X « Savez-vous ? me dit le prince, en s’asseyant à côté de moi dans sa voiture, si nous allions souper, hein ? Qu’en pensez-vous ? – Je ne sais vraiment pas, prince, répondis-je en hésitant ; je ne soupe jamais… – Bien entendu, NOUS CAUSERONS en soupant », ajouta-t-il, en me regardant en face d’un air rusé. Comment ne pas comprendre ! « Il veut s’expliquer, pensai-je, et c’est justement ce dont j’ai besoin. » J’acceptai. « Le tour est joué. À la grande Morskaïa, chez B… ! – Au restaurant ? demandai-je, un peu confus. – Oui. Pourquoi pas ? Je soupe rarement chez moi. Vous me permettez de vous inviter. – Mais je vous ai déjà dit que je ne soupais jamais. – Une fois n’est pas coutume. D’ailleurs, c’est moi qui vous invite… » Autrement dit : « Je paierai pour toi » ; j’étais persuadé


