14.Le corps d’Asaléa, la pauvre folle qui était née en quelque vieux bourg de la vieille Autriche, avait donc repris l’immobilité de la mort. Mais l’âme qui avait remplacé celle de l’Allemande, cette âme mystérieuse et peut-être d’origine infernale, qu’on avait substituée à la première, veillait dans ce corps privé de sentiment. Et voici ce qu’elle vit. Elles sont là toutes trois, les sœurs aux bras nus et aux verts cheveux, nonchalamment étendues sur une fraîche natte tressée d’ajoncs marins, au fond de ce palais de marbre et de porphyre que le Destin habite et au-dessus duquel l’Océan roule ses flots tumultueux. Elles sont là les trois sœurs que les poètes ont dépeintes vieilles et laides, avec des cheveux blancs et des mains décharnées, filant et coupant tour à tour le fil des humai


