Ariel
Le véhicule venait de s’arrêter après ce qui semblait être une éternité et on nous demanda de descendre, chose qu’on fit sans broncher.
La peur commençait à prendre place et peu à peu, je me rendais compte que cette histoire de travailler en Asie ne tenait pas debout.
Déjà, en plus que ceux qui nous escortaient portaient des armes, personne ne nous expliquais ce qui se passait ou nous disait où nous allions, j’avais l’impression qu’on étaient comme du bétail.
Je cherchais si bien que mal une faille, une opportunité de filer et de m’en fuir, mais pour aller où ? Je ne connaissais pas ce nouveau pays et je ne pouvais pas retourner à Abidjan.
Une fois descendues, nous empruntions un autre bateau pendant ce qui semblait être des heures avant d’arriver sur un parc à bateaux avant d’être escortées jusqu’à dans un entrepôt.
Pendant un moment, je pensais que tout que ce long et périlleux voyage était terminé et que nous allions enfin retrouver une vie normale dans notre nouvelle maison, mais je fis très vite frappé par la réalité,nous allions être enfermées dans ce qui semblait être des cages.
En un instant, se rendant compte de l’arnaque, la panique saisit la foule de jeunes filles, qui tentaient si bien que mal de s’en fuir mais le brouhaha se calma quand des tirs de balles résonnèrent,nous étions prises au piège.
C’est à ce moment là que tout se passa au ralenti pour moi, ma vie était évidemment bien et bel terminée!
Rien ne certifiais que je sortirai de cet endroit en vie, j’étais presque sûre que c’était mes derniers instants que je vivais, mais voyons le bon côté des choses, peut-être que je serai avec mes parents après ça…
Je venais de rentrer dans ma cage avec cinq autres filles aussi abattues les une que les autres.
Pas besoin d’être un génie pour savoir qu’elles regrettaient amèrement.
Ainsi je m’assis en me recroquevillant sur moi, imaginant à quelle point j’étais tombée si bas en seulement quelques années, c’est en ces moments que j’aurais préférée suivre mes parents ce jour là, au moins on aurait eu cet accident tout les trois et je n’allais pas tant souffrir.
Perdue dans mes pleurs, je m’imaginais déjà la suite, sûrement vendue comme esclave ou utilisée à des fins encore plus pervers.
J’étais affamée, assoiffée, fatiguée et brisée, c’est en ce moment que je me disais que la mort serait peut-être une délivrance pour moi.
Encore pour moi, personne ne s’inquiétera de ma disparition vu que je n’avais personne et que je n’étais personne pour personne, je n’osais pas imaginer toutes ces jeunes filles qui avaient raconté je ne sais quoi à leur famille, pour venir se retrouver quelques part en Asie comme du bétail !
Le trafic d’être humain, j’en avais entendu parler plusieurs fois mais si on m’avait dit que j’allais en être victime…
Maintenant, les dés étaient lancés et j’essayais de ne pas sombrer, du moins plus que je ne l’étais déjà !
Je fus réveillée par les cris de douleur de certaines qui se faisaient battre par l’un des gardiens, pendant que d’autres pleuraient, ce spectacle était déchirant, c’était comme si ce vicieux prenait plaisir à la faire souffrir.
- Arrêtez, vous ne voyez pas que vous lui faites du mal!( je criais aussitôt, avant de me rendre compte de mon erreur).
Un silence effrayant survint et il lança son regard meurtrier sur moi, mais qu’est ce qui m’avait pris de dire ça ?!
Il parlait en une langue que je ne connaissais pas, s’approcha de ma cage avant de l’ouvrir et de m’en faire sortir par les cheveux.
J’avais mal, mais je n’avais pas la force de crier, pendant qu’il me tira vers l’extérieur.
Pour la première depuis ce qui semblait être une éternité, je vis la lumière du soleil et je m’en délectais quelques secondes, avant bien sur de me faire projeter sur le sol.
Il se mit à me battre violemment des coups de poing, des coups de pieds, et même sa ceinture sur mon dos, je me tordais de douleur m’écroulant sous cette souffrance.
- Je vous en prie, arrêtez ! ( Je dis avec une voix faible).
Mais il me lança un regard plein de mépris avant de me battre de plus bel, m’arrachant des cris de douleurs de plus en plus déchirant.
Les autres gardiens étaient restés spectateurs, sans aucune émotions sur le visage comme si ce n’était pas de leur ressort, pendant que je suppliais qu’on me vienne en aide.
Après avoir déchaîné toute sa rage, il s’accroupit vers moi avant de me faire un petit sourire, en ce moment là, je voulais qu’il m’achève.
Cependant il passa subtilement ses doigts dans mes cheveux et comme piqué par une mouche, il se mit à me déchirer les vêtements avec un sourire salace aux lèvres.
Dès cet instant là, mon cerveau se mit en alerte, me poussant à libérer mes dernières forces pour me débattre.
Qu’il me tabasse ou qu’il m’abatte, ma conscience l’aurait supporté, mais je ne le supporterai pas s’il me déshonorait là devant tout les autres.
- Arrêtez! Arrêtez je vous en prie !( Je criais en pleurs).
Mais c’était comme si mes cris l’encourageait car il en riait.
D’une force venue du plus profond de mon être je lui donnais un coup de pieds entre les jambes avant d’essayer de m’enfuir, rassemblant ce qui restait de mes vêtements mais c’était impossible, il n’y avait pas d’issue.
Je me retournais légèrement vers lui et me figeais lorsque je vis cette rage dans ses yeux.
Il pointa son arme sur moi criant encore en cette langue.
- Je vous en prie laissez moi partir d’ici, j’ai tout perdue ma famille, l’homme que j’aime, laissez moi au moins ma vie, je travaillerai pour vous à tout vous rembourser…( Je tentais en anglais, essayant de le faire changer d’avis)
Mais il semblait résigné à se venger, alors je me mis donc à reculer quand je me retrouvais prisonnière entre les mains de quelqu’un qui me saisit fermement les épaules, à cet instant précis mon cœur s’arrêta, ils allaient me tuer.
Cependant, alors que je pensais que malfaiteur qui bouillait de rage et le deuxième gardien me tabassent à mort, celui qui me menaçait il y a de cela peu se figea aussitôt, et le gardien qui me retenait lui dit quelque-chose dans cette même langue.
Il laissa tomber son arme pendant que le second m’obligeas à lui faire face, ce qui me fis m’écrouler contre lui.
Nos regards se croisèrent et tout mon corps se gela, c’était le regard le plus froid et vide que j’avais croisé dans ma vie.
- Aidez moi je vous en prie!( Je dis d’une voix à peine audible).
Mais ce que dégageais l’homme qui était là face à moi m’ordonna de me taire, ils étaient tous pareils et peut-être qu’il était pire que celui tout à l’heure.
Morte de peur, je me mis aussitôt à convulser puis perdit aussitôt connaissance.
A mon réveil j’étais de nouveau dans ma cellule avec de grands bandages et un sacré mal de tête.
- Tu as de la chance d’être en vie!( Dit l’une des prisonnières de ma cage).
- Oui…
- Mais qu’est ce qui s’est passé là bas? Tu es revenue dans les pommes!
- J’étais à deux doigts de me faire tuer, et j’ai… je crois que j’ai rencontré un homme qui semble être tout droit sorti de l’enfer… et c’est là que j’ai perdu connaissance
- Oh, je crois que tu as fait une sacrée impression !
- Comment ça ?
Elle me montra du menton une bouteille d’eau et un repas complet.
- C’est à qui?!
- Le gardien vient de le déposer !
- Oh!
Je pris donc les vivres puis les sentis pour être sur qu’ils n’étaient pas empoisonnés !
J’ignorais pourquoi mais j’avais l’impression que c’était une action de cœur de glace.
- Tu le veux?
- Tu n’as pas faim?( demanda t’elle surprise)
- Allez-y,j’ai pas vraiment faim…
Shun
Cela faisait des heures que j’essayais de dormir, en vain.
Ce n’était pas la première fois que je voyais ces filles pleurer mais elle… elle avait éveillée en moi de la mélancolie et cela m’inquiétais.
Je me levais du lit avant de prendre un verre de whisky avant de m’asseoir sur ma chaise de bureau.
C’était comme si je vivais un vieux souvenir douloureux, le jour où j’avais perdu ma femme, c’était comme si je la voyais en elle, et là voir brutalisée me rappelais constamment le jour de sa mort, où j’étais impuissant.
Je n’avais pas pu sauver Saki et aujourd’hui je la vois dans le regard d’une autre…