Chapitre 2 : L'emploi du temps
Au bureau, Céline croise Julien et lui confirme que le sang retrouvé sur l’appui-tête du siège auto ainsi que l’arme m'appartiennent bien.
Julien est abattu et en déduit rapidement que je suis sans doute gravement blessée à la tête. Julien se demande comment l’arme a pu se retrouver sous la voiture. L’équipe en conclut vite qu’il y a eu lutte et que j'ai essayé de m’échapper.
Daniel propose que l’on établisse mon emploi du temps des quarante-huit dernières heures afin de trouver des réponses. Julien approuve cette idée.
En un temps record, toute ma vie est là sous les yeux de mes collègues et amis. Ils savent tout ce que j'ai fait au cours des quarante-huit dernières heures qui ont précédé la disparition.
- Hier, elle est arrivée au commissariat à sept heures dix comme l’indique la caméra de surveillance. À dix heures quinze elle quitte le commissariat avec nous pour aller sur le terrain. (affirme Daniel).
- Nous sommes allés déjeuner dans la foulée, donc nous ne somme pas revenu au commissariat avant treize heures. Joséphine n’est revenue qu’à quatorze heures trente et elle est restée jusqu’à dix-neuf heures au bureau. (affirme Céline)
- D’après son fils Kévin, elle est arrivée chez elle à dix-neuf heures vingt. Si ça roule bien, il lui faut un quart d’heure en voiture… Donc question ! Qu’est-ce qu’a bien pu faire Joséphine entre treize heures et quatorze heures trente ? (demande Daniel)
Bien sûr, c'était ça le grand mystère, ce que j’avais bien pu faire à ce moment-là. La question se posait toujours et pourtant un seul de mes collègues savait ce que je faisais à ce moment bien précis.
Julien regarde l’équipe et ne sais pas quoi répondre. Il est totalement perdu et se demande comment sa collègue a bien pu disparaître et comment ils en sont arrivés là, à disséquer l’emploi du temps d'une collègue respectable comme ils le font pour toutes leurs victimes. Julien a comme un choc à ce moment-là. Il réalise que sa fidèle coéquipière est à son tour une victime.
Julien sort de la pièce et part dans son bureau. Il entre et admire un cadre de l’équipe sur lequel il me tient par la taille. Sur cette photo, je suis plus souriante que jamais. Il contemple le cadre et se pose une question
- Qu’est-ce qui a bien pu t’arriver Joséphine ?
Il s’assoit à son bureau et réfléchit.
- Il faut bien qu’on fixe quelque chose sur cette fameuse heure et demie où elle n’était pas là. S'ils ne savent pas, ça risque de ralentir l’enquête.
Julien se noie dans ses pensées.
Flash-back – La veille entre treize heures et quatorze heures trente.
- Alors ça va mieux ? (me dit Julien)
- Oui, beaucoup mieux.
- Quand tu es tendue ou stressée n’hésite pas à venir me voir ! (dit Julien en souriant)
- Je ne veux pas abuser non plus !
- Josie ! Tu sais que ça ne me gêne pas.
- Je sais ! Puis, tu sais que je suis là si tu as besoin de moi.
- Enfin je crois que malgré tout, tu en as plus souvent besoin que moi.
- Oh ben, c'est galant tient !
- Je ne t'ai pas vexée au moins ?
- Mais non ! En plus, je sais que c’est vrai !
- Bon, il va falloir qu’on retourne au commissariat !
- Oui ! Merci Julien ! Je vais beaucoup mieux que ce matin. Tu sais qu’en ce moment beaucoup de choses me tracasse.
- Oui, cette fameuse affaire !
- J’espère qu’il ne va pas s’en sortir !
- J’avoue que pour l’instant il y a plutôt des faits qui jouent en sa faveur !
- Oui, je sais ! Soupirant
- Allez ça va aller !
- Oui ! Merci Julien ! Tu es quelqu’un de rare, il n'y a pas beaucoup de patron qui serait aussi complice.
- Tu sais Josie, on est coéquipier, mais avant tout des amis. Puis j’avoue que c’est loin d’être une corvée ! Ça me plaît !
- Je sais et j’en suis ravie.
Fin du Flash-back.
Julien se lève et retourne voir l’équipe. Il arrive dans le bureau des collègues et les vois concentrés sur le travail. Ils s'acharnent tel des héros pour retrouver leur supérieure saine et sauve.
- Écoutez, entre treize heures et quatorze heures trente, vous ne trouverez rien. Joséphine était avec moi. Je ne l’ai pas dit sur le coup, car j’ai réalisé que notre brillante capitaine est aujourd’hui une victime et qu’on retrace ses moindres faits et gestes, qu’on est obligé de v****r sa vie privée pour trouver des réponses. Je ne suis pas bien avec moi-même rien qu’à l’idée, mais je sais qu’on n'a pas d'autre choix. Chaque minute compte, donc laissez tomber entre treize heures et quatorze heures trente Joséphine et moi discutions autour d’un café. (dit Julien)
- D’accord ! Mardi, Joséphine a passé toute son après midi au tribunal, j’y étais aussi. Le soir, elle est rentrée et a quitté son domicile à six heures quarante-cinq. Le mardi matin on était sur le terrain et on a déjeuné ici tous ensemble. (Rapporte Céline)
- Il y a quelque chose qui nous échappe. Joséphine est capitaine de police, je ne pense pas que sa disparition soit un hasard. Si encore on lui aurait volé sa voiture, son fric, je comprendrais, mais ce n’est pas le cas. Quelqu’un en voulait personnellement à elle ! (Affirme Julien)
- Après notre métier amène à ce qu’on se fasse des ennemies. (dit Daniel)
- Tu as tout à fait raison Daniel ! Il faut examiner toutes les affaires en cours sur lesquelles Joséphine bosse. Sans doute à cause d’une de ses affaires récentes ou passé, nous avons maintenant l’affaire Joséphine Holliston en cours et je veux des résultats. (répond Julien)
De ce pas, Julien retourne à son bureau. Il observe au loin le bureau de Joséphine, ayant une pensée qu’il trouve stupide. Il se dit que Joséphine, saurait sûrement quoi faire. Julien regarde dans le vide toujours en direction de ce bureau.
Daniel arrive avec un petit sachet.
- On a retrouvé ça sous un tas de feuille dans le fossé. Je suppose que les feuilles sont tombées dessus, en cette période de l’année. (dit Daniel)
- C’est le téléphone de Joséphine ? (demande Julien)
- Il est éteint, je suppose que la batterie est à plat. De plus, il y a plu donc peut être abîmé. (affirme Daniel)
- Apporte-le à Baptiste. Il saura quoi faire ! (demande Julien)
- D’accord.
Baptiste est le cerveau informatique du commissariat, cet agent de police est très sollicité pour ses connaissances en informatique et son aisance avec les nouvelles technologies. Julien garde espoir de réussir à trouver un indice dans le téléphone qui pourrait les diriger vers une piste.
Deux jours plus tard, l'enquête avance peu, il n'y a rien de nouveau et l'équipe commence à désespérer. Personne n'a d'indice concernant cette mystérieuse disparition. La question que beaucoup se pose maintenant, mais sans vraiment l'avouer c'est si je suis toujours en vie. Elle est là la question, est-ce-que je vous parle de l'au-delà ou est-ce-que je suis encore vivante ?
Julien reçoit un coup de téléphone fort déplaisant. Il lève les yeux au plafond et part à la rencontre de l’équipe dans la salle de réunion.
-Il faut qu’on aille sur le terrain, mais ça ne sera sûrement pas facile pour certain d’entre vous. Ceux qui ne veulent pas venir, je comprendrai. Il y a des circonstances où…. (hésite Julien)
Les membres de l'équipe baissent les yeux et comprennent ainsi que mon corps a sans doute été retrouvé.
A suivre