CHAPITRE XXIV Un souper de « loup-mouton »Notre situation était vraiment lamentable. Nous avions faim, et nous n’avions rien à manger, le feu ayant tout dévoré. Quelques-uns d’entre nous s’en allèrent chercher les restes du bison tué par les guides ; mais ils retournèrent sans un morceau de viande, les loups avaient réduit le corps à l’état de squelette. On recueillit pourtant ses os à moelle, de même pour les quatre vaches ; et nous déjeunâmes de moelle crue, non que nous n’eussions pas de feu, mais parce que la moelle est d’un goût moins agréable lorsqu’elle est cuite. Que devions-nous faire ? Nous tînmes conseil, et nous décidâmes naturellement de gagner la plus prochaine colonie qui était la ville frontière d’Indépendance, sur le fleuve Missouri. Nous en étions à une distance de troi


