AmazoniaqueVéronique Biefnot Le guide ouvrait la voie, habitué à la chaleur et aux nuées de moustiques, il avançait, écartant les branchages sur notre passage, signalant à voix basse les endroits à éviter, les embûches, les dangers potentiels. Je suivais, terrorisée. Les cimes, invisibles, d’arbres gigantesques, devaient culminer à cinquante mètres de haut, dense couvercle végétal qui nous maintenait, étouffés, dans sa moiteur tropicale. Si je n’avais pas eu aussi peur, j’aurais apprécié le spectacle : la lumière tombant, diffuse, entre les feuillages, tamisée, colorée ; l’arborescence des fougères déployant leurs volutes jusqu’à hauteur d’homme ; les lianes, gracieuses dentelles descendant des cieux en arabesques compliquées ; la vie, grouillante, partout. La moindre écorce, la moindr


