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La Bonne et le Flic : Drame à la residence

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tragédie
Comédie
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Blurb

Diana et William, toujours amoureux se retrouvent une fois encore mélé à une sombre histoire…

Pendant qu’Alexis apprend à vivre en sachant que son geniteur n’est pas le parfait commissaire idealisé par certains… William va decouvrir lui aussi son geniteur

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Prologue
Diana s’étire lentement. Elle est fatiguée ; le décalage horaire, aussi minime soit-il, lui pèse encore. William avait tenu sa promesse : ils venaient de passer quelques jours à Londres, une parenthèse bienvenue après l’affaire Montpeissein, qui s’était conclue par l’arrestation de Monsieur Montpeissein. Ils avaient arpenté les musées, flâné dans les parcs où Diana s’était amusée à photographier des écureuils. William avait surtout réalisé le rêve de sa compagne : visiter le cottage de Lawrence d’Arabie. Ils s’étaient ensuite recueillis sur la tombe de la mère du jeune homme. Coïncidence troublante, un renard et une chouette effraie avaient traversé le cimetière à cet instant précis. Le reste du séjour s’était déroulé dans l’intimité chaleureuse du petit hôtel qu’ils occupaient. Ils étaient rentrés chez eux tard dans la nuit. William dormait encore profondément, mais Diana se retournait dans les draps, déjà éveillée. Il allait faire beau aujourd’hui. Elle observe son bel Anglais, paisiblement endormi ; il semblait plus apaisé depuis ce retour au cimetière. Le lieutenant brûlait d’envie de reprendre le travail, même si cette pause lui avait fait le plus grand bien. Depuis des mois, les affaires s’étaient succédé sans grand relief, et l’absence répétée de son coéquipier — son cousin — avait pesé sur lui. Ce dernier vivait mal la découverte tardive de son père. Diana pose la tête sur l’épaule de son amant. William sourit, encore à moitié endormi, et embrasse ses cheveux roux qui lui chatouillent le nez. " Hello, darling… bien dormi ? — Bof… le décalage horaire me perturbe. — Tu sais qu’il n’y a qu’une heure entre Londres et ici. — Une heure, c’est une heure… j’ai l’impression de revivre le passage à l’heure d’été. — Ne bouge pas, alors. Je vais nous préparer un petit déjeuner pour reprendre des forces. — Tu vas voir ta grand-mère aujourd’hui ? — Oui. Tu es sûre de ne pas vouloir venir ? — Non, je préfère aller voir si Alex va bien. Et je dois lui apporter son cadeau pour s’être occupé de Merlin. — Je t’y rejoindrai." William enfile un caleçon et descend à la cuisine. Son cousin avait eu la délicate attention de remplir la maison de viennoiseries, de jus de fruits et de lait pendant leur absence. Il avait occupé les lieux pour s’occuper du gros félin… et surtout pour fuir son propre père. Chez Diana, Alex avait réussi à ne pas boire ; il avait enchaîné les séries, pratiqué beaucoup de yoga et même trouvé quelques rendez-vous prometteurs. Il avait refusé de les accompagner à Londres : il ne voulait ni s’imposer ni troubler leur escapade amoureuse. Il avait surtout besoin d’être seul pour prendre du recul. Diana dévore son petit déjeuner sous le regard amusé de William. "C’est aussi le décalage horaire qui te donne si faim ? — Oui… et puis ces quelques jours ont été intenses. Et sans vouloir te vexer, la nourriture anglaise ne m’a pas vraiment rassasiée. — Je suis d’accord, la cuisine française est bien meilleure… et les Françaises aussi, d’ailleurs." Elle rougit et termine son pain au chocolat. Leur relation était toujours aussi solide, malgré quelques agacements passagers liés aux horaires imprévisibles du policier. William avait pris le temps de soutenir son cousin, et même si cela l’avait parfois tenue à distance, Diana ne lui en avait jamais voulu. Elle avait aussi pu le présenter à son père, qui l’avait trouvé très bien — et pas si vieux que ça, contrairement à ce qu’elle craignait. Après ce déjeuner tardif, ils s’attèlent à défaire leurs sacs. Diana range ses affaires avec application. Retrouver ses repères lui fait du bien, comme un retour à une normalité rassurante. William avait pu racheter une voiture grâce aux assurances, et son bras avait guéri plus vite que prévu. Pourtant, le voir reprendre le volant continuait de la rendre nerveuse. " Tu fais attention ? — Ne t’inquiète pas, Foxy, je suis prudent. — J’ai toujours l’impression qu’il va t’arriver quelque chose… je n’arrive pas à m’empêcher d’imaginer des scénarios catastrophes. — Ce n’est pas parce que tu les imagines qu’ils vont se produire. Embrasse Alex pour moi, je te rejoindrai chez lui tout à l’heure. — D’accord…" Il monte dans sa voiture et lui envoie un b****r. Diana lui répond par un sourire un peu forcé avant de prendre la route à son tour. Arrivée chez Alex, elle croise dans le couloir une jeune femme visiblement contrariée. À en juger par sa conversation téléphonique, son rendez-vous lui a posé un lapin. Diana frappe à la porte de l’appartement, mais personne ne répond. Elle fouille dans son sac à la recherche du double des clés qu’Alex lui avait confiées. Depuis qu’il avait claqué la porte du commissariat, son attitude l’inquiétait. Il se refermait de plus en plus sur lui-même. Son regard, autrefois rieur, s’était durci, comme voilé par quelque chose qu’elle n’arrivait pas à nommer. Il lui arrivait aussi de sentir l’alcool lorsqu’il la serrait dans ses bras. Alex se voulait rassurant, répétant qu’il maîtrisait la situation, mais Diana sentait poindre un malaise persistant. Elle avait peur qu’il emprunte, sans s’en rendre compte, le même chemin que sa mère. Elle entre dans l’appartement. Comme elle s’y attendait, le lieu n’est plus aussi ordonné qu’avant. Une odeur de tabac et de renfermé flotte dans l’air. Elle ouvre une fenêtre et l’appelle doucement : "Alex… ?" Un bruit sourd provient de la chambre. Diana s’approche et entrouvre doucement la porte. Alex est allongé sur son lit, torse nu. Au pied du matelas, une bouteille de vodka vide. Elle se précipite vers lui et vérifie qu’il n’a pas perdu connaissance. Il respire normalement, profondément. Soulagée, elle remarque alors son œil au beurre noir. Avec qui a-t-il bien pu se battre ? Elle le couvre délicatement d’un plaid et le laisse dormir. En se baissant pour ramasser la bouteille, son regard glisse sous le lit. D’autres flacons apparaissent dans la pénombre. Différents alcools. Tous vides. Elle se redresse aussitôt, le cœur serré. Ça ne veut rien dire, se répète-t-elle. Elle ne sait pas sur combien de temps ces bouteilles ont été bues, ni dans quel contexte. Certaines ont peut-être été vidées en charmante compagnie. Après tout, elle n’avait jamais regardé sous son lit auparavant. Malgré tout, l’image s’imprime dans son esprit. Elle décide de garder cette inquiétude en tête, sans tirer de conclusions hâtives. Il n’est peut-être pas alcoolique… mais il ne va clairement pas bien en ce moment. Diana entreprend de remettre un peu d’ordre dans le repaire de son ami. Non pas qu’elle soit maniaque, mais par déformation professionnelle, elle ne peut s’empêcher de nettoyer chez les autres. Un geste en entraînant un autre, elle se retrouve à dégraisser le micro-ondes et à astiquer les vitres. Pour chasser l’odeur persistante de tabac et d’alcool, elle plante des clous de girofle dans une orange et prépare un spray au citron et au vinaigre, qu’elle vaporise sur le canapé et les rideaux. Elle respecte son jardin secret : ne touche pas aux bouteilles sous le lit, mais fait la poussière dans la chambre et relance une lessive. Il avait oublié du linge humide dans la machine. Elle déteste ça. Alex remue dans son sommeil. Diana s’approche pour remettre l’oreiller correctement sous sa tête. Elle grimpe doucement sur le lit, cherchant à ne pas le réveiller — il va se faire un torticolis dans cette position improbable. Elle ne sait pas comment c’est arrivé, mais soudain, elle se retrouve écrasée sous lui. Dans son sommeil, Alex l’a prise pour une énorme peluche… ou une conquête. Il la serre contre lui, enroule ses jambes autour des siennes et enfouit son visage dans son cou en gémissant, comme un enfant prisonnier d’un mauvais rêve. Elle soupire. Il est terriblement lourd. Impossible de bouger. À peine peut-elle remuer les bras. Elle tente de le faire basculer sur le côté, sans succès. C’est à ce moment-là que son téléphone vibre. " Eh bien enfin… je t’ai envoyé au moins cinq messages, je commençais à m’inquiéter, " dit William. " Alex dort. J’en ai profité pour ranger un peu, mais… — Mais ? — J’ai voulu lui remettre son oreiller sous la tête et je ne sais pas comment il a fait, mais il me prend pour une grosse peluche. Il ne veut pas me lâcher ! — Réveille-le. — J’essaie, mais il a bu, je crois… il a le sommeil lourd. — J’arrive. Je sais exactement quoi faire quand il s’est pris une cuite. — Dépêche-toi… Je ne l’imaginais pas si lourd. Enfin… il l’est déjà au sens figuré, parfois." Granny etait ravie de revoir son petit fils. Il lui avait ramené quelques bricoles de Londres qu'elle lui avait demandé. Elle n'y était jamais retournée depuis qu'elle avait été chassée par son père. William lui avait raconté sa visite au cimetiere et la chouette effraie qu'ils avaient vu. Pour Granny il n'y avait aucuns doute... sa mere lui faisait comprendre qu'elle veillait toujours sur lui. Apres avoir pris congé de sa grand mere, il s'arrête commander des pizzas et passe à la pharmacie acheter des cachets contre le mal de tête. Pendant ce temps, Diana prenait son mal en patience. Elle avait réussi à se caler dans une position un peu plus supportable. Toujours agrippé à elle comme si sa vie en dépendait, Alex gémissait faiblement dans son sommeil. Dans ses rêves, il avait un mal de crâne terrible, mais impossible de se réveiller. Il ne savait plus très bien si Diana était réellement là ou si ce n’était qu’un oreiller, mais une chose était sûre : malgré la migraine, il se sentait bien. Diana aurait presque fini par s’endormir elle aussi. Maudit décalage horaire. Profitant d’un mouvement de son ami, elle tente de le faire basculer. Mauvaise idée. Elle se retrouve soudain étalée sur lui, complètement ankylosée. Si William n’avait pas été prévenu de la situation, il aurait pu croire que les deux amis étaient en train de prendre du bon temps. " Tu pourrais attendre qu’il soit réveillé pour faire ce genre de choses, Darling. — Idiot… je ne sens plus mes jambes." Elle se laisse tomber à côté de l’endormi en gémissant. " J’ai des fourmis… tu en as mis du temps. — Je suis passé prendre le pack « SOS gueule de bois ». — Le quoi ? — Un truc entre nous. Quand l’un de nous abusait un peu trop de l’alcool, le plus en forme allait chercher une pizza et des cachets pour la tête, histoire que l’autre ait une surprise au réveil. — Vous n’avez jamais pensé à simplement… ne pas abuser ? — Tu es bien trop sage, Foxy." William sourit avant d’ajouter, plus sérieux : " Je me demande avec qui il s’est battu… Aide-moi à ouvrir un peu les volets." Alex gémit aussitôt et se tourne pour fuir la lumière. William lui apporte un verre d’eau et pose un cachet sur la table de nuit. Devant son visage crispé, il passe à la salle de bain, revient avec un gant humide et lui tamponne doucement le front. " Tu sais ce qu’il a bu ?" Diana hoche la tête. " De la vodka… Il y a d’autres bouteilles sous son lit. Toutes vides. — Certaines datent de nos soirées entre hommes, ne t’inquiète pas. — Je n’aime pas le voir comme ça… Tu crois que c’est à cause de son père ? — Ce n’est pas parce qu’il est saoul qu’il va forcément mal. Il a aussi pu boire sur plusieurs jours… ou simplement avoir une migraine. — Mouais… Je trouve surtout qu’il sent l’alcool. — Allez, viens. J’ai pris des pizzas pour nous aussi. On va attendre un peu, peut-être que l’odeur le réveillera." Diana le recouvre soigneusement du plaid et dépose un b****r sur son front. William sourit. "Tu as oublié son doudou. — Moque-toi… De nous deux, c’est sûrement toi qui le couves le plus. — Dommage qu’il soit plus vieux que toi. Je t’aurais proposé de l’adopter pour qu’il vive avec nous et Merlin." Deux hommes sous son toit ? Hors de question. Un seul lui suffisait largement. Elle n’avait aucune envie d’un mini-William courant partout ou d’une version miniature d’elle-même laissant des livres traîner dans chaque pièce. Ils s’installent sur le canapé et ouvrent les cartons de pizza. " Fais attention, Angel, j’ai nettoyé. — Oh… c’est pour ça cette odeur d’agrumes. Je me disais bien que ce n’était pas son genre. — Je ne savais pas quoi faire en attendant qu’il se réveille. — En général, moi, j’allume la télé. — Chacun son truc." Les odeurs de nourriture finissent par parvenir jusqu’aux narines du bel endormi. Alex entrouvre un œil. Sur sa table de nuit, un verre d’eau et un cachet. Il esquisse un sourire reconnaissant et l’avale aussitôt : sa tête le lance violemment. Il se redresse péniblement sur son lit. La lumière lui agresse les yeux. Il jette un coup d’œil à son radio-réveil : quinze heures passées. Déjà. Les souvenirs des heures précédentes remontent lentement, par fragments. La veille, après avoir quitté la maison de Diana, il avait rejoint des amis au bar. Quelques verres en entraînant d’autres, il avait fini par débarquer chez le commissaire. Et là, face à cette maison cossue, les images de son enfance lui avaient sauté à la gorge : le petit appartement insalubre qu’il partageait avec sa mère et Kelly. Les cafards, les prises dénudées, la peinture écaillée, les hivers glacials… pendant que ce s****d vivait dans le luxe. Son père avait nié l’avoir forcée à avorter. Pour lui, elle avait été une histoire importante. Ils s'étaient même mariés, briévement.. Puis, elle était partit après l'avortement. Sans prévenir. Il l'avait vite oublié... Alex ne se souvenait plus exactement de ce que l’homme avait dit ensuite, seulement du moment où son poing était parti. Œil pour œil. Son père avait répliqué, puis l’avait fait embarquer par la gendarmerie. Il n’avait pas voulu appeler des collègues policiers. Il refusait que leur histoire s’ébruite. Les gendarmes l’avaient gardé une partie de la nuit, le temps qu’il décuve, puis l’avaient renvoyé chez lui. Ensuite… un rendez-vous oublié, une bouteille de vodka descendue, le trou noir. Il s’étire en grimaçant. Il a faim. Et il lui semble percevoir l’odeur de Diana sur lui. La télévision murmure dans le salon ; il a dû oublier de l’éteindre. Il se lève, un peu vacillant, et entre dans la pièce en souriant faiblement. " Vous êtes là…" William se lève aussitôt. " Enfin réveillé. Ta pizza t’attend : spéciale gueule de bois. — Merci… J’en ai même oublié un rendez-vous, c’est dire." Diana sort de la cuisine. " Oh oui ! Une blonde ? Elle avait l’air déçue, je l’ai croisée dans le couloir en arrivant. Tu as bien dormi ? — Comme un ange, ma jolie. J’ai même rêvé de toi, je crois. — Ah… ça devait être quand tu m’as prise pour ta peluche. J’ai voulu remettre ton oreiller sous ta tête et tu t’es agrippé à moi. — Tu es confortable, j’y peux rien. — Tu n’as pas trop mal à l’œil ? — Ne t’inquiète pas pour moi. Vous êtes rentrés tard de votre escapade anglaise ?" William lui tend une part de pizza. " Vers minuit. Merci pour le petit déjeuner, au passage. — Je savais que ça vous plairait." Diana l’embrasse sur la joue. " Et merci pour Merlin. Ton cadeau est dans ta chambre, sur le bureau. — De rien. On a regardé des films pour adultes ensemble, il a adoré. — Tant que vous avez juste regardé…" Elle sourit et retourne à l’évier. " Je vais finir ta vaisselle. — Je me disais bien que l’appart sentait différent… c’est quoi, cette odeur ? — Orange et clous de girofle. Tes conquêtes apprécieront. — Ton travail te manque à ce point ?" Elle hausse les épaules et continue de nettoyer. Elle espère qu’un appartement propre aidera Alex à y voir plus clair dans sa tête. Il s’affale sur le canapé et accepte la canette que lui tend William. " Merci, Will. Je ne sais pas si c’est le sommeil ou le ménage, mais je me sens plus léger… Ou alors c’est d’avoir mis mon poing dans la tête du commissaire. — Il te l’a rendu, visiblement. — Et m’a fait embarquer par les gendarmes. — Tu aurais pu m’appeler, je serais venu te chercher. — Je n’y ai même pas pensé. — C’est si difficile de savoir qui est ton père ? Ou c’est parce que c’est lui ? — Je ne sais pas… Ça aurait été plus simple si ça avait été le commandant. Et puis, à trente et un ans, je m’attendais plutôt à découvrir un enfant qu’un père. - Je vois… — Ça fait des mois que je me pose des questions. On ne vient pas du même monde, lui et moi. Hier, c’était notre premier vrai échange." William le regarde, attentif. " Comment je peux te remonter le moral ? — J’ai bien une idée, mais…" Alex jette un regard vers la cuisine. William comprend aussitôt. " Darling ? Dis-moi… tu ne devais pas aller à ta boutique de maquillage ? — Si, pourquoi ? — Alex aimerait aller chercher des cigarettes. Je me disais que pendant que tu ferais tes emplettes, on pourrait sortir de notre côté et se retrouver après pour faire un truc. — Faites ce que vous voulez, les garçons. Je ne comptais pas vous traîner avec moi faire du shopping." Elle ne remarque pas l’échange complice entre les deux hommes. Elle se contente de leur rappeler de ne pas faire de bêtises avant de les laisser entre eux. Diana passe un long moment dans la boutique à choisir un nouveau fard à paupières et un mascara. Tant qu’à être là, elle se laisse tenter par une épilation des sourcils. D’ordinaire, elle s’en charge elle-même, mais ils avaient sérieusement besoin d’un rafraîchissement. En sortant, elle profite du beau temps. L’été approche. Si elle aime le soleil, elle déteste la chaleur : sa peau pâle est beaucoup trop sensible. Elle s’arrête donc à la pharmacie pour acheter un tube de crème solaire, par précaution. En remontant les rues, elle se demande ce que trafiquent les garçons. Arrivée à proximité du commissariat, un attroupement de policiers autour d’une voiture attire son attention. Le véhicule, flambant neuf, manifestement hors de prix, est couvert de tags. Elle ne distingue pas encore ce qui est écrit, mais les réactions sont contrastées : certains policiers ricanent, d’autres affichent une mine scandalisée. Elle avance encore et aperçoit le commandant Martin, visiblement pris à partie par son frère. Le commandant lève les yeux au ciel, puis lui adresse un sourire fataliste. Diana lui répond timidement… juste avant que le commissaire ne se retourne et ne fonce droit sur elle. Il est furieux. Et, détail non négligeable, il arbore un superbe œil au beurre noir. " Mademoiselle Diana, vous tombez bien, " tonne-t-il. " Puisque vous êtes ici, c’est que Blake est de retour ? — Bonjour, commissaire… oui, nous sommes rentrés cette nuit. — Où est-il ? — Heu… je ne sais pas. — Et le brigadier ? Vous ne savez pas non plus où il est ? — Ils sont ensemble, mais je ne sais pas où. Je ne suis pas leur mère… pourquoi ?" Le commandant s’approche, un sourire presque coupable aux lèvres. " Parce qu’on a tagué sa voiture." Diana écarquille les yeux. " Ah… c’est votre voiture ?" Victor croise les bras, soudain soupçonneux. " Montrez-moi vos mains. — Pardon ? — Montrez-les. C’est un ordre." Elle obéit, un peu interloquée. Le commissaire attrape ses poignets et observe les traces rouges sur sa peau. " Et ça, c’est quoi ? — Du rouge à lèvres… La vendeuse m’a montré plusieurs teintes." Il grogne, contrarié. " Hum…" Diana fronce les sourcils. " Vous pensiez que… franchement, commissaire… je ne sais même pas ce qu’il y a d’écrit sur votre voiture. — ACAB. — Je… je ne sais pas ce que ça veut dire." Le commandant, moqueur, se penche vers elle. " C’est de l’anglais : All Cops Are Bastards. — Oh…" Diana rougit. " C’est… vraiment vulgaire. Je n’aurais jamais écrit une chose pareille. — Peut-être pas vous, " grogne Victor, "mais étant donné les origines du lieutenant Blake… — Ce n’est pas parce qu’il est à moitié anglais que c’est forcément lui," coupe Diana. "Et surtout, il vous estime beaucoup. C’est une insulte connue de tout le monde. Celui qui a fait ça n’a vraiment peur de rien… presque sous votre…" Elle hésite, cherche ses mots. " … votre…" Elle tente de ne pas regarder son oeil. Le commandant éclate de rire. " Nez, jeune fille. On dit « sous votre nez ». D'ailleurs, tu ne m'as pas dit avec qui tu t'es battut Victor ?" Il lui lance un regard assassin. " Ça ne te regarde pas !" Il se tourne de nouveau vers Diana. " Bien. Vous ne savez vraiment pas où sont le brigadier et le lieutenant ? — Non… ils devaient juste acheter des… cigarettes." Oh, les garçons… Le commissaire soupire lourdement. " Mes relations avec… mon fils sont tendues. Je sais la loyauté du lieutenant envers lui. Alors s’ils se vantent de quoi que ce soit… — Pose-leur la question, " coupe le commandant. Ils arrivent justement au coin de la rue, sortant d’un bureau de tabac, l’air détendu, presque trop. William et Alex plaisantent, affichant une innocence outrageuse. Le commandant murmure à Diana : " Ah… c’est donc avec lui." William fait mine d’être surpris. " Commandant, commissaire… tout va bien ? — Lieutenant Blake. De retour de Londres, à ce que je vois. Brigadier, j’espère que vous avez passé une bonne nuit ?" Alex sourit, narquois. " Excellente, merci. Il y a un sacré attroupement… quelque chose d’important ? — Des plaisantins ont tagué ma voiture, " crache Victor. " Oh non… quel malheur, " répond Alex avec un aplomb admirable. "J’espère que ça partira vite." Les deux hommes se toisent. William prend un air faussement concerné. " Vous voulez qu’on s’occupe de retrouver le coupable ? Les caméras n’ont rien vu ? — Pas de couverture sur la zone. Probablement des adolescents en mal d’attention. Inutile d’en faire toute une histoire. Profitez de vos jours de repos." Diana grimace. " Les jeunes n’ont vraiment plus aucun respect… — C’est sûr que ce n’est pas toi qui aurais fait ça," Miss première de la classe,"" lance Alex en la prenant par le cou. " Non. Moi, je l’aurais rayée. C’est bien plus discret. — Attention, ce genre de propos pourrait être retenu contre toi." Elle lève les yeux au ciel, mais sourit malgré tout. Il n’y en avait vraiment pas un pour rattraper l’autre. Le commissaire n’était pas dupe. Il n’avait simplement aucune preuve. Blake pouvait être innocent… quant à son fils, il avait de très bonnes raisons. Victor observe enfin Diana. Cheveux flamboyants au soleil, robe verte simple mais élégante. De tous ses hommes, Blake avait sans doute la compagne la plus ravissante. " On vous donnerait le bon Dieu sans confession, mademoiselle… contrairement à d’autres." Il se tourne vers Alex. " Brigadier, à moins de prolonger votre arrêt, je vous attends demain au commissariat. Et je ne tolérerai aucun retard." Puis vers William : " À bientôt, lieutenant. Mademoiselle." Il tourne les talons, ordonne aux policiers de se disperser autour de sa voiture profanée. Le commandant observe les deux hommes, partagé entre suspicion et amusement. " allez... filer vous deux... avant que je fasse faire des prelevements sur vos mains..." Ils font mine de ne rien comprendre et prennent rapidement congé. William et Alex attrapent chacun un bras de Diana et l’entraînent loin du commissariat. Avant même qu’ils n’aient le temps d’ouvrir la bouche, elle les coupe net. " Non. Je ne veux pas savoir. Vous êtes des gamins. Moins j’en sais, mieux je me porte." William l’embrasse sur la joue, faussement innocent. " Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles. Et toi, Alex ? — Franchement ? Moi non plus. Je ne sais même pas si ACAB prend un seul « c »." Diana soupire, résignée. " Vous allez vous attirer des ennuis… enfin, tant que vous ne m’y mêlez pas. — Tu as entendu mon cher papa, sourit Alex. On te donnerait le bon Dieu sans confession." Les deux hommes éclatent de rire. Au moins, son ami avait retrouvé le sourire. " Mouais… il a failli m’arrêter en voyant les traces de rouge à lèvres sur mes mains. Il est un peu à cran. — C’est de la bombe, ma jolie. Ça part au lavage… enfin, je crois, " plaisante Alex. " Et maintenant, vous voulez faire quoi ?" Alex hausse les épaules, détendu. " Ce que tu veux, Didi. Je n’ai plus mal à la tête et, pour une raison obscure, je suis d’excellente humeur. Prêt à te suivre n’importe où. — Ravie de voir que tu vas mieux. J’aimerais aller voir ce court-métrage au cinéma. C’est un jeune réalisateur du coin, j’aime beaucoup son travail. — Moi, je suis partant. Et toi, Will ? — Of course. Profitons de ces derniers instants de liberté…" Le trio s’éloigne en plaisantant, sans se douter qu’ils allaient bientôt en manquer cruellement.

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