L’opportunité
Ariel
Il devait être environ quatorze heure, et le soleil brûlait déjà la peau des personnes qui s'aventuraient dans les rues du plateau.
Derrière ces airs de paradis et gratte ciel, la vie à Abidjan était dur, mais personne ne voulait retourner au village, il fallait coûte que coûte réussir sa vie ici, c'était la mentalité de tous.
S'en aller, mais où ? Pour moi qui n'était qu'une orpheline, je n'avais plus de chez moi, je n'avais plus personne à part Mike.
Mike était cet homme que j'avais rencontré sur la fac et l'une des meilleure chose qui me soit arrivée depuis ces dernières années, il avait toujours été là pour moi, mais c'était avec un grand plaisir qu'il avait decidé de m'héberger, je lui devais tout.
C'est en expirant fortement que je me suis rendue compte que je venais de déposer la dernière demande d'emploi, priant pour que cette fois soit la bonne.
Alors fière de moi, je pris le bus et m'en allait chez moi.
À mon arrivé, Mike n'était pas encore venu, je profitais donc pour m'afaler dans un fauteuil tout en débarrassant mon sac.
La maison dans laquelle il m'avait hébergé n'était pas un duplex mais c'était un petit havre de paix dans un petit quartier de Port Bouet, celui de derrière warf, le quartier qui abritait l'aéroport international du pays.
C'est ainsi que je tombais sur un prospectus que m'avait laissé un jeune homme au Plateau, OPPORTUNITÉ DE TRAVAIL EN ASIE SUR ET VIABLE.
Je regardais le petit papier avec un sourire en coin, c'était sûrement de l'arnaque, je le pliait donc et le remis à sa place.
Il devait être dix huits heures quand Mike rentra et comme d'habitude je vais l'accueillir en le prenant dans mes bras, mais ce soir là, il semblait être vide...
- Mon coeur, ça va? Je demandais inquiète.
C'est un regard triste qu'il lança sur moi avant de s'asseoir dans l'un des fauteuils.
- Finalement, tu as trouvé un job? Demanda t-il d'une voix morte.
- Comme d'habitude, j'ai déposé presque partout, j'attends encore!
Il secoua alors la tête et s'attrapa le front, j'ignorais ce qu'il avait mais j'étais morte d'inquiétude.
- Ça va?
Il me fit un petit sourire timide avant de me prendre dans ses bras, ça n'allait pas c'était sur.
- Je serai toujours là pour toi Mike, comme tu as été là pour moi.
Son sourire s'élargit et il commença à m'embrasser, c'était le seul homme que j'avais embrasser, mais je savais qu'il avait les meilleurs baisers du monde.
Ses mains commencèrent à parcourir mon corps qui s'emplissait peu à peu de frissons, je ressentais toujours la même chose à chaque fois.
- Laisse moi faire plus! ( Lâcha t-il en un soupir).
Je me crispais aussitôt et baissa la tête, bientôt deux ans que cette histoire revenait à chaque fois, je ne voulait pas aller plus loin hors mariage.
- Mike, on en a parlé...
Son visage se décomposa et il se dirigea vers la chambre, il était faché.
Chaque fois c'était pareil, la même discussion, la même finition.
J'en avais marre, mais rester vierge jusqu'au mariage était un défi pour moi, un hommage à la mémoire de ma défunte mère, j'aimais Mike plus que tout mais je ne pouvais pas lui permettre cela, et même si cela allait causer encore et encore des disputes.
Comme d'habitude, je lui fis un repas appétissant des quelques sous que j'avais récolté de ma vente de beignets de la veille tout en le suppliant de me pardonner.
- Tout ce que je te demande c'est le mariage, et après ça tu auras libre de droit à mon corps.
Il me lança un regard plein de mépris, c'était la première fois que je voyais ce regard sur moi...
- Parce que tu penses que...
Il coupa ses dires puis expira profondément.
- Ca va, allons manger.
Mike
J'étais plus que embarrassé, Cynthia avait décidé de rentrer plus tôt que prévue et je n'avais pas pu encore profité du corps de l'orpheline.
C'est vrai qu'au début je faisais tout cela pour m'amuser, mais j'ignorais plus que tout qu'elle allait s'attacher de la sorte, j'y voyais même une aubaine pour me la faire.
Mais voilà deux ans, et rien, à vivre de mes finances, et maintenant Cynthia qui ...
Je commençais à prendre mon repas, et l'instant d'un moment j'oubliais tout, elle était peut-être une sangsue mais Ariel a un don pour la cuisine, elle aurait pu développer ce talent et devenir une grande restauratrice, mais à ce moment là elle rencontrera d'autre hommes et s'en ira.
Pour le moment, le problème est de trouver comment la faire partir, du moins jusqu'à ce que ma petite amie retourne en France.
J'avais pitié pour Ariel quand elle parlait de mariage, parce que cette pauvre fille ne savait pas que j'étais juste là pour profiter et que la femme que j'allais épouser n'était pas elle.
Une fois le repas terminé, je prie mes téléphones et sortir de la maison sans dire un mot, j'avais besoin de parler, et qui de mieux que mon meilleur ami!
Je l'appelais donc et nous nous retrouvions dans un maquis du quartier.
Vu que c'était un jeudi, l'endroit semblait pas mal clairsemé et je pouvais parler tranquillement de ce qui m'arrivait.
Dès qu'il me vis , Carl se mis à rire et me donna une tape amicale sur le dos.
- Dès qu'il a cette tronche c'est que Ariel a encore dribblé!( Dit-il d'un ton enjoué)
- Oh, assieds toi avant de m'énerver !
Nous passions tout deux nos commandes et à peine que ma bouteille soit venu, je la vidais d'un trait.
- Doucement Mike, qu'est ce qu'il y a pour que tu soit d'un si mauvais pieds?
- Cynthia vient demain !
Il me regarda avec les yeux grands ouverts et cligna plusieurs fois des yeux.
- Et qu'est ce que tu comptes faire ?!
- J'en sais rien!
Si j'avais décidé de parler de cette situation à Carl c'est parce que je savais qu'il allait m'aider et trouver une solution.
Il fit mine de réfléchir puis frotta son front.
- À quel point tu aimes Ariel?!
Hum? Drôle de question !
- Elle cuisine comme une déesse mais à part ça rien, elle me saoule à longueur de journée et me refuse à chaque fois.
- La seule solution qui s'offre à toi est un peu sordide vu que cela la fera souffrir plus que tout... À moins que tu préfères leur raconter toutes les deux la vérité.
- C'est quoi cette solution ?!
- L'abandonner...
Il resta silencieux un instant puis continua.
- De ce que tu m'as dis, elle a vraiment souffert et ça risque peut-être de l'achever mais je ne vois rien d'autre...
Ma réflexion resta sur pause et je manquais une respiration, je ne pouvais pas lui faire cela, je n'étais quand même pas un monstre?! Ou si ?!
- Ok je t'écoute...
Pendant qu'il parlait mon cœur se serrait à l'intérieur de ma poitrine, elle n'avait rien fait pour mériter cela, cependant il fallait faire un choix, c'était soit elle, soit moi...
Carl
Dès l’instant où Mike m’eut parlé de ce qui le tracassait, un large sourire se posait sur les lèvres.
Depuis le début, je trouvais dégoûtant le fait qu’il soit un homme à femme, le genre d’homme qu’a toujours été mon père, au point de faire souffrir ma mère jusqu’à sa tombe.
Cependant, Carl était mon ami depuis le lycée et j’étais trop froussard pour lui parler de mes ressentiments, je le détestais pour ce qu’il faisait mais j’avais toujours autant besoin de lui.
Ariel était une fille belle, intelligente, raffinée avec un grand esprit, mais le mouton qui me servais d’ami ne l’avais séduit que pour le sexe et pour profiter de ses maigres ressources, si seulement il savait à quel point je souriais intérieurement quand elle se refusait à lui, exigeant d’abord le mariage.
Ce n’était un secret pour personne, elle aimait réellement Mike, mais se résigner à être pure jusqu’au mariage ne faisait que confirmer que cette fille était trop bien pour Mike.
Cette fois c’était une aubaine pour moi pour lui faire prendre une décision qu’il allait sûrement regretter, ce con ne se rendait pas compte encore mais cette fille avait rendu sa vie meilleure.
Mais s’il est si aveuglé par sa stupidité, je ne pouvais que lui donnais un coup de main dans sa connerie.