! » Chasségnac aurait eu beau jeu de lui rétorquer que ses inconséquences de jeunesse ne l’avaient jamais conduit devant un tribunal, que le « gamin » avait tout de même vingt-deux ans et qu


