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Partie 32 : =========== Cinq mois plus tard ========== ‘’ Chancia pardonne-moi, je t’en prie pardonne-moi / Ahahahahaha, je vais prendre la place qui m'est dûe, profite de tes derniers instants car tu ne feras pas long feu derrière cette fenêtre ahahahaha ‘’ - AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!! Hurlais-je en me réveillant. Je pris de grande bouffée d’air afin de récupérer mon souffle. Cinq mois, cinq mois depuis ma sortie de l’hôpital que je ne cesse de faire ces cauchemars, ils commencent toujours de la même manière mais depuis il y a comme une continuité. Il suffit que je m’endors pour les revoir, je ne sais pas à quand remonte la dernière fois que j’ai pu paisiblement dormir mais à chaque fois je me réveille en sursaut, je me rends dans la cuisine afin de prendre une tasse de café pour me tenir éveillée jusqu’au petit matin. Cela m 'hérissait fortement. Au début j’avais moins peur mais depuis un temps j’ai l’impression d’être plongée dans la réalité de mes rêves; vous trouverez surement absurde ce que je dis mais je ne sais comment l’expliquer… Je me rendais à la cuisine, chauffait ma tasse de café avant de prendre place autour de la table et de la siroter tranquillement en me remémorant mes rêves. J’espère ainsi trouver une réponse ad hoc (adéquate) à tout cela mais rien, à qui demander ? Marc ?... Cela fait cinq mois que je n’ai pas eu de ces nouvelles, cinq mois qu’il ne m’a pas fait signe de vie, ni lui, ni Karim. Depuis la fois où ils sont tous deux sorties de ma chambre d’hôpital, je ne les ai jamais revus. J’ai beau essayé de les joindre mais rien. Karim n’a plus jamais répondu à mes messages encore moins à mes appels, et au bout d’un mois son numéro semblait être bloquer. J’ai donc laissé, j’avais voulu me rendre chez lui mais une voix en moi me l’interdisait, c’était sa décision. Tout comme j’avais eu à prendre la mienne. Marc lui m’avait clairement stipulé qu’il ne voulait plus rien savoir de moi or je l’appelais pour qu’il m’aide à déchiffrer mes rêves « gère ta m***e, je gère la mienne ! » M’avait-il répondu alors que je venais de lui faire part de mon rêve. J’étais perdue. Je ne savais plus vers qui me tourner. Je me méfiais de tout le monde, des vieilles connaissances qui subitement refaisaient surface, je ne parlais à personne et j’analysais chaque mots et paroles que pouvaient prononcer certaines personnes. J’étais tout le temps sur la défensive, seule Ariane, Amandine et Lovery étaient mes confidentes et ensemble nous tentions de percer les mystères de mes rêves. D’après Lovery cela devait être psychologique « tu crains sûrement que quelqu’un prenne ta place un jour auprès de ta famille c’est sans doute pour cela que tu fais ces rêves. Tu sais ma chérie, ton subconscient parle pour toi et te révèle ainsi tes plus grandes peurs. Ressaisie toi, tes parents t’aiment, ta famille t’aime tu n’as rien à craindre personne ne prendra ta place… » M’avait-elle donné comme réponse. Je trouvais que son raisonnement tenait la route mais les jours qui suiants, l’action se répétait mais en plus intense. La femme ser-lézard (serpent, lézard) souriait de plus en plus en constatant que la fenêtre se fissurait. Elle ne cessait inlassablement de donner des coups sur la vitre qui au fur et à mesure se fragilisait. Je restais toujours là impuissante, derrière cette fenêtre en la regardant agir « sache que je passerais » M’avait-elle dit. Une fois, je m’étais levée en sueur ne sachant plus où donner la tête. Ayant épuisé toute les solutions possible. Je songeais même à rentrer au pays afin de me faire initier mais je n’ai jamais compris pourquoi il y avait comme un blocage. Je portais ma tasse de café à mes lèvres lorsque j’entendis « encore debout ? » Je sursautai avant de tourner le visage afin de voir qui me parlait, c’était Paul le fiancé de copina (Ariane). - Ah papa Paul c’est toi ? Tu m’as fait peur, dis-je. - Ah ah ah toi pardon, je ressemble à ton père, krkrkr ? Me répondit-il. - mais tu seras bientôt papa d’une magnifique petite-fille roh. Il tourna la tête un moment avant de laisser glisser un « oui » à peine audible. - C’est comment Paul ? Tu ne sembles pas heureux… affirmais-je. - Bien sûr que je le suis, bien sûr… J’aurais juste voulu avoir un petit garçon mais bon ce n’est pas grave j’ai deux femmes, tu me feras mon petit garçon. - krkrkrkr pour que copina vienne me tuer ici là ? lol non merci. - ah ah ah ah, est-ce qu’elle est obligée de savoir que c’est moi le père ? Dit-il plaisantin. - yayooo le tapé dos là je ne suis pas dedans. - krkrkr qui te parle de tapé dos ? Je vous épouse en même temps, le même jour aka. - Pardon tu es fou toi krkrkr. - Au moins je te fais rire… Je regardais surprise par sa réponse « Pardon ? » avais-je demandé. - Chanci… Dit-il d’un air sérieux. Chanci je t’entends crier chaque soir, tu parles dans ton sommeil qu’est-ce qui ne vas pas ? Et à chaque fois tu te rends ici, prends une tasse de café afin de rester éveillée jusqu’au petit matin. - … - Jusqu’à présent je n’ai pas fait cas de la situation mais depuis un temps tu sembles ailleurs, ça fait combien de temps que je ne t’ai pas vue sourire ? Tu sembles vide de vie, de joie, d’humanité, c’est comme si tu étais là juste pour être, je ne comprends pas... - non ce n’est rien Paul, ce n’est rien; juste la fatigue… - Je t’arrête, tu n’as jamais su mentir, je te dis t’entendre crier chaque nuit, t’entendre parler dans ton sommeil tu ne peux me dire que c’est la fatigue Chancia. Je ne disais plus rien, même Paul avait remarqué que quelque chose me perturbait mais je m'efforçais de sourire et de lui faire croire que tout irai bien « tu n’as plus à t’inquiéter » Avais-je répondu. - ok, si tu le dis mais tu sais que tu es ma deuxième femme hein, donc je ne veux plus te voir triste. - oki, papa Paul promit. - krkr papa Paul, je vais te donner la fessée si tu continues. - ehehehehe Papa dans quoi ! Dans quoi papa ! Oh tu lost (divaguer dans le largo Gabonais). - kiakiakiakia on sent une gabonaise dans l’âme quoi ! - toujours et au-delà oh même toi-même lol. - bon chérie, je vais me recoucher auprès de ta ronfleuse de rivale là. - mdr laisse-moi la sœur ohhh krkrkrkr. - ok, mais tâche de te reposer. - non là où j’ai pris mon café c’est pas sur hein, je vais commencer à ranger la maison et préparer le petit déjeuner. - ok, comme tu veux. Ah ma femme-là toujours au petit soin. Dit-il en s’en alla. - waih, waih c’est ça mdr. Après avoir fini mon café, je m’activais pour ranger la maison, Ariane étant enceinte ne faisait pas grand-chose « oh tu sais elle n’a jamais rien fait, si ce n’est que préparer et même là c’est quand cela l’arrange, ce n’est pas la grossesse qui a changé quelque chose. Ma maison respire beaucoup depuis que tu es là, je devais même songer à te prendre comme femme de ménage krkrkr » M’avais dit Paul. De ce fait, je faisais tout chez ma cousine, je nettoyais sa maison, je faisais leur chambre, je faisais à manger et j’en passe, je m'occupais de son mari comme si c'était le mien et j'étais au petit soin avec lui. Pour moi c’était une façon de les remercier de m’héberger chez eux, car je vous l’avoue je me sentais parfois de trop. J’avais l’impression d’envahir leur espace personnel alors je m’efforçais de m’occuper des travaux ménagers. Je lavais les assiettes de la vieille; j’avais déjà fait la vaisselle avant d’aller me coucher mais je suppose que copina est passé après pour manger. Le tout terminé, je décidais d’apprêter la table pour Paul qui se levait très tôt le matin afin de se rendre au boulot où il y passait toute la journée. Copina faisait sa grâce matinée. Elle n’avait pas du temps pour s’occuper de son petit mari, elle me demandait donc de le faire pour elle et n’ayant jamais le sommeil suite à mes cauchemars je le faisais donc aux aurores. Il devait être environs 7h30 passées voir 8h, Paul avait pris son petit déjeuner et se rendait au travaille lorsque je reçois un appel d’un numéro qui m’était inconnu. J’espérais que ce soit Marc où Karim avant de répondre. - Oui allô ? Répondis-je après avoir décroché. - bonjour excusez-nous du dérangement mais êtes-vous madame Chancia ? Me demanda la voix masculine à l’autre bout du fil. - Chancia comment ? - Je vous demande de m’excuser mais nous n’avons que ce prénom comme information. - Désolée, vous vous êtes trompé de numéro, il n’y a pas de Chancia ici. Je vous l’ai dit, je suis devenu très méfiante et ce genre d’appel me le rend encore plus. Mais bizarrement, je sentis que je devais savoir qu’elle était la raison de cet appel avant de raccrocher. - Mais qui êtes-vous ? - ah oui, excusez-moi je ne me suis pas présenté. Je suis le docteur Henri Muller. J’appelle depuis l’hôpital Paul-Brousse dans le 94800 Villejuif. - ok, mais qu’elle est la raison de votre appel ? - Un de mes patients M. David Nzamba… - QUOI !!!!!!!!! M’écriai-je. - Le connaissez-vous ? Me demanda le docteur. Je ne savais si je devais dire oui ou non, David Nzamba c’est mon oncle, cet homme que je déteste tant pour ce qu’il a voulu me faire, Ce monstre ! Je raccrochais éprise de colère lorsqu’une voix intérieure me poussa à rappeler. - Excusez-moi une erreur de manipulation. Donnais-je comme prétexte. - Ce n’est rien madame. - Mademoiselle je vous prie, Mademoiselle Chancia Yessi. - Ah c’est donc vous ! - Oui. - Je suppose que je vous dérange mademoiselle, mais cela fait plus de 6 mois que nous sommes à la recherche d’un membre de la famille du patient David Nzamba. Ce dernier étant plongé dans un profond coma depuis déjà 2 mois mais nous ne pouvons le débrancher sans avoir au moins vu un membre de sa famille. Il y a de cela deux jours qu’il sait réveiller, dans un semblant de délire, a prononcer votre prénom à répétition suivit d’un numéro de téléphone avant de replonger à nouveau dans son coma. Nous tentions de vous joindre en vain. - … - Pourriez-vous passer à l’hôpital cet après-midi s’il vous plaît ? - Pourrais-je le faire maintenant ? Demandais-je. - OUI ! Sans problème Mademoiselle, sans problème. Vous pourriez me joindre sur ce numéro, vraiment merci mademoiselle, merci beaucoup. - Je vous en prie, au revoir. - Au revoir. CLICK. Je me laissais glisser contre le mur en regardant droit devant moi. Doux Jésus je venais là de faire le rapprochement entre mon oncle et mon rêve une partie du puzzle s’assemblait c’est surement lui l’homme que je vois tout le temps, qui m’appelle et me demande de lui accorder le pardon. Mais pouvais-je seulement ? Après ce qu’il m’a fait ? Il a failli abuser de moi, m’a frappée sans compter ce qu’il a dit à maman, pouvais-je seulement le pardonner ? Je regardais Paul qui s’apprêtait à partir, lui demandais s’il pouvait prendre 30 min pour me déposer à l’hôpital. - Tu ne te sens pas bien ? me demanda-t-il en passant sa main sur mon front brulant. Mais tu brûles de fièvre Ophélie ! - c’est normale je ne dors pas assez, mais ce n’est pas pour moi que je te demande cela, je t’expliquerais dans la voiture. - ok. Change-toi et on y va. - Oui merci Paul. Je me préparais en deux, quatre, six avant de regagner la cuisine où Paul et moi sortîmes afin de nous rendre à l’hôpital Paul-Brousse. - Tu me tiens au courant de l’état de santé de ton oncle ok ? - oui Paul, au retour. A ce soir. - Ok, mais profite à faire des examens pour toi aussi et demande des calmants pour la nuit. - oui je le ferai. Je refermais la portière avant de me rendre dans l’hôpital où je fus directement mener dans le bureau du médecin après avoir donné mon nom et rempli certaine formalité comme quoi j’étais la nièce du patient. - Bonjour mademoiselle Chancia. - Bonjour docteur. - je suis Mr Henri Muller et c’est moi que vous aviez eu au téléphone ce matin. - Oui, Oui. Mais pouvez-vous m’expliquer comment mon oncle c’est retrouver ici, qu’a t-il fait ? - hum (expira-t-il) Je suis le cas du patient David depuis plus de cinq ans. - Cinq ans dites-vous !? Comment ça je ne comprends pas ? - Vous ne le saviez pas ? Il ne vous a donc rien dit ? - Dire quoi comment ? - Mais Mr. David Nzamba est atteint d’une tumeur au cerveau incurable et il lui restait une espérance de vie d’environ neuf années. – PARDON !!??? M’écriais-je. - cette tumeur agressive de type IV c’est brutalement déclencher il y a de cela six mois ce qui le plongea dans un profond coma dont il ne sait réveiller qu’il y a deux jours et semble y être replongé… Les paroles du docteur se firent lointaine, cinq ans que mon oncle est atteint ? Cinq ans qu’il n’est plus normal et stable dans sa tête ? Pouvais-je seulement mettre le fait qu’il met fait du mal sur le compte de la maladie ? Le pouvais-je seulement ? - … Tout portait à croire qu’il n’avait pas de famille, il n’y avait aucun nom dans ses papiers rien, aucune femme, aucun enfant, rien n’y était mentionné… Ajouta le médecin. - Pourrais-je le voir, s’il vous plaît. Demandais-je. - Oui, oui, bien évidemment, je vais vous y conduire. Je suivais le docteur qui me conduisait dans la chambre d’hôpital de mon oncle où je le trouvais là, allonger sur son lit, couvert d’un drap blanc, la salle ressemble à celle que je voyais dans mon rêve mais à la différence que je le voyais, je voyais son visage et c’était bien celui de mon oncle. Il avait l’air sans vie, branché à ses maints tuyaux qui semblait le maintenir en vie. - Je vais vous laissez seul ? Me proposa le docteur. - oui merci c’est gentil. Lorsqu’il sortit de la salle, je me rapprochais du lit de mon oncle en le regardant sans rien dire, j’avais pitié, de lui, de l’état dans lequel il se trouvait, une tumeur au cerveau ? Depuis cinq ans ? - Pourquoi ne pas nous avoir dit que tu souffrais ? Demandais-je. Je savais là que seul le silence de cette pièce me répondrait mais je ne savais pas pourquoi je sentais juste que je devrais parler. - Je ne te connais pas, et j’avoue t’avoir détesté de tout mon cœur, mon être, mes tripes mais maintenant que je te vois là je ne peux que me poser des questions. Etait-ce ta maladie qui te poussait à réagir ainsi ? Etait-ce cela ou tu étais parfaitement conscient à ces moments ? - … - Je n’aurais surement jamais la réponse, mais si cela peut te permettre de partir en paix alors… - … - Je te pardonne… - … AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!! M’écriais-je en sentant sa main sur la mienne, il venait là de la bouger puis s’en suivit d’un bruit incessant et assourdissant des appareils, la seconde d’après les médecins et les infirmiers défilaient dans la chambre. - On risque de le perdre, charger à bloque, à 3 on y va ! Dit le médecin Henri Muller. - madame veuillez sortir s’il vous plait. Me demanda l’une des infirmières en me guidant vers la sortie. - On y va, 1, 2, …
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