Il fait encore sombre, ce n’est pas une surprise j’ai quitté l’appart à trois heures du matin, à croire qu’on va aller vers l’autre côté du monde, alors que c’est que le Canada.
Je visionne l’atmosphère par le hublot du jet où je me trouve, je n’ai même pas eu le temps de m’extasier sur le fait que je suis dans un jet, que c’est la première fois que je prends un avion privé, que c’est extraordinaire, une personne normal s’aurait prise en photo et aurait de suite publier la nouvelle sur i********:. Non, je n’ai pas eu la force de faire tout ça, après tout c’est normal, un Apollon humain se trouve sur le siège en face de moi, ses yeux braqués sur l’écran de son ordinateur.
J’allais vraiment lui poser la question s’il a rejoint son lit, ou s’il a dormit rien qu’un peu. Tout le monde se réveille le visage mal-formé à trois heures du matin, lui on dirait qu’il vient de faire un défilé du top dix des mecs des plus sexy au monde, et il aurait eu le premier prix.
Je soupire, puis je ferme les yeux un instant. Ce voyage est une chance pour moi de lui prouver que je suis compétente dans mon travail. Une chance pour moi de lui fermer sa bouche impitoyable.
-Mademoiselle Johnson. Il m’interpelle d’une voix rauque qui me met dans tous les états possibles.
J’ouvre les yeux et je plonge dans son regard bleu reflétant toute la magie de l’océan.
Ce n’est pas vrai Lucy ! Ce n’est vraiment pas le moment de fantasmer sur ton patron. Ce n’est plus Liam que tu as connu auparavant, il a une vie aujourd’hui, c’est l’une des personnes les plus importantes des Etat Unis, et tu crois qu’il va se souvenir de son amour de jeunesse et puis il y’aura une « happy end ? » Oh non, ce genre d’histoire débile existe que dans les livres. Ici c’est la vie réelle ! Me dit une voix enfuie au fond de moi, et elle a raison.
-oui, monsieur Parker ?
Il me tend un doucement contenant beaucoup de paperasse.
-Je veux que vous m’organisiez tout ceci. Et par organiser, je veux dire, le lire, faire un compte rendu, omettre les choses inutiles, et mettre des étiquettes sur chaque partie.
Je fixe le dossier, il y’a plus de trois cent papiers recto-verso, et il veut que je le fasse maintenant, dans un avion, alors que je suis en manque de sommeil, vu que j’ai passé la nuit à réfléchir, enfin le quart de la nuit. Je prends le document en lançant un regard las à Liam.
-Qu’est-ce qu’il y’a mademoiselle Johnson ? Vous êtes ici pour le travail, pas pour des vacances. Dit-il d’un ton indifférent en reprenant son ordinateur.
-oui, je sais, mais j’avais pensé, que puisque il n’est que trois heures du matin, j’aurais pu avoir le droit de dormir un peu. Dis-je entre les dents en serrant le dossier avec toutes mes forces.
-dormir ? Vous croyez que vous êtes ici pour dormir ?
-non, bien sûr que non, mais ce n’est pas mes heures de travails.
Il rit doucement, mais pas un rire jovial, il rit avec nervosité et contrariété. Ce qui me glace le sang.
-Vous savez ce qui particularise un bon d’un mauvais journaliste ?
Je secoue la tête négativement en m’apprêtant à recevoir une autre insulte de sa part.
-Et ben mademoiselle Johnson, un bon journaliste aime son travail, et fait le possible pour graver les échelons et bâtir une carrière indestructible, par contre un mauvais journaliste, se contente de travailler en ses heures de travails et basta. A votre avis, vous faites partie de quelle catégorie ?
Je me mords l’intérieur de ma joue en essayant de ne pas lui dire ses quatre vérités à lui.
Sans m’accorder plus d’importance il reprend son ordinateur et commence à cliquer sur son pauvre clavier.
-excusez-moi, je reviens. Dis-je d’un ton fatigué.
Il ne me regarde même pas, alors je me lève et me dirige vers la cabine des toilettes. Une fois à l’intérieur, je ferme la porte derrière moi, en me calant contre cette dernière. J’ai envie de crier, de tout détruire autours de moi. Je ressens un pincement au cœur, et ma respiration est devenue irrégulière. Je sais très bien ce que s’est, rapidement je bâillonne ma bouche avec la paume de ma main, et j’éclate en sanglots étouffés. Mes larmes commencent à s’écraser sur mes joues, je m’écroule parterre en rasant la porte. Je ramène mes genoux à ma poitrine, et je me laisse aller avec mes pleurs. Je suis faible, ou comme l’explique Clary, trop sensible. Si elle était là, et qu’elle me voyait dans cet état, elle aurait sans doute éjecté l’objet provocant mes pleurs par-dessus le jet. Je souris à cette pensée.
Flash-Back :
-Et tu crois qu’avec ces notes-là tu entreras dans une prestigieuse école de médecine ? S’écrit mon père en me pointant du doigt.
-Liasse-là ! Elle est première de sa classe, tous ses professeurs disent qu’elle aura un avenir prestigieux. Dit ma mère pour le calmer.
D’un geste brusque il renverse son verre le laissant tomber parterre pour se brisé en mille morceaux. Un bruit assourdissant fait écho dans mes oreilles, j’entends chaque partie du verre qui tombe parterre provocant une mélodie qui résonne comme une alarme en moi. Une alarme qui annonce toujours la même chose.
-Espèce d’imbécile, tu es nulle, incompétente, tu n’as aucun niveau ! Tu ne feras rien de ta vie, tu seras comme ta mère !
Mes larmes commencent à couler, je redoute ce qui va se passer, j’aurais dû partir tout à l’heure, quand il était rentré, j’avais sentis l’odeur horrible de l’alcool, j’aurais dû m’en aller à ce moment-là.
-Arrête je t’en prie. Supplie ma mère quand il se lève de son siège en me toisant du regard.
Rapidement je pousse ma chaise, et je monte en courant vers ma chambre. J’entends ses pas derrière moi, suivis des cris de ma mère qui le supplie d’arrêter. Je sais que je ne le lui échapperais pas, je sais que demain je serais obligée de mettre du fond de teint sur les bleus qui s’afficheront sur mon visage et mon corps. Je le sais.
Fin du flash-back.
Des coups à la porte retentissent.
-Mademoiselle, vous allez bien ? Me demanda l’hôtesse d’une voix douce.
-Euh, oui, oui, ça va. Je réponds d’une voix étouffée.
Puis je me lève et je me rince le visage, laissant l’eau froide me soulager. Je me regarde dans la glace, mes yeux sont rouges et gonflés. Après un dernier regard, Je quitte la cabine en me dirigeant vers mon siège sans regarder Liam, alors que je sens son regard sur moi. Sans dire un mot, je prends le document et je commence à travailler là-dessus