IVEn rentrant chez lui, Pierre trouva sur une table les deux dernières petites affiches du comte Rostoptchine : dans l’une il niait avoir défendu aux habitants de quitter la ville, comme on en faisait courir le bruit. Il engageait donc les dames de la noblesse et les femmes des marchands à ne pas s’éloigner, car, disait-il, ce sont toutes ces fausses nouvelles qui causent la panique, et je réponds sur ma vie que le scélérat n’entrera pas à Moscou ! Cette déclaration fit clairement comprendre à Pierre, pour la première fois, que les Français y viendraient assurément. La seconde affiche disait que notre quartier général était à Viazma, que le comte Wittgenstein avait battu l’ennemi, et que ceux qui désiraient s’armer trouveraient à l’arsenal un grand choix de fusils et de sabres à prix rédui


