Les pleurs de Martines n’avaient pas empêché à ses enfants de commencer à planifier leur projet. Il fallait trouver une somme d’argent conséquente pour partir. Le salaire de Fabrice lui avait été remis par son boss. Ce matin, ils devaient rejoindre Justin pour qu’il les conduise chez un homme qui avait des informations complémentaires sur l’immigration clandestine. Ils étaient encore à la maison et s’prêtaient pour partir. Leur Mère ne cessait de réfuter cette idée.
Ma’a Martine : si vous êtes mes enfants et que vous m’aimez, vous devez oublier cette idée de partir. Il y’a la fille de Ma’a para qui était parti comme ça. Elle est resté jusqu’à on a seulement envoyé les habits que l’enfant la s’est noyé. Vous voulez partir où comme ça ? Pensez à moi.
Melissa : ne nous compare plus aux enfants des gens. On va s’en sortir. On va même bientôt rentrer. Tu vas voir. Justin a dit que c’est trois mois de voyages si on a trop duré en route.
Fabrice : on a encore six semaines pour compléter l’argent que nous avons déjà. On aura de quoi nous nourrir pendant au moins six mois. Tu nous connais avec l’économie.
Melissa : faut pas t’en faire la mère, on va rentrer en entier.
N‘étant toujours pas convaincu, elle mit une main sur sa joue et prit la position d’une malheureuse. Ses enfants s’en allèrent sous ses yeux attristés. Sur le chemin, ils revenaient de temps à autres sur les dires de leur mère.
Fabrice : maman dit vrai pour la fille de Ma’a Para hein, elle était morte comme ça.
Melissa : même la noire fille du marché qui faisait comme si elle ne chiait pas là, elle n’est jamais revenue. Il n’y a aucune nouvelle d’elle. Chaque jour sa mère pleur au marché. L’affaire-là n’est pas facile hein
Fabrice : peut-être c’est mieux que je parte seul. Là, même s’il m’arrive un truc ou si je dure tu restes avec mama
Melissa : je ne sais même pas à qui tu es en train de parler hein, je n’ai rien entendu.
L’idée de son frère n’avait pas franchi ce ne serai ce que son oreille. Ils avaient continué leur chambre jusqu’à la chambre de Justin. Celui-ci qui n’attendait que Melissa fut furieux de la voir avec son frère. Il les accueilli sans cacher sa colère. Une fois assise, Melissa ne manqua pas de faire une remarque sur son comportement.
Melissa : on vient te voir tu fais comme si on sentait ? On a un problème ?
Justin : je ne me sens juste pas bien. Je suis en manque d’amour
Melissa : le jour où l’amour va remplir mon ventre de nourriture, je vais te donner raison. On part déjà voir ton ami ou bien tu as encore une autre plainte ?
Justin : il va venir nous trouver ici dans une heure de temps.
Fabrice : si c’est comme ça je vais aller voir ma copine avant de revenir. Elle m’a demandé de la chercher dès que j’ai un peu de temps libre. Je ne sais pas ce qu’elle a d’urgent à me dire.
Justin : j’espère qu’elle n’est pas enceinte hein
Fabrice : pardon ne mets pas les choses comme ça derrière moi. La vie est déjà assez dure.
Il s’en alla. Le sourire revint sur les lèvres de Justin. Il ferma la porte et s’assis tout prêt de Melissa.
Justin : pourquoi je t’aime mais toi tu ne m’aime pas ?
Elle se sentit toucher au cœur. Derrière cette fille dure à cuire sommeillait une jeune enfant qui manquait de paix intérieure dans sa vie. Exprimer ses sentiments était pour elle la plus difficile des épreuves.
Melissa : je suis comme je suis, tu veux que j’y fasse quoi ? Je suis obligé de te dire que j’aime pour que tu le sache ?
Justin : calmes-toi ma tigresse, reste calme. Ce n’est que moi, tu n’as pas à sortir les griffes.
Il lui passa la main sur la joue. Elle sentit une folle envie de se libérer de tout ce qu’elle avait dans la tête.
Melissa : ce n’est pas que je ne t’aime pas. Je t’aime depuis notre rencontre. Ma vie est juste sens dessus dessous. Je ne sais plus quoi faire. Je suis dépassé par les évènements. Fabrice a été chassé du travail, mon stand est déjà scellé. Je vais trouver l’argent où pour payer ces histoires d’impôts ? Maman veut seulement mourir depuis qu’on lui a dit qu’on allait partir. Elle ne tiendra pas s’il nous arrive malheur en route. On ne peut pas non plus rester comme ça à attendre que la vie nous montre ses dents.
Justin : je t’écoute ma tigresse, dis-moi tout
Elle s’enfouit dans ses bras.
Melissa : je ne suis plus une petite fille qui a juste besoin de manger. Je ne peux pas me remettre à vendre avec un plateau sur la tête. Mon frère ne peut plus porter les sacs des gens au marché. Je ne sais pas comment convaincre mama de nous laisser partir sans trop en souffrir.
Justin : elle va finir par comprendre. En plus mon réseau est sûr. On va partir et dans un an au plus tard on va revenir. Mon ami arrive, il va vous dire et vous verrez que ce n’est pas la blague.
Melissa : c’est parce que c’est toi qui a proposé que j’ai même accepté.
Justin : pourquoi tu n’as donc toujours pas confiance en moi ? Je veux de toi, je te désire ma tigresse.
Melissa : est-ce que c’est le moment pour le faire ? On est là avec tout genre de problème et toi tu penses à f***********r ?
Il la tira au creux de ses bras et prit ses lèvres violements. Brutale de nature, elle sauta sur lui. Entre caresses brutales et baisers violents, elle ne manquait de pousser des petits cris. Pendant le vif de l’action, elle s’arrêta.
Justin : quoi ? What ? Pourquoi tu t’arrêtes ?
Melissa : préservatif, je ne suis pas prête à porter l’enfant au désert
Justin : je vais m’arrêter quand la jouissance va venir. Je ne vais pas jouir en toi.
Melissa : c’est pour ta famille et toi. No préso, no b***e. Mes charges me suffisent déjà.
Justin : tu n’as donc pas confiance en moi ? On fait quoi ensemble si tu ne crois pas en moi ?
Melissa : je parle tu crois que je blague ? Laisse-moi d’abord
Justin : d’accord, d’accord ! On va faire comme tu veux.
Il lança la main sous son oreiller et y enleva un préservatif. Après l’avoir enfilé, il dégusta ceux dont il rêvait depuis des mois. Le plaisir étant son plus grand objectif, il profita de la discrétion de Melissa pour élever la c****e. Si son destin était déjà scellé à cause de sa décision de voyager, il l’était encore plus à cause de cet homme qui valorisait plus l’idée d’être l’aman de la fille la plus difficile de la ville.
Ils avaient vite fait de se rhabiller, tout rager et ouvrir la porte à celui qui frappait. C’était Fabrice. En voyant les cheveux de sa sœur désordonnés, il avait compris ce qui se passait. Quelques minutes après, leur invité spécial arriva. Les présentations furent faites. Ils prirent place et commencèrent la discussion qui les réunissait. Le monsieur leur expliquait comment les choses allaient se passer.
-vous n’avez même pas à vous en faire. Dès que vous arrivez là, il y’a mon ami qui va vous employer dans son industrie. Il fait dans la transformation de produit agricole. Il vous attend dans trois mois.
Melissa : on va nous payer combien là-bas ?
-on parle là de l’une des plus grandes industries. Il a développé ça pendant des années. Il donne du travail et un logement à toutes personnes qui y arrivent. Il paie la scolarité des enfants et s’occupe des personnes âgées. En même temps il prépare les papiers de chacun pour que le séjour à l’étranger devienne légal. Une fois bien assis vous lui remboursez 50% de ce qu’il a déboursé sur vous.
Melissa : c’est bien beau tout ça. Le seul problème c’est de pouvoir y arriver.
-même l’autre là n’est pas un problème. Chercher l’argent pour le carburant quittant d’ici au grand nord. C’est là-bas le grand départ. Vous cherchez également l’argent pour que les gars du désert vous aident à traverser et enfin vous chercher l’argent pour prendre le bateau jusqu’au pays où on va. C’est tout.
Fabrice : on va faire combien de temps en route ?
-on en a pour moins de trois mois si on traverse rapidement le désert. Si vous avez plus d’argent vous pourrez avoir un chameau si non c’est à pieds. Le tout c’est d’avoir à boire et à manger. Dès que vous êtes équipé en ces deux choses, vous ne souffrez plus de rien.
Fabrice : on est combien à devoir y aller ?
-une cinquantaine. Nous ne voulons pas amener trop de personne pour éviter la surcharge. Dès que vous avez l’argent, vous me faites signe. On part dans Un mois, Justin vous a dit n’est-ce pas ?
Fabrice : il a dit deux mois. L’argent qu’il faut par tête c’est combien ?
Le monsieur leur tendit un bout de papier sur lequel il y’avait la somme d’argent inscrite. Un silence de mort s’installa. Cette somme représentait la moitié de ce que Melissa et Fabrice avait déjà en leur possession.
Melissa : avant le départ nous aurons la totalité de l’argent. Nous vous ferons signe.
-vous savez que ce sont des choses qu’il faut garder secret. Evitez d’en parler autour de vous sous peine qu’on perde tout. Faites-nous confiance pour ce voyage. Ça va aller.
L’affaire était conclue. Il fallait désormais travailler d’arrache pieds pour doubler la somme d’argent qu’il fallait. Jours et nuits, Melissa et son Frère prenaient quelques billets à gauche et à droite à en perdre leur sommeil. Le mois était passé, le somme n’était toujours pas complète, il prenait du retard. Ne pouvant laisser ses enfants se battre seule, Martine avait emprunté à la réunion pour compléter leur argent.
Le moment de s’en aller avait sonné. Leur père qui passait un jour sur sept à la maison n’était pas courant de ce qui se passait. Par peur qu’il n’aille tout dévoiler, tous lui avaient caché la situation. Placés devant la grande gare routière, Martine ne savait pas en quelle langue dire au revoir à ses enfants.
Ma’a Martine : il n’y a pas moyen que vous changiez d’avis ? L’argent qu’on a réuni peut même vous faire lancer quelque chose de rentable ici. Ne partez pas
Melissa était accrochée au bras de son frère. Elle souffrait de devoir se séparer de sa mère mais tout était déjà prêt.
Melissa : on va revenir mama. On part pour quelques mois seulement. Vois comment nos sacs sont remplis de nourritures. Est-ce qu’on peut partir comme ça on souffre en route ? On va bien faire les choses.
Fabrice : on va se battre pour t’appeler tous les jours. Il faut seulement nous envoyer le crédit ou bien tu appels.
Le signal de départ fut lancé. Il fallait se séparer. Martine prit ses enfants dans ses bras. Elle resta là à les regarder s’éloigner sans savoir si un jour ils reviendraient. Une fois dans le bus, Il n’y avait plus de place. Melissa et Fabrice avaient pourtant un billet chacun. Ils regardèrent le numéro de leur siège sur le billet. Ils se rendirent compte que d’autres personnes y étaient assises.
Melissa : je vais les porter avec les pieds
Fabrice : blague
Ils allèrent jusqu’à leur siège.
Melissa : je crois vous avez confondu de siège. Ici ce sont nos places s’il vous plait, voici le numéro
La jeune fille qui était assise sur l’un des sièges ne répondit pas. Celle d’à côté répondit,
-vous êtes en retard, ça ne me regarde pas. Il fallait venir tôt. Vous allez voyager débout.
Justin arriva à son tour en retard. Son siège était également occupé. Melissa déposa son sac par terre. Retroussa les manches de son pull.
Melissa : je vous répète qu’il s’agit de nos sièges et que vous devez dégager. Ce matin je suis contente et donc très gentille.
-on ne se lève pas.
Melissa : je suis capable de t’arracher tes cheveux qui sont déjà rasés devant là. Je te porte avec et tu finis à l’extérieur de ce bus. Il faut avoir peur de mon œil, je suis méchante. Très méchante.
L’une d’elle prit peur et se leva. Sa copine fit de même. Justin alla réclamer son siège et s’assis également.
Le bus avait fait trois heures de route lorsque Melissa sentit sa tête tourbillonner. Une envie de vomir s’empara d’elle. Elle se dit que c’était à cause du bus qui balançait dans tous les sens.