Lorsque le lieutenant Réal partit avec l’escadre de Toulon pour cette grande croisière stratégique qui devait se terminer par la bataille de Trafalgar, Mme Réal retourna habiter avec sa tante la demeure dont elle avait hérité à Escampobar. Elle n’avait passé que quelques semaines en ville, où on ne l’avait guère vue en public. Le lieutenant et sa femme habitaient une petite maison près de la porte ouest, et bien que le lieutenant fit, jusqu’au dernier moment, partie de l’état-major, sa situation officielle n’était pas suffisamment en vue pour qu’on remarquât l’absence de sa femme aux cérémonies officielles. Mais ce mariage éveilla un intérêt modéré dans les cercles navals. Ceux-là – en majorité des hommes – qui avaient vu Mme Réal chez elle, ne tarissaient pas d’éloges sur son teint ébloui


