Ariel
Depuis un moment, la voiture roulait à vive allure, destination l’inconnue.
Shun me tenait fermement la main, un petit sourire en coin, refusant de me dire où on allait.
- Honey tu ne vas toujours pas me dire où nous allons?!
- Je te l’ai dis c’est une surprise!
- J’aime les surprises, mais pas celle là !( Je dis en faisant mine de bouder).
- Allez on y arrivera dans quelques heures.
Je roulais des yeux et pendant un moment, mon regard croisa celui de Odaki dans le rétroviseur, ce qui me fit aussitôt figer, j’en étais sûre, il était en colère contre moi.
Mes yeux le fuyaient aussitôt et se posèrent sur Shun qui semblait avoir remarqué la scène.
- Ariel ça va?!( Dit-il en fronçant les sourcils).
- euh oui…
- Quelqu’un te menace?!Si c’est le cas, fait le moi savoir…
- Ne t’inquiètes pas Honey, j’ai juste un reflux…
La pression de sa main sur la mienne augmenta et il fixa Odaki sans pour autant dire un mot, il ne me croyait pas.
Je continuais à ruminer du fait que je ne l’avais pas parlé du plan avec Odaki, sachant bien que ce dernier est son homme de main, et je culpabilisais.
Après cet incident plus aucun de nous parlait, Shun pianotait sur son téléphone pendant que moi j’observais le beau paysage qui s’offrait à moi, une chose était sûre, on était loin de la ville et tout ces arbres me rappelait un paysage familier de ma vie, celle de nos vacances en campagne, pas d’internet, pas de jeux vidéos, nos journées se composaient uniquement de travaux champêtres et d’élevage à mon plus grand bonheur.
Malgré cette vie rapprochée à la nature qui se déroulait chaque vacances de fin d’année, mes parents refusaient catégoriquement de me parler de leurs familles, et ça en devenait vexant…
Qu’est ce que j’aurai aimé avoir une grande famille, avec des frères et sœurs, des tantes et des oncles, des cousins et des cousines, mais ça toujours été moi, maman et papa contre le monde… et aussi Mike.
Pourquoi je pensais à lui maintenant ?! Il appartenait au passé même si je savais au fond de moi que je l’aimais toujours…
Avec Shun, c’était intense, passionné, vu les circonstances, mais je n’étais pas sur que je ressens ce que j’ai toujours ressenti pour Mike… Shun c’est la braise, le feu, la lave, alors que avec Mike, c’était un cocon doux de brise.
- Qu’est ce que tu veux manger?!( Demanda Shun me faisant sortir de mes pensées).
- Je ne sais pas, je ne connais pas vraiment les noms des repas qu’on m’apporte !
- Oh là là, j’aimerais que la cuisine soit prête à notre arrivée !
- Alors je te laisse décider !
Il resta silencieux un moment puis secoua la tête, mais à quoi il pensait?!
- Ariel qu’est ce que tu veux manger ?!( Sa voix était devenue froide et je vis Odaki nous lancer un regard par le rétroviseur).
- Du riz au légumes….
- Cantonais?!
- Euh oui!
Il sourit aussitôt avant de pianoter encore son téléphone et de me prendre les mains.
- Mon amour, j’aimerais que tu prennes souvent des initiatives, en demandant bien sûr ma permission, mais je te veux réactive, tu peux me faire ce plaisir ?!
On voyait directement en lui qu’il luttais avec deux faces de sa personnalité, le bad boss et l’époux parfait, ça en était effrayant !
Pendant tout le reste du trajet, nous discutions de mon passé avec mes parents, selon ce qu’il disait, il voulais me combler autant que mes parents ou même plus.
- Dit moi concrètement Ariel, comment c’est passé ta vie avec ton ex!
Sa question subite, différente du contexte dans lequel nous étions me surpris et je clignais plusieurs fois des yeux.
- Euh… j’ai vécu avec lui deux ans, je me chargeais de l’entretien de la maison, du ménage et je vendais des beignets pour la cuisine et les factures.
- Et lui il se chargeait de quoi?’
- le loyer et les imprévus…
Cette fois il plissa les yeux puis me fixa.
- Et ton plaisir ?!
- Plaisir ?!
- Il ne te faisait pas de cadeau?! Il ne te faisait pas voyager…
Il se mit à chuchoter puis embrassa ma tempe avant de me caresser le dos.
Une panoplie de sensations naquit en moi et enivrée par son parfum viril, je me projetais déjà dans les draps.
- Il ne te faisait pas sentir ce que tu ressens là !
Ce fut le tour d’un tourbillon de frisson me traversait le corps et je fermais les yeux , j’étais figée entre deux sensations, l’excitation et, la peur…
Même si c’était toujours incompréhensible pour moi, cette question particulièrement posée me mettais mal à l’aise, comme si une mauvaise réponse pouvais me coûter la vie.
Personnellement, je n’avais jamais compris cette obsession pour Shun à vouloir toujours comparer notre histoire à celle que j’avais avec Mike, deux histoires diamétralement opposées !
- Honey…( Je soufflais avec une petite voix).
- Oui?!( Dit-il en posant un b****r dans mon cou).
- Pas…pas ici!
Je le sentis sourire contre ma peau puis il m’embrassa le front avant de reprendre sa place initiale.
- Du coup tu préfères l’élevage c’est ça?!
Mes yeux papillonnaient d’étonnement pendant qu’il faisait un sourire moqueur, après m’avoir troublé, il revenait comme par hasard au sujet de départ ?!
- Shun, tu es un con!
Il me fixa du regard, pendant que Odaki paniquait en nous lançant l’un après l’autre des œillets à travers le rétroviseur.
Dès qu’il daigna enfin bouger après son burn-out, j’appréhendais une colère violente et des coups de poing en fermant les yeux et en protégeant mon visage.
Cependant quand je sentis ces bras sur moi, ce n’étais pas des coups de poing que j’avais reçu mais plutôt un câlin.
- Oui je le sais, un gros con!
Surprise par une telle réaction, j’ouvris enfin les yeux qui laissaient ruisseler des larmes de peur, j’avais craint pour ma vie.
Shun
- Shun, tu es un con!
Sa voix résonnait comme un écho dans ma tête et je souris à l’intérieur de moi, elle commençait à prendre la confiance …et j’aimais cela.
Mon corps se retourna vers elle mais se recroquevilla sur elle même et ferma son visage de ses bras.
Alors c’était ce qu’elle pensais de moi, j’étais v*****t oui, mais ce n’était pas mon genre de battre mon épouse, peu importe la raison.
Dans cet élan, c’était mal parti pour moi de lui donner une bonne raison de m’aimer!
Ainsi donc, par instinct, je la pris dans mes bras, me perdant dans son parfum féminin.
- Oui je le sais, un gros con!
Quand finalement je finis par m’éloigner d’elle,je remarquais qu’elle pleurait.
- Ariel!
- Je… je suis désolée!( Commença t’elle par se justifier), je sais que tu détestes quand je pleurs mais j’ai eu peur !
- Peur?! Tu crois réellement que je vais te battre?! Est ce que j’ai déjà été v*****t avec toi?!( Commençais je en m’énervant).
- Je suis désolée !
J’expirais profondément puis lui fis un large sourire, je devais m’habituer à ces pleurs répétitifs, j’attendrai le temps qu’il faudrai pour qu’elle apprenne à me faire confiance.
- Ca va, ne t’inquiète pas!
La voiture engagea une petite ruelle et je me mis à sourire, nous y étions, le domaine qui m’avait vu grandit.
- Koi, nous y sommes, c’est mon humble demeure d’enfance, je me suis dis que tu t’y plairais.
Mon regard se tourna vers elle et je vis par les étoiles qui brillaient dans ses yeux qu’elle était émerveillée.
Le domaine urbain des Kisoya avait gardé une architecture traditionnelle avec des bambous et des pièces en tatami avec des portes en gaji, mais était aussi grand qu’un château.
L’harmonie de cet habitat avec la forêt qui était juste à l’arrière en faisant un havre de paix où j’adorais me recueillir.
- Alors comment tu le trouves?
- C’est différent de la maison d’Osaka!
- Oui, ici on plonge dans mon univers…