Partie 25 :
Ariane fit le contour et prit place en face de moi, elle me regardait longuement avec un air altier (dédaigneux) avant de poursuive avec un geste de main traduisant le mépris : « et c’est lui qui te mets dans cet état, tchuip »
Je me levais en tapant des mains sur mon long caba orange vif de nom pagne de ma rivale (oui oh les pagnes ont leur noms) comme pour me dépoussiérer. Je pris place par la suite sur le canapé en regardant Ariane et l’incita à parler.
- Que sais-tu sur Marc Popina ? Demandais-je à Ariane, comme bon nombre de famille gabonaise nous avions aussi nos petits noms compromettant celui d’Ariane était Popina, celui de mon petit frère Nathanaël était Natoutou, ma petite sœur Katy était surnommé Mam Kak ou Choupette et Dieu merci je n’en avais pas du moins juste chancy.
- hum. Fit-elle simplement.
- Popina. Insistais-je.
- Je ne suis pas là pour briser tes rêves mais franchement si tu comptais faire ta vie avec lui mieux tu changes de direction. Ajouta-t-elle.
- Je ne te suis toujours pas explique moi bien le fond de ta pensée. Répondis-je
- Je te dis là que tu ferais mieux de plaquer (rompre) ton soi-disant mec là, il n’en vaut pas la peine, tu as déjà trouvé un VRAI HOMME je parle de Karim ma petite, des hommes comme lui ne courent pas les rues mais des Marc il te suffit d’aller cogner à la porte d’en face tu en trouveras.
- ok, mais tu ne m’expliques toujours pas pourquoi tu le détestes.
- Je te l’ai dit je ne veux pas briser l’image que tu as de lui…
- donc si je comprends bien tu me demandes de goutter un plat les yeux bandés ? Parce que je n’admets pas que tu me demande de le quitter sans pour autant m’éclairer d’avantage, soyons sérieuse Popina.
- Tu es ma petite sœur de beaucoup et tu le sais, il y’a plusieurs facteurs qui vont à l’encontre de votre relation, je pense notamment à votre différence d’âge, il est non seulement plus âgé que toi mais également que moi, sans compter Marlène.
Marlène c’est mon aîné, étant d’une fratrie de quatre enfants, dont ma grande sœur Marlène qui à cette époque poursuivait ses études de droit au Mali était âgée de 26 ans, de mon bébé Natoutou que vous connaissez déjà étant le seul garçon et la petite dernière Choupette. J’étais la deuxième.
- Je le sais…
Je savais que ma différence d’âge avec Marc causerait beaucoup de problèmes mais j’espérais juste qu’avec le temps nous trouverions une solution.
- Tu connais l’onclot (l’oncle). Repris Ariane, tu sais qu’il n’acceptera jamais ce genre d’union du moins malgré lui et encore je ne te fais pas dire que les sales histoires de ton Marc là lui arriveront aux oreilles et il sera sur d’avoir manqué quelque chose dans ton éducation.
Je savais là qu’Ariane avait raison sur maintes points mais je ne comprenais toujours pas pourquoi elle refusait de m’éclairer sur ce que Marc avait bien pu faire, j’étais inquiète, j’avais peur d’apprendre une nouvelle qui me briserait, qui nous briserait…
- Popina de grâce parle !
- Ecoute ce n’est pas à moi de te dire ce que fait ton copain, j’étais là quand votre relation à commencé ?
- non.
- Tu m’as appelé un jour pour me demander mon avis ?!
- non.
- Alors je n’ai rien à te dire sur ce qu’il fait, va le lui demander, c’est à lui de te dire quelles sont ces choses pas moi. Je n’ai pas envie de me retrouver une fois de plus dans les histoires de ‘’ c’est tel qui me l’a dit ‘’ oh ‘’ on me l’a dit ‘’ on là c’est qui moi ? Pardon j’ai déjà retenu la leçon une fois, mieux vaut ne pas mettre sa bouche dans les affaires de couple des autres, donc ton histoire-là ne me mêle pas la dedans.
- hum ok. Maintenant s’il ne me dit pas la vérité je vais savoir comment, dis-moi au moins.
- Regarde je suis enceinte je n’ai pas envie qu’on vienne me tabasser ici soi-disant que j’ai gaspillé la relation de tel, mieux tu lui demande de te rendre des comptes. Maintenant pour qu’il ne te mente pas tu lui diras que je suis une amie, disons j’étais une amie à Noeline.
- Noeline ? C’est qui ça ?
- Demande-le-lui, il te dira.
J’avais passé tout le reste de la soirée allongée dans ma chambre à réfléchir, je ne cessais de me demander qui pouvait bien être cette Noeline et quel rôle jouait elle dans ma relation, j’avais peur des révélations auxquelles je risquerais de faire face et si c’était sa copine ? S’il m’avait menti pendant tout ce temps ? Pouvais-je seulement le lui reprocher moi qui me suis jeté dans les bras d’un autre homme sans scrupule.
DRRIIIIINNNGGG
La sonnerie de mon téléphone me ramena à l’instant présent, je portai un regard à l’écran qui affichait le numéro de Karim, je décrochai et lui fit par de ma rencontre avec Marc.
- Ok s’il veut me voir je serai là. Me donna Karim comme réponse.
- c’est hors de question ! Tu ne le verras pas, il n’y aura aucune confrontation entre vous en tout cas pas tant que je serai là !
- Je ne compte pas me battre, je tiens juste à ce qu’on parle d’homme à homme assis l’un en face de l’autre afin de régler nos différents et je pense que c’est ce qu’il attend de cette rencontre.
- non Karim, je refuse, j’ai des comptes à régler avec lui, j’irai le voir toute seule toi reste dans ta ville.
- hum… Sinon chérie que fais-tu ?
J’avais là envie de faire part à Karim de ma décision, de mon choix comme quoi je préférais rester avec Marc mais ma conscience me l’interdisait, je devais entendre les révélations de Marc avant de prendre quelconque décision mais s’il s’avérait que cela n’est qu’une simple aventure je le pardonnerais car moi aussi j’avais commis ma part de faute.
Le lendemain je m’étais rendue à l’adresse que m’avait indiqué Marc, je ne pouvais attendre d’avantage mon cerveau se mourrait de ne rien savoir et le prénom de cette Noeline tournait en boucle dans ma tête.
DIINGG DONGG
Je venais de sonner à la deuxième porte du 4ème étage et c’est une femme d’environ la trentaine qui vint m’ouvrir. Je me mis à lorgner cherchant le moindre objet qui pourrait me clarifier la présence de Marc dans cet appartement.
- Bonjour que puis-je pour vous ? Demanda-t-elle chaleureusement.
- heu bonjour j’aimerais voir Marc est-il ici ?
- ah vous devez surement être Ophélie ?
- heu oui, oui. Répondis-je ébahie.
- entrez donc, Marc est sous la douche il ne tardera pas.
- ok merci.
Je pris place sur le fauteuil beige en cuir dans ce salon harmonieusement décoré aux senteurs pêches abricot qui vous mettait dans un confort des plus agréables.
- Que puis-je vous servir Ophélie.
- heu juste de l’eau merci.
Cette dernière se rendit à la cuisine tandis que je restais là sagement à attendre son retour et l’arrivé de Marc. Mon Dieu ce que je tremblais, frissonnais à la simple idée de le revoir, j’espérais au plus profond de mon être qu’il ne se fâcherait pas du fait que je me présente devant lui sans Karim.
- et voilà. Dit la jeune femme.
- ah merci. Dis-je en prenant le verre qu’elle m’avait gentiment servi.
- alors tu es la petite-amie de marc c’est ça ?
- oui… Dis-je du bout des lèvres.
- tu m’as l’air bien jeune hein. ?
Wouaaa à peine arrivé qu’elle me submerge déjà de question, c’est comment moi je lui demande ce qu’elle fait de sa vie, avec qui elle sort, si elle est mariée ou pas ?! Pardon faut pas commencer.
- Vous n’êtes pas vieille non plus.
Eh BIM ! Bien rétorqué ma petite pardon les gens curieux là on vous connaît après ca va s’écrier dans toute la France que les petites Gabonaise là se cherchent et alors où est même votre problème tchuip en tout cas.
Je tournais des yeux en me rendant compte que cela faisais plus d’une demi-heure que j’étais assise dans ce salon et que monsieur Bengone n’avait toujours pas montré le bout de son nez.
- Oui effectivement ahaha. Répondit-elle.
- Ah mais il y’a des amuses bouches, je vais t’en servir…
- elle ne prendra rien. Répondit Marc qui s’était adossé contre la porte. Ophélie.
- hum. Fis-je en sursaut.
- suis-moi. Ajouta-t-il.
Je me levais docilement en le suivant par derrière, il nous menait dans la chambre qu’il occupait ferma la porte à double tour et me regarda sévèrement.
- Que t’avais-je demandé ? Dit-il durement.
- je… Il n’a pas pu se libérer.
- ok, alors retourne le chercher, ne te pointe ici que lorsqu’il sera là.
- mais…
- Il n’y a pas de mais qui tienne Ophélie, je ne veux pas te revoir sans lui !
- pourquoi tiens tu tant à le voir ? Dis-je du bout des lèvres.
- Pour voir à quoi ressemble l’énergumène qui a fait de celle que j’aime une fille de si petite vertu.
Eh Bamm ! Ses paroles sonnaient comme un tranchant pour moi mon Dieu ce que Marc était cruel ! Il ouvrit à nouveau la porte et me la désigna comme pour m’inciter à sortir. Je trainais le pas en baissant la tête, je cherchais les morceaux de mon être que Marc avait déchiré en m’insultant encore, je ne savais où me mettre, je l’aimais lui, je l’aimais de tout mon cœur mais pouvais-je seulement supporter cela ? Je l’avais bien mérité je sais mais Marc se montrait si cruel, si dur, si… Ah mon Dieu que faire. Je suis sure que si on inversait les rôles et que Karim se retrouvais à la place de Marc il se montrerait moins blessant, Ariane à raison quand…
GOD ! Ariane, la fameuse révélation j’avais oublié ! Je m’arrêtais net en levant la tête et en portant un regard interrogateur sur Marc.
- Ophélie, vas-t-en.
Je le regardais sans rien dire, comment aborder le sujet délicatement ? Bref on s’en fout mieux je pose ma question.
- Ma cousine que tu as vu hier.
- oui est-elle souffrante. Dit-il avec ironie ce qui m’énerva.
- Non, mais elle dit te connaitre.
- tout le monde me connait.
- Papa bloque ta joie, elle m’a parlé d’une certaine Noeline avec qui elle est amie, que tu as des choses à me dire sur cette…
Je constatais que Marc ne m’écoutait plus, il était comme figé et je vis comme un rictus se dessiner sur son visage.
- Marc ?
- …
- Marc ???
- …
- p****n Marc ! Tu me criais dessus il n’y a même pas 5 minutes ! Qui est cette Noeline !?
- Je… c’est… comment…
- Ne joue pas à ça avec moi !
J’étais soudainement prise de colère, l’expression de Marc ne me laissait guère indifférente, j’avais un très mauvais pressentiment, connaissant mon homme si ce n’était qu’une histoire banale il ne s’attarderait pas et monterait encore sur ces grands chevaux mais là, il semblait troublé comme si quelque chose qu’il avait oublié lui revient enfin, p****n c’est quoi cette histoire !?
- Je me disais bien que le visage de ta cousine ne m’était pas étranger mais je n’aurais pas soupçonné un seul instant que…
Il marqua une pause et sembla perdu à nouveau dans ses pensées.
- Que quoi Marc ? Dis-je pour le ramener à lui.
- Ecoute Ophélie. Je t’aime et ça tu le sais…
Ça commence très bien !!! Je ferais mieux de m’assoir ou de m’adosser quelque part car cette histoire risque de me faire perdre la tête, God c’est quoi ça encore !
- … .
Je prenais place sur le lit tandis que Marc lui referma la porte et s’y adossa, il affichait cette expression de déboussolé et complètement à l’ouest.
- Je t’aime vraiment Ophélie, plus que tout, tu es la femme que je veux, celle qui m’est destinée, tout chez toi me rends fou, tu fais de moi un homme jaloux à un point que tu ne peux imaginer quand je suis avec toi je suis un tout autre homme… Je… Sois en sûr il n’y a que toi que j’aime et personne d’autre.
- ok.
Son regard se fit doux, tendre, implorant, fautif, j’avais l’impression qu’il me demandait de lire combien de fois il était désolé mais désolé de quoi ? Qu’avait-il bien pu faire, je n’avais jamais vu Marc dans un tel état, tout à l’heure encore il me grondait, il avait cet air de fierté, de maître, de l’homme dans son état FORT.
Mais là, on aurait dit un animal pris dans un piège, un homme meurtri, un être fautif, coupable mais surtout suppliant… Marc qui me suppliait ! Non mais je rêve surement ! God mais qui est cette Noeline !
- Marc qui est cette Noeline, ne me mens surtout pas, ma cousine connait la doc, et soi en sure qu’elle me la donnera à mon retour.
- Je ne comptais pas te mentir Ophélie, je… Je cherche juste comment te l’expliquer, tout en te rappelant l’étendu de mon amour pour toi, il est comme un fleuve qui…
- pardon, pardon épargne moi tes grands discours j’ai compris, tu m’aime, je t’aime, on s’aime mais qui est cette Noeline dont le simple fait de l’avoir évoqué te mit dans cet état. Marc ! Seigneur, qui est-elle !?
- …
Il roula des yeux sans rien dire.
- Marc ! Insistais-je.
Il passa sa main derrière son cou en le caressant.
- Marc…
Cette fois si, il baissa la tête et murmura des mots que je ne comprenais guère. Mais je ne disais plus rien, j’étais ancré dans un mutisme, me préparant psychologiquement à sa réponse, je ne sais pas mais instinct me dictait de rester calme, d’être forte. Seigneur c’est quoi ça ?!
- Noeline… C’est…
Il marqua une pause, tourna son visage vers moi et me regarda longuement de ses yeux mouillés.
- Marc… Parle-moi… Dis-je tendrement afin de l’inciter à parler plus facilement, plus paisiblement. Il inspira un long moment et expira par la suite avant de laisser tomber du bout des lèvres un…
« Ma fiancée……. »