L’air frais de Central Park me fait un bien insoupçonnable, vêtue de mon jogging habituel, je cours en essayant de me vider la tête. Peine perdue. Je repense encore et encore à ses yeux, à son visage, au rêve érotique que j’ai fait hier soir dans le peu de temps ou j’ai pu fermer l’œil.
Rien qu’à le revoir, des choses incompréhensible se produisent en moi. Je sens mon corps éprouvait les mêmes sensations, qu’il éprouvait jadis, quand j’étais jeune.
Je m’arrête un instant dans mon élan, mains sur les genoux j’essaie de reprendre mon souffle. Des souvenirs douloureux me reviennent comme un flash-back. Cette fois-ci je tombe parterre en ramenant mes genoux que j’enroule dans mes bras à ma poitrine, j’enfuis mon visage en essayant de ne pas éclater en sanglots. Je suis si faible que ça ? Si méprisante ?
Ma mère m’aurait surement dit non, et que j’étais la plus forte fille existante dans ce monde. Elle me manque tant, j’ai tellement besoin d’elle, surtout en ces moments.
« Si tu ne souris pas à l’heure d’aujourd’hui, si quelque chose te tracasse, saches que ce chagrin cessera, mais relève-toi, nous sommes plus de six milliards de personnes dans ce monde, et sur ce nombre de personne il y’aura toujours quelqu’un qui te tendra une main pour te relever. La vie est une bataille, prends les armes, et fonce, ne recule pas, ne cesse jamais de croire en la victoire, tu te dois de penser à toi, au fond tu sais qui tu es, et tu sais ce que tu vaux ». Disait-elle.
Je n’oublierais jamais ce jour, cette nuit froide, morose et obscure. Je ne l’oublierais jamais.
Il y’a six ans de cela j’ai essayé de recontacter Liam, j’étais parti à Seattle, mais avec sa famille, ils ont déménagés, personne ne savait où. Je ne l’ai pas trouvé, pourtant quelqu’un d’autre m’avait trouvée moi.
Mes larmes commencent à couler lorsque je me rends compte encore une fois que je suis la responsable de sa mort. Je ne suis pas ou j’en suis, ni ce que je deviendrais.
Il m’avait vu à Seattle, il m’avait suivi, et nous a retrouvées.
C’était une nuit d’été, il y’a six ans, une nuit horrible, une nuit ou j’ai perdu la plus belle chose que j’avais.
Je rentrais à la maison, après mes cours j’étais allé fêter avec un groupe d’amis mon acceptation dans un stage à H.S News, mon téléphone dans ma main, je balayais l’écran en regardant mes photos, des photos que j’avais prises avec Liam il y’a quatre ans. Il était assez tard, une fois arrivé dans mon quartier, je m’étais dirigé vers la maison. J’avais poussé la porte, me prenant par surprise, Cette dernière s’écroula en provoquant un bruit menaçant. J’ai reculais d’un pas en sentant mon cœur battre trop vite.
-Maman ! J’avais crié paniquée.
J’étais rentais, j’ai fouillais la pièce du regard, deux chaises parterre, des vases éclatés en mille morceaux racontant un drame trop horrible.
-Maman !
J’avais couru dans la maison, jusqu’à la cuisine, puis je l’avais vu parterre, au sol. Je m’étais écroulée à mon tour devant elle, j’avais pris ses mains, en l’interpelant. Elle ouvrit les yeux, mais trop faible, elle était trop faible pour se lever. Mes larmes lui racontaient à quel point l’espoir de la voir respirer était le seul, je lui criais que je l’aimais, je la suppliais de ne pas me laissé seule dans cette scène misérable. Avec les dernières forces restantes en elle, elle m’avait dit :
-Lu…cy…Lucy, part…il nous a retrouvée, je t’en prie sauve-toi, prends l’argent de secours et sauve-toi ! Disait-elle d’une voix étouffante. Trop étouffante pour me faire éclater en sanglots.
Je savais qu’il fallait fuir, mais j’avais pris mon portable et composer e numéro des secours. En se servant de ses dernières forces, elle m’avait supplié de m’en aller, de survivre, de la laisser. Sous un dernier je t’aime, son cœur avait cédé, son corps s’était refroidi sous mes bras, et j’avais senti mon monde entier sombrer dans un vide sans fin. J’avais ressentis la peur, le désespoir sous toutes ses facettes. Depuis ce jour, ma haine s’est agrandit, le manque de sa personne, m’a tuait, et me tuera longtemps. Depuis six ans elle est morte dans un enfer qui n’aurait jamais dû commencer.
****
Arrivée au bureau, Clary semble fatiguée. Un sourire compatissant se dessine sur mes lèvres lorsque les évènements d’hier soir me reviennent, elle a passé quasiment toute la nuit à faire des allers-retours dans ma chambre pour s’assurer que j’étais bien.
-ça va mieux ?
Je hausse des épaules. Pourquoi est-ce que ça n’ira pas, plus vite j’oublie le passé, plus vite je me sentirais mieux. Après tout je n’ai plus de raison de le revoir, quoique sachant qu’il est là à New-York à seulement quelques kilomètres de moi me fait me sentir toute chose.
-ça va. De toute façon je ne risque plus de recroiser son chemin. Il ne se souvient plus de moi, et c’est tant mieux comme ça, ce n’est qu’un amour de jeunesse. Dis-je en doutant de moi.
-un amour de jeunesse ? Oh Lucy, tu vas me rendre, et te rendre folle !
-et me rendre fou ! S’écria une voix masculine d’un ton ironique.
Clary plisse les yeux devant cet inconnu, qui pour moi ne l’est pas.
-Clary, je te présente l’ange Gabriel ! Dis-je d’un ton théâtral en me moquant ouvertement de mon collègue.
-je sais ma réputation me précède. Dit-il en s’inclinant d’une façon arrogante.
Clary plisse un sourcil en le scrutant de haut en bas.
-Sérieusement ? Tu te fais appeler l’ange Gabriel ?
-je vois que mademoiselle a un problème avec moi…Mais bon, j’attire souvent la jalousie des gens, je crois que c’est quelque chose innée en moi.
-Oh mais bien sûr.
Nous éclatons tous les trois de rire, comme si ça fait des années qu’on se connaît. J’aime bien, quand le feeling passe rapidement, et d’une manière sympathique.
-Par contre, toi princesse, grouilles-toi ! Faut qu’on soit au bureau, aujourd’hui ce n’est pas un jour comme les autres.
Je lui lance un regard interrogatif. Il semble paniqué, ou soucieux, en tout cas pas dans son état habituel. Mais qu’est-ce que je raconte je ne le connais que depuis hier, et déjà je suis là à parler de ses habitudes.
-Pourquoi, est-ce que ça ne sera pas un jour comme les autres ? Qu’est-ce qu’il y’a de si spécial qui te met dans un état pareil ?
-vous n’êtes pas au courant alors…Constate-t-il.
-de quoi ? Demande Clary aussi intriguée que moi.
-
-il y’a un nouveau big-boss qui vient de s’offrir The New-York Times.
Clary lança un « OUI » joyeux, et elle se tourne sur elle-même trois fois de suite.
-Plus de Chandler Moore, plus de gros con, plus de connard, ah ben cette journée commence décidément bien, je crois qu’un dieu est de notre côté Lucy !
Gabriel rit nerveusement.
-Tu crois ça ? Tu sais, le premier jour de Chandler Moore en tant que Président directeur général, il a simplement changé quelques bureaux, et a adopté d’autres méthodes d’approche, et a engagé de nouveaux collaborateurs.
-Et ? Demandais-je.
-Et ben le petit nouveau, vient de licencier la moitié de la boite !
J’écarquille les yeux en doutant de ma place au sein de cette entreprise.
-Oh mon Dieu ! Finalement le bon dieu n’est pas vraiment de notre côté. Constate Clary en mettant une main sur son front.
-et vous ne deveniez jamais qui est le fameux big-boss.
-Qui ?
-Apparemment on a du super bien bossé hier durant l’interview pour que monsieur Liam Parker achète la boite !
Je reste figée sur place à lancer un regard horrifié à Gabriel. Je crois même que je lui fais peur. Clary ne dit plus un mot, et ce n’est vraiment pas dans ses habitudes, elle a toujours quelque chose à dire, j’ai envie qu’elle dise quelque chose, il faut que quelqu’un dise quelque chose.
Soudainement l’atmosphère devient étouffante, et une chaleur accablante s’embrase dans tout mon corps comme un signal ou une alarme de sécurité.
-Oh mon dieu Lucy ! Je crois…que…Oh mon dieu !
Je regarde Clary d’un air paniqué.
-moi je crois que ton bon dieu est en train de se foutre de nous !
-Bon, ok, moi je ne comprends pas vraiment votre délire, et j’ai l’impression qu’avec vous deux que je regretterais si je chercherais à comprendre. Déclare Gabriel en s’en allant d’un air moquer.
Je sens deux mains sur mes épaules, puis je me sens retourner vers Clary qui me tient fermement.
-Lucy, es-tu sure qu’il ne t’a pas reconnu ? Me demande Clary d’une voix étranglant. Non, s’il m’avait reconnu, pour quelle raison ne me l’aurait-il pas dit, et puis, même si c’était le cas, je ne vois pas où sont ses motivations à acquérir The New-York Times, hormis une opportunité exceptionnelle pour son entreprise.
-même si c’est le cas, pourquoi est-ce qu’il le cacherait, et pourquoi est-ce qu’il achèterait toute une boite ? Ça ne tourne pas rond !
-Oh mon dieu, je crois qu’il a fait ça, pour que tu travailles pour lui, ensuite il peut te sauter, et BAM !
Et voilà, Clary ne manque pas une opportunité d’exalter son imagination.
-De un, tu as lu récemment Beautiful Bastard ? Et de deux, c’est quoi ce BAM ? Me sauter ? Merde Clary ! Non, je croi…
-que c’est une coïncidence ? Oh non, crois-moi Lucy, dans la vie j’ai appris une chose, les coïncidences c’est des conneries qui servent d’excuses pour justifier des faits !
Je soupire lentement en essayant de me calmer intérieurement. Ensuite je décide de me partir rejoindre mon bureau, en laissant mon amie en rajoutait d’avantage de ce que je décris toujours comme une coïncidence, le seul fait réel existant, c’est ce qui vient de dire Gabriel, ce nouveau patron vire déjà des employés dès son premier jour, et franchement je n’ai pas envie d’en faire partie, j’ai bossé dur pour en arriver là.