21.Nous eûmes à peine le temps de pousser un cri que déjà nous étions tous à la mer. Le récif sur lequel notre navire s’était brisé était à fleur d’eau. Mostar, quoique vieux, nageait vigoureusement ; quant à Kougli-Hassan, il avait passé sa jeunesse à Saint-Jean-d’Acre et il faisait plusieurs lieues en mer sans se fatiguer. Moi-même j’étais un nageur intrépide. Mais la plupart de mes serviteurs, enfants des montagnes, étaient peu familiers avec la mer. Judasich lui-même ne savait pas nager. Et puis le brouillard était si épais que sans les cris de détresse que poussaient mes compagnons, j’aurais pu les croire déjà morts, car je ne les voyais point. Le pilote, qui se trouvait à la barre au moment de la catastrophe, avait dû tomber à la mer un des premiers. J’entendis la voix de Moc


