Chapitre douze : "L’étincelle dangereuse"

900 Mots
Hugo Depuis le début de la matinée, je sens une tension particulière dans l’air. Chaque regard échangé avec Noah semble jeter de l’huile sur le feu, et aujourd’hui, il ne se prive pas de répliquer à chaque commentaire que je lui adresse. Ce gamin me pousse à bout. Sa façon de répondre, son ton provocateur… il sait exactement comment appuyer là où ça fait mal, comme s’il prenait un malin plaisir à me voir perdre mon calme. Alors que je termine une remarque sur un document qu’il vient de m’apporter, il lève les yeux au ciel, un sourire narquois aux lèvres. — Vous savez, Monsieur Moreau, si mes rapports ne sont jamais à la hauteur, peut-être qu’un bon chef pourrait donner des instructions plus claires dès le départ, lâche-t-il d’un ton faussement respectueux. Je le fixe, sentant la colère bouillir en moi. Ce n’est pas la première fois qu’il ose un commentaire de ce genre, mais aujourd’hui, je suis à deux doigts de craquer. Sans un mot, j’attrape son bras et l’entraîne vers mon bureau. Nous passons devant **Léo-Paul**, qui, sans manquer une occasion, se redresse et lance à haute voix : — Oh, on dirait qu’il va y avoir un conseil disciplinaire ! Hugo, sois gentil, laisse-lui au moins une chance de s’expliquer avant de le manger tout cru ! Je lui lance un regard noir, mais Noah, lui, retient un sourire, visiblement amusé par la situation. Une fois dans mon bureau, je claque la porte derrière nous. Le silence qui s’installe est lourd, et la tension palpable. — Alors, Belair, dis-je d’une voix glaciale, vous pensez que c’est un jeu ? Que vous pouvez vous permettre de défier chaque ordre que je vous donne sans conséquence ? Il se contente de croiser les bras, un sourire de défi au coin des lèvres. — Ce n’est pas de ma faute si vos ordres sont parfois aussi rigides que vous, Monsieur Moreau. Je sens le contrôle m’échapper peu à peu, mes poings se serrent, et une part de moi réalise que ce n’est pas seulement la colère qui monte en moi. C’est cette alchimie, cette attirance que je m’efforce de repousser chaque jour. Mais aujourd’hui, il semble bien décidé à me tester. — Vous jouez à un jeu dangereux, Noah, murmuré-je, m’approchant de lui, mes yeux plantés dans les siens. Il ne recule pas, au contraire, il reste là, le menton relevé, et je perçois une lueur de provocation dans son regard. Sans vraiment réfléchir, je le plaque contre la porte, sentant son souffle rapide, son regard rivé au mien. — Vous avez une façon très… particulière de vous rebeller contre l’autorité, dis-je d’un ton plus bas. — Peut-être que c’est votre autorité que j’ai du mal à respecter, Monsieur Moreau, réplique-t-il, un sourire joueur sur les lèvres. Il a gagné. Mon contrôle vacille, et je sens que je suis sur le point de céder. Je m’approche, mes lèvres à quelques centimètres des siennes, mais alors que je m’apprête à franchir cette limite, la porte derrière nous s’ouvre brusquement, nous faisant sursauter. Léo-Paul se tient là, un sourire goguenard sur le visage. — Eh ben, je vois qu’on est passé aux choses sérieuses ici ! Désolé de vous déranger, mais j’étais venu pour assister à la… remontée de bretelles officielles. Je recule précipitamment, le cœur battant, essayant de retrouver mon calme. — Tu n’interromps rien du tout, espèce de t*********l, répliqué-je, tentant de sauver la face. Je remettais simplement à sa place ce cher stagiaire qui croit qu’il peut tout se permettre. Noah, quant à lui, essaie tant bien que mal de retenir un sourire, ses joues légèrement rouges. Léo-Paul éclate de rire, se penchant dans l’embrasure de la porte. — Ah, oui, évidemment ! Quand on veut "recadrer" un stagiaire, on le colle à la porte et on le regarde droit dans les yeux comme si on allait… bon, passons. J’espère au moins que "monsieur le patron" n’a pas trop fait peur à notre pauvre Noah. Je roule les yeux, serrant les dents pour ne pas réagir davantage, tandis que Noah reprend enfin la parole, son ton faussement innocent. — Ne vous inquiétez pas, Léo-Paul, j’ai survécu. Monsieur Moreau a juste… un style particulier pour gérer ses employés, disons. Léo-Paul éclate de rire une fois de plus, hochant la tête. — Eh bien, je vous laisse à votre "remontée de bretelles". Mais, Hugo, essaie de ne pas… comment dire, être "trop" convaincant dans ta méthode, hein ? Il pourrait te faire craquer. Il me lance un clin d’œil moqueur avant de s’éloigner, refermant la porte derrière lui. Je me tourne vers Noah, qui me fixe toujours avec cette étincelle de défi dans les yeux. Je prends une profonde inspiration, tentant de maîtriser la tension qui bouillonne en moi. — Retournez à votre poste, Belair. Et veillez à faire un peu moins de… provocation à l’avenir. Il esquisse un sourire en coin, inclinant la tête d’un air respectueux, mais je sens bien qu’il n’a aucune intention de s’arrêter là. — Bien entendu, Monsieur Moreau, dit-il avec une fausse politesse. Je tâcherai de me… contenir. Il sort, refermant la porte derrière lui, et je reste là, le cœur battant la chamade, réalisant combien je suis proche de perdre le contrôle. Cet équilibre fragile, ce jeu dangereux… je ne sais pas combien de temps je vais encore pouvoir y résister.
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