Si les Russes se décidaient à quitter leur promontoire fortifié pour passer le fleuve et attaquer devant eux, ils se heurteraient maintenant à une ligne défensive déjà fortement organisée, et la ténacité de Hô était un sûr garant que la IIe armée pourrait en paix poursuivre sa rude tâche sans craindre pour ses flancs et ses arrières. Du côté russe cependant la journée s’était passée en de cruelles et douloureuses hésitations. Déjà quelques grands chefs regrettaient qu’on eût envoyé les réserves disponibles vers la droite : on s’était trop pressé, et ils demandaient que la gauche fût moins dégarnie. Vers le soir seulement, l’état-major commença de soupçonner l’effrayante vérité. Tout ce qui se passait au sud n’était qu’une feinte : grâce à un effectif colossal, l’armée jaune avait pu fai


