Chaque seconde qui passe est une t*****e. Je meurs de faim. Ma gorge réclame de l'eau. Mon coeur bat de moins en moins vite et la pièce tourne autour de moi. Combien de temps encore vont ils faire durer ce supplice ? Peut-être qu'Orochimaru m'a oubliée. Il disait attendre son prochain corps. Peut-être s'en est-il déjà emparé et n'a plus besoin de moi. J'observe ce qui me sert de plafond. Une surface sans relief, noire, désespérant.
- Tu es encore en vie? entendis-je de l'autre côté des barreaux.
Je suis trop faible pour me lever et lui faire face. Ça doit être un jeune homme d'à peu près mon âge. En tout cas ce n'est pas Kabuto. Je lève mon bras gauche pour lui répondre.
- Je vois. Tu dois être épuisée. Ça fait des jours que tu es enfermée ici. Maître Orochimaru s'est absenté pour quelques temps. Il m'avait chargé de veiller sur toi mais j'avais d'autres affaires plus urgentes à régler.
Qu'est-ce qu'il me raconte?
- Je me sens obligé de m'excuser. Je t'apporte de quoi te remplir la pence. Ensuite tu pourras sortir d'ici, continue-t-il.
J'entends ses pas s'éloigner. Il revient quelques minutes après, ouvre ma cellule et me rejoint. Il m'aide à m'asseoir pour manger. Je peux enfin voir à quoi il ressemble. C'est un jeune homme, peut-être plus jeune que moi. Il a des cheveux blancs-gris longs jusqu'au cou, le menton fin lui donnant une apparence féminine. Ses yeux d'un vert particulier, donnent l'impression d'être vides. Il a deux points sur son front. Quant à son aura, elle est neutre. Difficile de savoir s'il est dangereux ou pas. Il m'a emmené un plat de riz et du curry au poulet avec un grand verre d'eau. Je dois manger doucement pour que mon estomac se réadapte à être rempli.
Sans les chaînes, il me fait sortir de cellule une fois que j'ai terminé de manger. Il me conduit à travers des couloirs labyrinthiques. Ils se ressemblent tous, comment parvient-il à s'y retrouver ? Nous atteignons une porte qui a l'air lourde.
- Cette pièce te servira de chambre. Tu y trouveras de quoi te nettoyer et te changer. Je t'attends ici.
Je le laisse donc pour entrer seule dans ma chambre. Je passe des secondes adossée à la porte. J'ai une sensation étrange. Je ne me sens pas en danger ni même en sécurité. L'impression d'être prise dans un piège. Je parcours la pièce des yeux. Il n'y a rien d'extraordinaire. Un lit, une table de chevet, une chaise, une armoire penderie et des bougies pour éclairer le tout. Je me demande si je reverrai la lumière du jour... L'idée que ça n'arrive plus me fend le cœur. Je fonds en larme.
De nouveau calme, je me dirige vers la porte du fond après avoir regardé dans l'armoire. Il y'avait des affaires de douche et des vêtements. Cette porte donne sur une salle de douche, petite mais bien emménagée. Je retire mes vêtements et observe mon corps. J'ai tellement maigri. Je me demande comment je réussis à tenir debout. Toutefois, je récupère les affaires et entre dans cette douche. Je laisse l'eau couler longtemps sur mon corps, espérant que ça m'aiderait à me reconnecter à la réalité. Car depuis tout à l'heure, je me sens comme dans un rêve. Je me frotte le corps, passant plusieurs fois le gant de toilette. Je me rince et recommence. Je me trouve salle, imprégnée de l'odeur de ce serpent. Je me sens prisonnière même sans les chaînes, même hors de ma cellule.
Sans me sécher, je me place face au miroir. Mes yeux sont cerné, mes cheveux secs et cassés, mon corps frêle et faible. Cette vision m'écoeure. À nouveau je pleure. Je suis si faible.
- Je ne laisserai plus personne me traiter comme une moins que rien, me promis-je à moi-même.
Je suis en colère contre le monde mais je vais devoir me maîtriser pour ne pas commettre d'erreur. Ils ont fait de moi ce qu'ils voulaient. Ça n'arrivera plus. J'essuie mes larmes du revers de mes mains puis me sèche, m'habille et rejoins l'autre énergumène.
- Tu as pris tout ton temps, remarque-t-il. J'imagine que tu en avais besoin. Suis moi maintenant.
- Avant de faire quoi que ce soit d'autre, tu pourrais te présenter. La politesse, tu connais?
Il ferme les yeux quelques instants. Je suis irritée je dois le reconnaître.
- Je me nomme Kimimaro Kaguya. Je suis au service de maître Orochimaru comme tous ceux que tu rencontreras ici.
- Et pourquoi il t'a chargé de t'occuper de moi? continuai-je.
Il se tourne et avance.
- On devrait parler en marchant pour gagner du temps. J'espère que tu as bonne mémoire. C'est la seule fois où je te conduirai à ta chambre. il reprend la conversation après une petite distance parcourue. Tout comme toi, je suis marqué du sceau maudit de la terre. L'un des premiers à l'avoir reçu d'ailleurs. C'est pourquoi je vais t'aider à apprendre à le maîtriser.
- En fait, tu vas m'entraîner, c'est ça?
- Tout à fait.
Orochimaru veut faire de moi son instrument donc il a besoin que je sois performante. Cependant, je doute qu'il me laisse devenir plus forte que lui. Sinon je m'en débarrasserais une fois devenue suffisamment puissante.
- Encore une question. Comment ça fonctionne, votre organisation? Si on peut appeler ça comme ça.
- Eh bien, maître Orochimaru est passionné par les techniques interdites et la vie éternelle. Il a dédié sa vie à ses recherches dans ce sens. Notre but est donc de l'aider à accomplir ses tâches, m'explique-t-il.
- Qu'est-ce que vous y gagnez?
Il cesse d'avancer. Je suis derrière lui alors moi aussi je m'arrête. Aurais-je touché un point sensible?
- Chacun a ses raisons, ses intérêts. Une chose est sûre c'est que personne ne peut défier le Maître, dit-il d'un ton lugubre. Et moi je lui serai toujours fidèle.
J'imagine que la discussion est close. Selon moi, cet Orochimaru s'en sert juste pour ses intérêts et rien d'autre.
Nous marchons encore un peu avant d'arriver dans une grande salle d'entraînement. J'en reste bouche-bée. On est vraiment sous terre? Mon cerveau met du temps à comprendre la situation. Non seulement grande mais aussi les murs sont ornés d'armes diverses.
- Tu y passeras le plus clair de ton temps. Si tu as besoin d'armes, tu peux en prendre.
- C'est vrai qu'avant cette vie j'étais une jeune shinobi de Konoha. J'utilisais donc des armes communes, shuriken, kunai, dis-je en parcourant les murs du regard. Toute fois, je commençais à m'habituer à une arme particulière. Un cadeau d'un ami qui m'étais très cher.
Mon regard s'arrête sur une rangée de katana.
- Lequel a la capacité de conduire du chakra ? lui demandai-je.
Il s'approche et décroche un des sabres. Son fourreau est noir, long et fin. Kimimaro se décale que je puisse sortir le sabre. Il est tout simplement magnifique. Je l'adore. Oui, ce n'est pas celui que m'avait offerte Shisui mais c'est toujours mieux que rien.
- Je pense que tu as fait un bon choix, affirme Kimimarou. Vue que je dois superviser ton entraînement, je vais d'abord t'expliquer comment fonctionne le sceau maudit.
Il a capté toute mon attention.
- Tu ne l'as peut-être pas remarqué mais il y'a une marque sur ton cou, à droite. Il s'agit plus exactement de trois signes concentriques.
Machinalement, je passe une main à l'endroit qu'il m'indique. Je ne sens rien, ni douleur ni gène ni même au touché. Je vérifierai ça au miroir quand je pourrai retourner dans ma chambre.
- Cette marque te permettra d'avoir accès à une réserve d'énergie autre que la tienne. Ce qui te rendra plus forte que tu ne l'as jamais été, poursuit-il.
- Comment m'en servir ?
- Il suffit de le vouloir, C'est tout. Quand tu en auras besoin, elle s'activera automatiquement. Mon rôle principal est de t'empêcher de sombrer. Parceque oui, en l'utilisant sans contrôle, on peut en mourir, prévient-il.
Voilà de quoi me glacer le sang. J'avale difficilement ma salive. Kimimarou s'avance au centre de la pièce, sur une sorte de tatami. Il m'invite à le rejoindre.
- En fait, nous sommes dans une des nombreuses salles d'entraînement du repaire. Si tu ne t'y sens pas à l'aise, on peut changer.
Je ne vois pas l'intérêt de changer.
- Non, c'est bon. Entraînons nous ici.
- Bien. Dans ce cas, attaque-moi.
- Hein? est tout ce qui réussit à sortir de ma bouche. Pourquoi je ferai une chose pareille?
- Dans ce cas...
Sans rajouter autre chose, il fait, par je ne sais quel moyen, sortir un os de son épaule. Dégoûtant. Je grimace. Soudainement, il se lance dans ma direction, arme ou os, en main. J'esquive cette première attaque. Il est rapide. Je suis obligée d'activer mon Sharingan pour prévoir ses mouvements. S'en suit d'autres attaques, plus rapides, précises, féroces. Je parviens à les éviter. Je n'ai toujours pas sorti le katana de son fourreau. Je crains d'avoir oublié comment on s'en sert. Afin de l'éloigner et trouver une tactique, je lui lance une boule de feu surprême.
Kimimaro s'élève dans les airs avec aisance. Je suis impressionnée. De là, il envoie des centaines d'aiguilles en bas à vive allure. Comment vais-je esquiver ça? Je ne réagis pas assez vite, essais de me protéger avec mon arme mais les aiguilles me transpercent de part et d'autre. Je m'écroule par terre. Ça fait mal, non seulement les aiguilles mais aussi d'avoir perdu. J'entends ses pas se rapprocher puis s'arrêter devant moi.
- Tu es faible. Un déchet. Tu aurais pu riposter avec une attaque de type Katon mais au lieu de ça, tu as abandonné tout espoir.
Il ricane. Ça m'énerve. Je vais le tuer. Je force sur mes bras pour me lever et l'affronter à nouveau.
- Je ne serai plus la faible dans l'histoire, crachai-je une fois debout.
Je dégaine mon arme, prête à en découdre. Je vais lui montrer que l'envie de me battre ne me manque pas.