– Non, monsieur !… Monsieur ! Monsieur !… laissez-moi vous expliquer !… Monsieur, ne vous en allez pas !… Monsieur, ne me prenez pas pour un fou !… Écoutez-moi !… Vous saurez tout !… et vous me rendrez ma fille !… – Monsieur, je n’ai pas l’honneur de la connaître !… et j’ai un rendez-vous pressé !… Mais voici monsieur qui est ici comme un autre moi-même, à qui vous allez donner vos nom, prénoms et qualités, et qui ne vous refusera rien de ce qui peut vous être agréable !… – Ma fille, monsieur !… – Il vous la rendra !… Nous n’avons rien à vous refuser ! » Là-dessus, M. Bessières, qui avait fait un certain signe à son pseudo-secrétaire, s’empressa de laisser le visiteur en tête-à-tête avec cet « autre luimême même »… Le moment était venu de faire connaissance avec ce personnage qui a joué son rôle dans la coulisse de l’affaire Masson, coulisse que les pouvoirs publics ont volontairement laissée, depuis lors, dans une ombre inquiétante… Cet agent était connu depuis plus de vingt ans dans tous les services de la police, Sûreté générale, Sûreté « tout court », Préfecture et même jusque dans les services de province, sous le nom de l’Émissaire. De son vrai nom, il s’appelait Lebouc : monsieur Lebouc… Et si l’on avait fait de M. Lebouc, l’Émissaire, ce n’était point un vilain jeu de mots. Voici comment M. Lebouc était devenu « le bouc émissaire » : Cela remontait à certaine affaire politique qui avait quelque peu bouleversé le monde. Pour surveiller un personnage « en place » dont les agissements étaient soupçonnés redoutables en même temps que contraires à la conception normale d’une saine justice, on avait besoin d’un agent sur l’intelligence et l’audace duquel on pût compter, mais que l’on pût désavouer si les événements prenaient une tournure inquiétante pour les responsables d’une telle initiative. M. Lebouc avait commencé jeune sur les bancs de la correctionnelle. Cependant, il n’avait pas l’âme vulgaire d’un coquin, tout au plus celle d’un arriviste… Après sa troisième expérience de la vie qui l’avait conduit comme les deux précédentes devant les juges il estima qu’il avait choisi le mauvais chemin pour arriver… Las d’être « arrêté », il se mit du côté de ceux qui « arrêtaient » les autres, de coquin, se fit croqueur, c’est-à-dire « indicateur »… M. Lebouc se distingua tout de suite. Ce n’était point l’infâme « casserole », ni le stupide « mouton ». Il avait des idées générales ; il avait reçu de l’instruction ; dans plusieurs affaires d’envergure, il adressa à ceux qui l’employaient des rapports qui furent remarqués autant par leur logique policière que par la forme littéraire qu’il savait leur donner. Enfin ! il avait du courage !… Dans la circonstance que j’ai dite plus haut, on s’adressa à M. Lebouc, qui en fut très fier, mena sa mission à bien et mérita en tout la confiance de ses chefs. Le personnage visé était encore plus puissant que coupable et il avait des amis qui étaient décidés à tout pour le sauver. Ce fut M. Lebouc qui fut sacrifié et qui accepta son martyre, grassement payé, avec une humilité où tout le monde trouva son compte… On se priva de ses services pendant quelque temps ; mais, chaque fois que se présentaient des opérations délicates du genre de celle qui lui avait valu une si haute réputation dans la police, on songeait à M. Lebouc et on l’employait sous un autre nom. Un seul de ces noms finit par lui rester « entre gens au courant », celui de l’Émissaire. M. Bessières avait eu l’occasion, au cours de sa brillante carrière, d’apprécier les qualités de « l’émissaire », son intelligence éveillée, sa discrétion absolue et surtout cette facilité souriante avec laquelle il était toujours prêt à se laisser « désavouer ». En voilà plus qu’il n’en faut pour expliquer la présence dans les bureaux de la rue des Saussaies d’un homme qui aurait été autrefois « la perle » de la rue de Jérusalem… M. Lebouc resta seul, plus d’une heure, en tête-à-tête avec cette espèce de fou dont M. Bessières l’avait chargé, d’un signe, de le débarrasser au plus tôt. Pendant ce temps, le chef de la Sûreté générale était descendu, par les couloirs intérieurs qui faisaient communiquer ses bureaux avec le ministère de l’Intérieur, chez le ministre, où se trouvait justement le garde des Sceaux. Il ne fut parlé là que de l’affaire qui occupait Paris : celle de Corbillères. La séance fut chaude. Quand M. Bessières remonta et qu’il se trouva en face de M. Lebouc, il dit : « Eh bien, vous vous êtes débarrassé du fou ? – Il vient de partir ! répondit l’agent ; mais il reviendra. – Comment, il reviendra ?… – Oui !… Je lui ai dit de revenir ce soir, à six heures ! – Ah çà ! vous plaisantez ! – Vous savez bien, patron, que je ne plaisante jamais !… Cet homme est peut-être un fou, mais je n’en suis pas sûr !… C’est mon système !… Dans notre métier, patron, il ne faut jamais être sûr de rien !… En tout cas, il était intéressant de l’entendre… Ce vieillard agité n’est ni plus ni moins que l’horloger de la rue du Saint-Sacrement-en-l’Île, le père Norbert, dont la fille a été trouvée dans la petite maison de Corbillères… – Eh bien ?… – Ah ! eh bien !… eh bien !… c’est difficile à dire… c’est un bonhomme dont j’ai eu à m’occuper lors de l’affaire de Bénédict Masson… un homme qui s’occupe de problèmes mécaniques tout à fait exceptionnels… Il a inventé une sorte d’échappement à roues carrées. Enfin, que vous dirais-je ? Ses confrères racontent que, depuis des années, il cherche le mouvement perpétuel !… – Il en a bien l’air !… – Oui !… – Et alors ?… – Et alors, il raconte… il prétend… – Quoi ?… – Il faut que je vous dise encore, patron !… C’est l’oncle d’un Jacques Cotentin, qui n’est pas le premier venu à l’École de médecine… Il est prosecteur là-bas !… Paraît que c’est un sujet pas ordinaire du tout non plus, celui-là !… Enfin j’ai téléphoné pour être plus sûr !… – À qui avez-vous téléphoné ? – J’ai téléphoné au professeur Thuillier… – Pourquoi ?… – Pour savoir !… pour savoir ce qu’il fallait penser du prosecteur… – Mais enfin, où voulez-vous en venir ? – Le professeur Thuillier m’a répondu textuellement qu’il tenait ce Jacques Cotentin dans la plus haute estime !… qu’il le considérait comme une des gloires futures de la chirurgie et comme le continuateur des Carel et des Rockefeller ! Vous savez, Rockefeller ?… – Oui !… Carel, Rockefeller, connu !… font revivre les tissus, raccommodent les vivants, etc. – Eh bien, patron, paraîtrait que Jacques Cotentin raccommode aussi les morts !… – Qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse ? Est-ce que vous « déménagez », vous aussi ? – Non ! patron, pas avant que vous m’ayez trouvé un autre appartement… Faut que vous sachiez même une chose… – Parlez, ou laissez-moi tranquille ! – J’ai voulu être sûr de ce détail-là !… – Quel détail ? – Oh ! un détail qui a son importance ! Vous savez que la Faculté, après l’exécution de Bénédict Masson, a réclamé sa tête ?
– C’est dans la règle !… – Mais vous ne savez pas où l’on a porté sa tête ? – À l’école ! – Non ! chez l’horloger !… – Chez l’horloger !… Qu’est-ce qu’un horloger peut bien… – Pardon !… Le prosecteur habite chez l’horloger ! – Ah ! oui… – Écoutez !… tout cela est bien extraordinaire !… Ce n’est pas moi qui vous contredirai !… Mais, par principe, moi, j’écoute toujours, parce que, par principe, je ne suis jamais sûr de rien !… Eh bien, voilà ce qu’il m’a raconté, le vieux… Il aurait fabriqué un automate !… – Un automate ?… – Oui, un automate !… Ne me regardez pas comme ça, patron, ou je n’aurai jamais la force de continuer… – Continuez, Lebouc ; je ne vous regarde plus !… – Mais vous continuez à m’écouter ?… – Pour vous faire plaisir !… Allons, sortez-moi votre histoire… Le fou a inventé un automate… – Oui ! un automate dont le prosecteur a habillé l’armature intérieure d’un réseau de nerfs !… – Quoi ! de nerfs ?… des cordes à violon ?… – Non ! non !… de nerfs ! de vrais nerfs humains !… – Vous êtes malade !… Comment vivraient-ils, ces nerfs ? – Et bien, ils baigneraient dans un liquide qui ne serait autre que le sérum dont Rockefeller se sert pour entretenir indéfiniment la vie des tissus !… et qu’ils auraient soumis, en plus, à l’action du radium ! – Vous m’impressionnez, Lebouc !… et alors ? – Et alors, c’est bien simple ! il ne manquait à leur machine qu’un cerveau !… Ils lui ont collé celui de Bénédict Masson !… » Nous ne pouvons, pour rendre à peu près l’effet produit par cette déclaration sur l’état d’esprit de M. Bessières, que nous servir d’une expression assez usagée dans tous les milieux, du haut en bas de la société, comprise de tous sans que l’on sache du reste pourquoi : M. le directeur de la Sûreté générale en resta « comme deux ronds de flan » !… Puis, quand il eut repris le cours de sa respiration : « C’est vous, dit-il, qu’il faut faire enfermer, mon ami ! – Peut-être ! – Oh ! sûrement !… – J’ai toujours fait ce que l’on a voulu ! En attendant, les crimes de Corbillères continuent ! – Eh ! je le sais fichtre bien !… Allez donc leur raconter, en bas, l’histoire de la poupée du vieux ! Si ça pouvait les dérider ! « Le Premier » et le garde des Sceaux ne sont pas à prendre avec des pincettes !… je viens de subir une petite séance !… Pendant ce temps-là, je vois que vous ne vous embêtez pas, ici !… Non, mais dites donc, l’Émissaire !… Est-ce que vous vous moquez de moi ?… Vous avez dit à cet énergumène de revenir à six heures !… – Oui !…à cause de sa fille !…Car enfin, ça, c’est un fait !…on lui a volé sa fille !… – Qui, on ?… – Eh bien, la poupée !… – Son automate lui a volé sa fille !… – Qu’il dit !… Calmez-vous, patron !… Il n’y a pas de quoi se fâcher !… Il n’y a qu’à en rester ahuri comme moi, ou à en rigoler !… Après tout, si vous voulez que nous parlions d’autre chose… – Allez ! Lebouc… allez !… c’est peut-être vous qui avez raison !… Il faut toujours écouter les enfants et les fous, bien qu’il n’y ait rien de plus menteur au monde !… mais il suffit quelquefois d’un mot pour vous faire entrevoir la bonne piste !… Je vous écoute… – Non ! ce n’est pas moi que vous écoutez ! c’est le vieux… Voilà ce qu’il raconte : le Bénédict Masson, comme on le sait depuis le procès, était amoureux de sa fille Christine… Le prosecteur n’ayant rien trouvé de mieux, puisqu’il lui fallait un cerveau pour mettre dans son automate, que d’y glisser celui qu’on lui apportait de Melun, c’est-à-dire celui de Bénédict Masson, il s’est produit ceci, qui est, en somme, assez logique : le premier geste de l’automate, dès qu’il a donné signe de vie, a été d’emporter Christine… Paraît qu’il s’est jeté dessus comme un sauvage !… – Je ne ris pas, Lebouc, je ne ris pas !… mais je sens que je deviens abruti de vous entendre me raconter sérieusement des choses pareilles !… – Je vous parle sérieusement, patron, parce que, depuis bien longtemps, rien ne me fait plus rire, et aussi à cause d’un certain détail qui a bien son importance… Avant de se sauver avec la Christine, la poupée a laissé un mot sur la table… un mot que le vieux a apporté ici… le voilà !… Ce n’est pas long, ce qu’il a écrit : « Je suis innocent ! » – Bravo ! voilà pour le moins une idée fixe, ou je ne m’y connais pas !… – Patron !… nous avons d’autres papiers de Bénédict Masson… sur lesquels il a écrit : « Je suis innocent ! »… J’ai fait apporter ici le dossier que nous avons fait venir de Melun depuis que l’affaire de Corbillères, que nous croyions si bien enterrée, ressort de terre, c’est le cas de le dire… les voici !… Eh bien, comparez !…
– Voyons, Lebouc… En admettant même que ce soit la même écriture… ce qui reste à démontrer… vous n’allez pas me faire croire que ce papier ne date pas d’avant sa mort… Lebouc, vous allez prendre votre retraite, mon ami !… – Oui, patron ! Une fois de plus, une fois de moins !… – Vous avez voulu vous payer ma tête, n’est-ce pas ? – Je suis trop pauvre ! fit Lebouc. – Lebouc, vous n’avez qu’une façon de me faire oublier vos plaisanteries de mauvais goût… Vous allez partir pour Corbillères !… Je vais vous donner tous pouvoirs ! Peut-être, après tout, que Bénédict Masson était innocent !… tant pis pour ces messieurs de la justice !… Moi, je m’en fiche, après tout, de la place Vendôme !… Vous allez me dénicher le ou les coupables !… Ne craignez rien !… je suis là pour vous soutenir, Lebouc !… – Ah ! quant à cela, patron, je compte bien sur vous !… – Vous pouvez !… Qui est-ce qui vient encore là ? Entrez ! » L’huissier s’avança d’un air mystérieux et dit à voix basse : « Monsieur le directeur, c’est une personne qui n’a pas voulu dire son nom et qui m’a chargé de vous remettre ce pli de la part de M. l’avocat général Gassier !… » M. Bessières décacheta vivement et lut : « Mon cher directeur, je vous envoie un de nos amis à propos de l’affaire de Corbillères… Il vous racontera des choses intéressantes…écoutez-le jusqu’au bout. M. Lavieuville est sain de corps et d’esprit ! » « Eh bien, ça nous changera ! Quelle drôle de recommandation ! » fit entendre M. Bessières… Et il lança le mot sur le bureau de l’« Émissaire ». « Ah ! dit Lebouc, c’est Lavieuville !… L’horloger a justement parlé d’un Lavieuville… – Faites entrer ! » commanda le chef de la Sûreté générale. Un homme à figure chafouine, et tout grelottant dans un pardessus d’occasion, les souliers maculés d’une boue neigeuse, se présenta, les épaules courbées, le front humble, les yeux obliques : « Messieurs !… commença-t-il, je vous demande pardon de me présenter dans cet état, mais depuis que l’on m’a volé ma petite voiture. – Asseyez-vous, monsieur !… vous m’êtes recommandé par M. l’avocat général Gassier… – Sans quoi je n’eusse jamais osé venir vous trouver !… je vous demande la plus grande discrétion… c’est une question de vie ou de mort ! Monsieur, je suis monsieur Lavieuville, marguillier à Saint-Louis-en-l’Île… j’avais une petite voiture automobile à conduite intérieure… – Pardon !… monsieur !… pardon !… M. l’avocat général Gassier me dit que vous désirez me parler à propos de l’affaire de Corbillères !… – Justement, monsieur le directeur, nous y sommes ! Ma voiture m’a été volée par Bénédict Masson ! – Alors, c’est une vieille histoire, monsieur, et je crois qu’il est un peu tard pour la lui réclamer ! – Eh ! monsieur, ce n’est pas une si vieille histoire que cela ! Elle ne date pas de huit jours ! – Mais, monsieur, vous oubliez que Bénédict Masson a été exécuté il y a plus de trois semaines… – C’est bien pourquoi je viens vous trouver, monsieur ! Ce qui m’arrive est inimaginable, et sans M. l’avocat général Gassier, à qui j’ai tout raconté, preuves en main, je n’eusse jamais osé, je vous le répète, venir vous trouver… » M. Bessières leva les bras au plafond, se laissa tomber sur un siège, se prit la tête dans les mains en proie à une fureur sombre qu’il parvint cependant à dompter et il jeta au visiteur, d’une mâchoire féroce : « Parlez, monsieur, je vous écoute !… – Eh bien, monsieur, je dois vous dire que j’ai une femme de ménage, Mme Langlois… – Bien, monsieur, Mme Langlois… – Qui va quelquefois, le soir, prendre sa camomille chez Mlle Barescat, mercière… – Mlle Barescat, parfait ! – En compagnie de notre chaisière, Mme Camus, et de l’herboriste, M. Birouste… – Mme Camus, M. Birouste. Vous n’oubliez personne ? – Monsieur, je n’étais pas à cette petite réunion amicale chez Mlle Barescat. – Alors, pourquoi m’en parlez-vous ? – Parce qu’elle a la plus grande importance pour ce que j’ai à vous dire… Mme Langlois, ma femme de ménage, est bien malade, monsieur le directeur… – Croyez, cher monsieur, que je regrette bien sincèrement… – C’est d’autant plus regrettable que, si elle avait été mieux portante, elle m’eût accompagné jusqu’ici… Mlle Barescat et Mme Camus, elles, vont mieux, mais elles n’osent sortir de chez elles… Quant à M. Birouste, il n’a pas quitté le lit depuis cette effroyable aventure… – De quelle aventure parlez-vous ? de la vôtre ou de la leur ? – C’est la même, monsieur, seulement elle a eu deux actes : le premier s’est passé chez Mlle Barescat, pendant sa camomille. Il faut vous dire que Mme Langlois faisait autrefois le ménage de Bénédict Masson ! – Et il ne l’a pas assassinée ? – Pas encore, monsieur !… mais au train des choses, cela pourrait bien arriver un jour ou l’autre !… Voilà pourquoi je suis chez vous, monsieur !… et pourquoi M. l’avocat général Gassier… – M. l’avocat général Gassier s’est moqué de vous, monsieur, et je ne comprends pas… – Je ne pense pas que M. l’avocat général Gassier se soit moqué de moi, interrompit sans s’émouvoir M. Lavieuville, et si vous ne comprenez pas, monsieur le directeur, c’est que vous ne m’écoutez pas !… J’en reviens à la camomille chez Mlle Barescat… Mme Langlois, qui faisait le ménage de Bénédict Masson, faisait aussi celui du bonhomme Norbert, l’horloger ! – Elle fait donc tous les ménages de l’Île-Saint-Louis, cette brave dame ?… – Non ! monsieur le directeur, mais elle sait à peu près ce qui se passe dans tous les ménages et elle est fort instructive à entendre… dans le cas qui nous occupe, elle entretenait ces dames d’une sorte de personnage qui habitait clandestinement chez l’horloger et qu’elle avait pris pour un mutilé de la guerre, pour un amoché comme on dit de nos jours. Le neveu du bonhomme Norbert, le prosecteur Jacques Cotentin, qui est, m’a dit M. l’avocat général Gassier, une espèce de génie, donnait ses soins à ce soi-disant mutilé… Or… ne vous étonnez de rien, monsieur le directeur… Vous comprenez que si M. Gassier m’a envoyé à vous… Eh bien, ce soit disant mutilé, aux derniers renseignements, serait tout simplement un automate !… »