À chacun son AmazonieFabrice Gardin Je suis arrivée bien à l’avance. Dans le hall de l’hôtel, j’ai repéré un gros fauteuil dans lequel j’ai pris place immédiatement de peur qu’on ne me chipe cette tour d’observation qui m’était due. De cet idéal carrefour, j’ai observé toutes les personnes qui entraient. La salle serait certainement comble. Il ne fallait pas que je quitte trop tard mon fauteuil, sinon je risquais d’être reléguée trop loin pour bien entendre. Mais pour l’instant, les portes étaient fermées et tout le monde s’amassait dans un coin du hall, permettant ainsi aux clients habituels d’avoir accès à la réception ou à leurs chambres. Soudain, il arriva. Grand, fort, fier, exactement comme je l’avais imaginé. Il traversa le hall sans un regard pour personne. Il savait où il devait


