Episode 7

2323 Mots
Les mots de Melissa avaient quelque peu réconforté son frère. Elle pensait à lui parler de ce qu’avait dit Justin plus tôt mais elle avait encore jugé mieux de garder cela pour elle en attendant de voir si leur situation pouvait changer. Ils avaient rejoint les autres au séjour. Tous riaient aux éclats en regardant une série télévisée. Pour ne pas inquiéter leur mère, ils engagèrent des commentaires. Au bout d’une dizaine de minute, le chef de famille rentra. Le petit junior qui aimait beaucoup son père alla vers lui. Junior : bonsoir papa Pa’a Paul : il y’a quoi à manger dans cette maison ? J’ai faim Melissa : il y’a un jour où tu n’as pas faim ? Personne ne le gérait. Il alla se servir tout seul dans la marmite. Empestant l’alcool, respirant la fumée des cigarettes, il mettait tout le monde mal à l’aise. Melissa se leva et lui arracha son plat de nourriture. Pa’a Paul : on a un problème ? Tu prends ma nourriture pourquoi ? Melissa : tu pars te laver, tu te changes jusqu’à ce que l’odeur de mort que tu es entré avec s’en aille. Après tu viens prendre ta nourriture. Il se dit qu’elle plaisantait. Pa’a Paul : orrr Melissa, j’ai faim. Laisse-moi manger. Melissa : est-ce que je suis même encore avec toi ? Perds le temps, tu vas venir qu’on a fini de manger ça. Son autorité avait pris de l’ampleur avec le temps. Elle savait arracher le respect de tous. Contrarié par la situation de son frère, elle avait décidé sans lui en faire part d’aller voir son patron le jour suivant. Très tôt le matin pendant que tous dormaient encore, elle se leva, s’apprêta et se mit en route pour le bar. Le patron vivait derrière le bar. A son arrivé, un groupe d’homme était devant la clôture. Elle n’eut pas peur d’aller vers eux malgré leur apparence repoussante. Melissa : je veux parler avec votre boss -tu es alors culoté ma petite. Tu penses que c’est la cour de ton père ici ? Melissa : je n’ai pas beaucoup de patience aujourd’hui. J’ai d’abord mal dormi, j’ai mal à la tête. Ou tu pars chercher ton boss ou j’entre moi-même. Elle sortait encore ses griffes de tigresses. Le boss qui avait entendu son arrivé sortit en souriant. Il s’approcha d’elle et lui prit la main. Ils se mirent à marcher. Melissa : tu sais pourquoi je suis là Boss : je le sais. Je sais aussi que je ne vais pas revenir sur la proposition que je faite à ton frère. Melissa : il travaille pour toi depuis cinq ans déjà. Tu lui propose ces choses pourquoi ? Tu sais très bien que nous avons besoin qu’il garde son poste. Boss : il s’est fait beaucoup de client en cinq ans. S’il se lance dans le cycle il va rapidement grimper. Je ne sais pas pourquoi tu ne veux pas comprendre ça. Il va vous rapporter plus d’argent, vous pourrez sortir de votre vieille maison et tu pourras même laisser tes avocats. Melissa : donc s’il refuse, il ne va plus travailler pour toi, n’est-ce pas ? Boss : c’est parce que je connais votre mère que je le laisse partir aussi facilement. Je ne suis pas du genre à trahir mes amis. Melissa : c’est compris ! Tu peux déjà afficher recherche d’un gérant de bar. Considère que mon frère a déjà refusé. Je préfère sombrer dans la pauvreté plutôt que de vivre cette vie. Ecrasez vos drogues et puis fumez-les. Elle s’en alla en colère. Elle voulait voir Justin pour qu’il lui explique mieux cette histoire de migration. Elle se dit que c’était peut-être leur porte de sortie. A son arrivé, celui-ci prenait une douche. Il vivait dans une petite chambre au centre-ville. Lançant un coup d’œil à l’intérieur, elle aperçut Justin sous la douche. Il n’avait pas fermé la porte. Il croyait être seul sur terre. Elle voulut baisser la tête mais ce qu’elle voyait lui chatouillait le corps. Lorsqu’il se frottait le torse, elle se touchait la poitrine. La bouffée de chaleur qui montait en elle était là depuis fort longtemps. Elle s’était repliée sur ses sentiments envers cet homme pour mieux s’occuper de sa famille. Elle se disait à l’instant qu’elle devait se donner une chance de vivre ce dont lui parlait Justin. Il s’était rendu compte qu’elle le regardait. Il avait ralenti le rythme avec lequel il se touchait le corps. Il l’enflammait et en était content. Ne pouvant plus supporter, elle voulut s’en aller. Justin : Melissa, attend ! J’ai presque finit Il fit vite de se sécher et sortit de la douche. Il avait sa petite serviette sur lui. Il alla fermer la porte. Elle se leva brusquement. Melissa : pourquoi tu fermes la porte ? Justin : je veux m’habiller, non. Melissa : d’abord tu ne savais pas que c’était ouvert ? Il lui sourit. Sans se soucier de quoi que ce soit, il laissa tomber sa serviette. Melissa se retourna. Priant que ce moment passe rapidement. Elle sentit une main sous ses hanches, puis une autre main sous ses fesses. Elle voulait se débattre, elle était faible. Elle se laissa caresser, elle se laissa toucher. N’ayant jamais été touché, elle vivait une sensation nouvelle. La raison de sa venue n’était pas de f***********r. Elle réussit à le repousser. Melissa : je suis là pour que tu me parles de tes trucs de migration là. Justin : pourquoi tu me repousses ? Melissa : tu dis qu’il faut quoi pour partir ? Justin : il faut juste de l’argent. Dès que tu as l’argent tu peux partir. Melissa : c’est pour quand le départ ? Justin : dans deux mois. Le bus vient nous prendre et puis on part jusqu’à la capitale. On quitte de là pour le grand nord. Melissa : je vais en parler à mon frère. Je ne peux pas prendre cette décision sans lui. Justin : les places sont limitées. Il va nous ralentir. Nous pouvons allez plus vite si nous sommes juste deux. Je ne veux pas trainer le pas en route. Melissa : je te dis que je vais d’abords en parler à mon grand frère. Je ne peux pas quitter ma famille comme ça. Justin : toujours ta famille. Quand est-ce qu’on va véritablement vivre notre relation ? Chaque fois tu me parles de ta famille. Je n’en peux plus. C’est mieux qu’on arrête même. Melissa : qu’on arrête quoi ? On ne va rien arrêter et je vais faire ce que je dis. Justin : même f***********r c’est une demande qu’il faut formuler et certifier. C’est quoi Melissa ? Melissa : tu as signé sans lire ? Tu ne me connaissais pas avant ? Pardon épargne moi tes humeurs. J’ai trop à faire pour penser à f***********r. C’est forcé ? En tout cas je pars. Je te tiendrai au courant de ce que mon frère va dire. Elle s’en alla. Elle ne savait pas encore par quel moyen elle allait parler à son frère de ce projet risqué. Ce jour, elle n’avait pas travaillé. Fabrice devait surement être au bar pour son dernier jour. Elle y retourna. A son arrivé, son frère était à l’extérieur. On lui avait refusé l’entrée. Melissa : tu ne travailles pas ? C’est le dernier jour, non ? Fabrice : ils disent que je n’ai même plus le droit d’entrer ici. Le boss me doit pourtant mon salaire de cinq mois. Ils disent que je vais rentrer sans rien. Melissa : attends un peu, ils ne veulent pas te payer ? Cinq mois comme ça là ? Ils disent quoi ? Fabrice : s’il te plait restes en dehors. Ces gens sont dangereux. Si tu tentes on ne va plus marcher dans ce quartier. Allons d’abord réfléchir et ensuite on va voir comment aborder le boss. Melissa : réfléchir sur quoi ? Tu joues avec l’argent ? Le NKAP ? C’est toi qui veux qu’on marche sur toi. Attends-moi ici. Elle alla dans le bar. Prit place et commanda une bouteille de bière. Le boss était dans un coin avec des filles qui n’étaient certainement pas ses femmes. Elle profita d’un moment de discrétion pour prendre quelques photos du monsieur. Il se rendit compte qu’elle venait de faire quelque chose. Il laissa les jeunes demoiselles et alla vers Melissa. Boss : tu viens de faire quoi ? Melissa : je viens de te filmer en train de caresser les seins de toutes ces filles. J’ai déjà envoyé une copie à quelqu’un pour garder. Dès que tu me parles mal j’envoie ça à tes femmes. Pourtant si tu es gentil comme moi, je supprime. Boss : tu joues avec le feu Melissa : je suis née dans le feu. Demande à ma mère. Boss : tu veux quoi ? Melissa : Je veux que mon grand frère reçoive son dû. Je ne demande même pas une augmentation, je veux juste qu’il ait sa paie de cinq mois. C’est tout ce que je demande. Il la regarda longuement. Boss : qu’est-ce qui me garantit que tu vas supprimer ces photos ? Melissa : je ne fais pas les choses de la honte. Dès qu’on est quitte je m’en vais. Ma vie me dépasse pour que je te fasse du chantage inutile. Paie mon frère et séparons-nous en bon terme. Boss : je vais lui faire un dépôt d’argent dans son compte Melissa : dès qu’il reçoit l’argent je supprime les photos. Bye ! Boss : tu n’as pas payé ta bière. Melissa : enlève sur le salaire de mon frère. Elle s’en alla. Aucun signe de sourire sur ses lèvres depuis plusieurs jours déjà. La situation précaire dans laquelle elle vivait l’inquiétait de plus en plus. Sur le chemin du retour avec son frère, elle ne disait point mot. Fabrice : c’est mon renvoi qui te dérange comme ça ? Je vais trouver un autre travail. Melissa : pour qu’on te vire encore un jour à cause des faussetés ? On doit trouver un autre moyen. Fabrice : dis-moi ce que tu as en tête Melissa : Justin m’a parlé d’un truc, les choses de migrations là. Je crois qu’on peut essayer pour voir. Fabrice : moi aussi j’ai pensé à ça mais c’est tellement risqué. On peut ne jamais revenir, mourir atrocement en route. Melissa : tu penses qu’on va devenir quoi si on reste ici ? La vie dans ce pays n’en vaut pas la peine. Pour ma part on doit bien y penser. Le départ pour la première vague c’est dans deux mois. On y va et on fait comme on peut faire. On va survivre. Fabrice : maman n’acceptera jamais ça. Melissa : on va trouver les mots pour la convaincre. On doit partir. Il faut qu’on sorte de cette galère. Fabrice : il faut qu’on ait de l’argent. Ce n’est pas une petite somme. Il faut qu’on ait de quoi manger, boire. On va faire ça comment ? Melissa : nos économies peuvent suffire pour qu’on survive même deux mois en route puisqu’il ne s’agit que de nos ventres à nous deux. Justin va se battre seul, il n’est pas pauvre. Cherchons maintenant l’argent pour pouvoir payer la traversé. Fabrice : et dire qu’on en est là. Melissa : à croire que Dieu nous a oubliés. Ils rentrèrent à la maison. Une fois arrivé, la mère était bien installer dans la cuisine. Sa santé était pétillante. Elle remarqua le visage de ses enfants qui étaient abattus. Ils s’assirent et commencèrent à grignoter des épis de maïs braisé. Ma’a Martine : c’est quoi ? Vous avez quoi ? Melissa : on a un projet dont on doit parler avec toi. Fabrice : on lui dit ça maintenant ? On n’est même pas encore sûr. Melissa : moi je suis déjà sûr Ma’a Martine : mais parlez Melissa : on va partir chercher l’argent ailleurs pour un temps. On nous a fait une bonne proposition qui peut être très bénéfique dans le futur. Nous voulons nous lancer. On va juste devoir partir pour un bon moment. Ma’a Martine : il s’agit de quel genre de travail ? C’est dans quelle ville ? Qui vous a proposé ça ? Fabrice : ce n’est pas dans ce pays. On va quitter le pays Ma’a Martine : héééééé mes enfants ! La joie va me finir. Vous avez fait ça comment ? Vous allez entrer dans l’avion ? Qui vous amène comme ça ? Je veux voir la personne. Melissa : on ne va pas entrer dans l’avion ma’a. C’est du genre… On va partir… Fabrice : on va partir clandestinement. On va traverser la frontière et… La maman se leva de son siège brusquement. Son visage se froissa et devint rouge de colère. Ma’a Martine : c’est sur mon cadavre que vous allez passer. Les gens meurent sur ces routes. Vous avez déjà vu quelqu’un qui est rentré de là ? Vous n’irez nulle part. Tant que je vivrai vous n’irez nulle part. Mourrons dans notre pauvreté. Qui a mis ça dans vos têtes ? Dites à la personne que j’ai refusé. Melissa : Fabrice n’a plus de travail. On va bientôt me prendre mon stand au marché. On a un père qui ne fait rien de sa vie. On va vivre comment ? On s’en va pour deux mois et on rentrera avec suffisamment de moyen pour mieux vivre. Ma’a Martine : si ce n’est que ça alors vivons mal. Je ne suis pas prête à entendre qu’il vous est arrivé quelque chose. Une mare de larme les envahit tous. Melissa et Fabrice se levèrent et se mirent autour de leur mère. Ils la prient dans leurs bras. Ils pleurèrent avec elle. Melissa : on te reviendra maman, c’est promis, on va revenir.
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