3.Chaque après-midi, Boris revit sa cousine. Elle venait vers quatre heures et s’asseyait, sans attendre d’en être priée. Parfois, elle était vêtue de son costume d’infirmière ; mais le plus souvent, elle portait une robe de velours noir qui l’habillait admirablement et faisait ressortir la blancheur marmoréenne de son teint. Elle causait de littérature, d’histoire, de philosophie, sans jamais toucher la brûlante question de la guerre. Boris lui répondait avec une politesse glacée. Souvent, il laissait tomber la conversation ; mais Brunhilde la relevait avec habileté, jamais à court, jamais démontée. Le comte pensait : Comme cette femme est forte et dangereuse, pour qui ne la connaît pas à fond ! Ce pauvre Cyrille ne doit pas peser plus qu’une paille, devant sa volonté ! Jamais elle ne


