1. Atlantique nord, mars 2007

2499 Mots
1Atlantique nord, mars 2007Joanne Priestley ouvrit brusquement les yeux. Autour d’elle, tout était noir. Elle mit quelques secondes avant de recouvrer ses esprits. Où suis-je ? Il est vrai que les événements des derniers jours avaient eu de quoi l’ébranler. Les rocambolesques rebondissements qui l’avaient conduite à bord de l’Atlantis en compagnie de Jacques Yves Fernette et Simon Duteil en quête du précieux anethium, le chantage qu’il avait fallu exercer auprès du Général Shepperd pour pouvoir inspecter le gisement par moins 4000 mètres de fond à bord de l’Alvin ; tout cela l’avait littéralement épuisée. Mais, elle le savait : les profits et le prestige que pourrait en tirer la Sea Oil Research étaient à la hauteur de l’effort. Si ce gisement se révélait exploitable, la Compagnie se retrouverait propulsée dans l’avenir. L’anethium, ce matériau incroyable qui résistait à toutes formes de radiations, et semblait pouvoir se plier à toute utilisation, spatiale ou militaire, était une manne pour la firme que son époux, Jason, dirigeait. Tout de même, anethium, quel nom idiot ! Il faudra s’occuper de ça dès que les deux Français auront cédé leurs droits… Petit à petit, ses yeux s’habituaient à l’obscurité. Elle distinguait vaguement les contours de la luxueuse cabine que le commandant La Valette avait mise à sa disposition à bord de l’Atlantis. Elle prit soudain conscience de la vibration légère qui parcourait le navire, entendit les frémissements de la structure, et perçut vaguement le bruit des flots sur l’étrave. Nous naviguons ! Ils ont remis les machines en route. Que se passe-til ? Alvin est remonté ? Déjà ? Quelle heure est-il ? Elle tâtonna pour trouver l’interrupteur et consulta sa montre. 1h30… Ils sont partis vers 15 heures… bizarre… Shepperd leur avait accordé 48 heures… Elle était maintenant tout à fait éveillée. Elle se leva, prit une douche rapide et sortit sur le pont. Le navire était bien en mouvement. À pleine vitesse. Elle se dirigea vers l’arrière du bateau, là où le submersible devait logiquement se trouver. Mais, entre les deux bras de la grue de halage, il n’y avait rien. Au loin, elle aperçut les lumières de la plate-forme Endeavour. Elle courut vers le poste de pilotage. Le commandant La Valette était là. Visiblement épuisé lui aussi. Il n’avait sans doute pas eu droit au sommeil. – Bonjour, commandant. – Ah ! Madame Priestley ! Je me doutais que je vous verrais cette nuit. – Oui, je crois que j’ai été réveillée par le bruit des machines. Que se passe-t-il ? Pourquoi partons-nous sans Alvin ? – Eh bien, je… j’ai reçu l’ordre de quitter les lieux immédiatement. – L’ordre ? – Oui, ça émanait de l’amirauté. – Mais… Alvin, le lieutenant Exton, les deux Français ? – Oh, ils seront récupérés par la grue de votre plate-forme. – Mais c’est insensé ! L’Atlantis, c’est Alvin. L’un ne va pas sans l’autre ! Vous ne pouvez pas abandonner le submersible et ses passagers comme ça ? – Ce bateau appartient à la Marine des États Unis, madame. Même s’il est géré par un institut privé. Je suis tenu d’obéir… – Commandant, j’exige de savoir ce qui se passe ici ! – Mais… Je n’en sais pas plus que vous, madame. Je suis désolé. J’ai reçu l’ordre formel de m’éloigner du site le plus rapidement possible. Et c’est ce que je fais. – Alors, je veux parler à vos supérieurs. Immédiatement. – Je ne peux vous y autoriser, madame, avec tout le respect que je vous dois. J’ai reçu cet ordre en crypté, ce qui signifie que ceci doit rester strictement confidentiel. Maintenant, je vous prie de regagner votre cabine et d’y rester. – Je refuse tant que je n’aurai pas obtenu réponse à mes questions. – Alors je serai contraint de vous y forcer, madame. – OK. Je vais appeler mon mari. Nous verrons bien qui aura le dernier mot. – Vous n’appellerez personne. Toute communication extérieure est interdite. – J’ai une liaison satellite sur mon portable. – Je sais. C’est la raison pour laquelle votre portable est en ma possession. – QUOI ? – Je vous en prie, ne rendez pas les choses encore plus pénibles. Je… je déteste ce genre de situation, tout comme vous. Mais, dans l’instant, je n’ai vraiment pas d’autre choix. Allez dans votre cabine et restez-y. Je promets de vous informer dès que j’en aurai reçu l’autorisation. – Mais… – Dave, veuillez raccompagner madame Priestley dans sa cabine et veillez à ce qu’elle n’en sorte pas. Sous aucun prétexte. Bonne nuit, madame Priestley. Si vous avez besoin de quoi que ce soit… – Allez-vous faire foutre ! Poliment, mais fermement, le marin la reconduisit dans sa cabine. Elle entendit tourner la clé dans la serrure. Et en plus ils m’enferment ! – Dites, espèce d’abruti, je ne vais pas m’envoler ou partir à la nage ! – J’ai des ordres, madame. Désolé. – Vous et votre commandant, vous pouvez d’ores et déjà chercher un nouveau job. J’ai le bras long, vous savez ? – Bonne nuit, madame. Elle entendit le marin s’éloigner rapidement. Instinctivement, elle se rua sur la porte et faillit se démettre l’épaule. La douleur calma un peu sa colère. Trop solide. Il me faudrait un truc bien lourd pour… Non c’est idiot : cela ferait trop de bruit de toutes façons… Il faut trouver autre chose. La serrure ! Il doit bien y avoir un moyen. Pas question de rester là sans rien faire. La serrure était d’un modèle ancien. Une serrure banale à poignée ronde. Le type même de la serrure que l’on trouve dans les hôtels ou les bureaux : d’un côté, un poussoir pour bloquer la poignée, de l’autre, une clé pour fermer de l’extérieur. Le bateau n’avait bien entendu pas été conçu pour servir de prison. Parfait ! Rien de plus simple à ouvrir : il me faut juste une carte plastifiée assez souple et l’insérer entre la porte et le chambranle de la porte. Le pêne n’est jamais bloqué, c’est seulement la poignée. La carte de visite de Jason fera l’affaire. Il ne lui fallut que quelques secondes pour ouvrir. Elle ne put s’empêcher de sourire, tant l’impression d’être l’héroïne d’un vieux film en noir et blanc était forte. Ils sont vraiment trop cons ! S’ils s’imaginaient que j’allais rester là à pleurer sur mon sort toute la nuit !… C’est bien les mecs, ça : je suis une femme, donc il suffit d’une simple serrure pour m’empêcher d’agir. Elle était libre. Mais le plus difficile restait à faire. Prévenir Jason et reprendre le contrôle du bateau. Et elle n’avait aucun plan. La salle de communication. Il faut prévenir Jason. Ça m>étonnerait qu’elle soit gardée. Ils ne doivent pas se méfier. En passant par l’arrière, J’évite le poste de pilotage. Et au pire, si je ne trouve pas d’arme, je pourrai toujours retourner dans ma cabine et attendre les secours. Action ! Elle vérifia discrètement que la voie était libre et cala un morceau de la carte de visite pour empêcher la porte de se refermer complètement. Puis elle enleva ses chaussures afin de faire le moins de bruit possible et se faufila dans la coursive, rasant la paroi. En quelques instants, elle avait atteint l’échelle qui menait au pont supérieur où se trouvait le poste radio. La porte était ouverte. L’opérateur était présent devant l’émetteur. Il somnolait plus ou moins sur une revue pornographique. Il a probablement reçu l’ordre de rester à son poste, en cas de nouveau message… Il faut que je le neutralise. Elle fit quelques pas en arrière et saisit silencieusement un petit extincteur qu’elle avait repéré. Puis elle entra. L’homme lui tournait le dos, tout absorbé par la contemplation d’une blonde étalant ses charmes en double page. Il se retourna au dernier moment pour apercevoir l’espace d’une seconde l’extincteur qui lui percuta violemment la tempe. Il s’écroula sur la blonde sans avoir eu le temps de réagir. Un filet de sang courait sur son visage. Merde je l’ai tué, ce c*n ! Tant pis. La fin justifie les moyens. Alors que le sang commençait à couler sur la table, elle aperçut une feuille de papier posée sur le côté : le dernier message reçu par le malheureux ! Daté du jour à 1 h 37. « Ok pour le retour du bateau. C’est la meilleure solution. Ne mettez pas ma femme au courant. Elle pourrait tout faire capoter. Tenez-la sous bonne garde et ramenez-la vivante. J’envoie un hélicoptère pour la récupérer dans la journée. Informez-moi rapidement de l’évolution de la situation en bas. En cas de problèmes, contactez le général Shepperd sur Survey. Il saura quoi faire. Jason Priestley » Jason ? Jason est au courant ? Que s’est-il passé en bas ? Et Shepperd… il est censé être dans le Golfe… C’est ce qu’il prétendait…Survey… Il n’a jamais prononcé ce nom… Un sous-marin ? Un bateau ? Il faut que je sache… Mais qui contacter ? Si même Jason est dans le coup… Durant quelques minutes, elle laissa déborder le désespoir qui l’envahissait. Assise par terre, le message de son mari, froissé dans la main, elle pleura. Chose qui ne lui était pas arrivée depuis… depuis si longtemps. Puis, lentement, elle se ressaisit. Petit à petit, un plan s’échafaudait. Je dois essayer de joindre l’Alvin. Je dois savoir ce que deviennent Fernette, Duteil et Exton. Ensuite, appeler Jason en me faisant passer pour La Valette. Je peux lui envoyer un télex je suppose… Lui dire que je pose des problèmes, que je l’ai pris en otage ou un truc dans le genre… De toute façon, je ne peux pas neutraliser tout l’équipage : ils sont trop nombreux et il me faudrait au moins une arme. Mais tout d’abord, me débarrasser de ce corps : si quelqu’un arrive, je suis f****e. Rassemblant toute son énergie, elle parvint à tirer le corps de l’homme hors de la salle radio et l’enferma dans un petit réduit où était entreposé du matériel de nettoyage. Puis elle saisit un seau et une éponge et elle entreprit de nettoyer au mieux les traces de sang. Elle rangea le tout dans le réduit, jeta la revue maculée de sang sur le cadavre et referma la porte. Vingt minutes plus tard – cela lui sembla une éternité – l’endroit était suffisamment propre pour créer l’illusion que l’opérateur s’était absenté. Et maintenant, Alvin. Un émetteur particulier était spécialement affecté aux contacts avec le petit sous-marin. Elle n’eut aucune difficulté à le brancher. Le haut-parleur cracha un petit crépitement. – Ici Joanne Priestley. J’appelle Alvin. À vous. – …. – Ici Joanne Priestley. Lieutenant Exton, répondez. À vous. – ….. – Jacques-Yves, Simon, m>entendez-vous ? Répondez. À vous. – …. Aucune réponse… Ils n’ont pas pu quitter le sous-marin… Peut-être que la radio ne porte pas si profond… Non, c’est idiot : cet appareil est manifestement dédié à lui. Il doit être conçu pour ça. Donc, il leur est arrivé quelque chose… Mais quoi ? Bon : j’essaie Jason. Visiblement connecté à l’émetteur principal, un ordinateur semblait servir à transmettre et recevoir des messages écrits. En toute logique, si ce truc peut recevoir, il doit pouvoir transmettre. Tout ça doit fonctionner comme une sorte de messagerie… Voyons… « Messages reçus »… Parfait ! Il doit y avoir une touche pour répondre… Ah, voici le dernier message. « Reçu à 1h37 – codé »… « Lire »… Une fenêtre s’ouvrit : « voulez-vous décoder le message maintenant ? » Oui ! Super : pas de mot de passe, c’est automatique. Si j’étais chef de la sécurité, je mettrais de l’ordre dans tout ça, moi ! Le message apparut immédiatement. Elle cliqua sur « répondre ». « Bien reçu. Nous avons quelques problèmes ici. Votre épouse exige des explications. Elle est armée. La Valette » Envoyé ! Moins de deux minutes plus tard, la réponse apparut en clair : « Passez-la moi. » « Jason, j’exige des explications. Pourquoi le bateau abandonnet-il Alvin ? » « Je ne peux pas te répondre. Désolé. » « Je te préviens : si tu refuses de répondre, je force La Valette à retourner sur place. » « Ne fais surtout pas ça ! » « Pourquoi ? » « Je ne suis pas en mesure de te répondre. » « Ok. Alors, on y va. » « Joanne, calme-toi. Moins tu en sais dans cette affaire, mieux cela vaut pour nous tous. » « Rien à foutre de tes boniments. Je veux savoir ce que sont devenus Fernette, Duteil et Exton. Je veux savoir ce qui se passe en bas. Je veux savoir pourquoi l’Atlantis s’éloigne du site. Si je n’ai pas une réponse claire à ces trois questions, le bateau fait demi-tour immédiatement. » « OK. Alvin a eu une avarie en rejoignant Survey et a provoqué sa destruction. » « C’est quoi Survey ? Le sous-marin de Shepperd ? » « Non. C’est une base sous-marine ultra secrète. Alvin devait la rejoindre à proximité du gisement. Ça a foiré. Tout risque de péter en bas. Auquel cas, cela provoquera une onde de choc géante qui détruira tout sur plusieurs kilomètres carrés en remontant à la surface. Voilà pourquoi l’Atlantis a reçu l’ordre de s’éloigner. » « Et Endeavour ? La plate-forme ne risque-t-elle pas d’être détruite elle aussi ? » « Non. Elle est conçue pour résister aux plus fortes tempêtes. En principe, elle va tenir. Néanmoins, J’ai envoyé des hélicos pour évacuer au plus vite. Surtout ne retourne pas en arrière. Désolé pour tout ce mystère, mais de toutes façons, on ne peut plus rien faire. Il faut attendre. J’espère que Shepperd aura eu le temps de faire évacuer tout le monde avant l’explosion. Ça te suffit comme explications ? » « Pour le moment. Nous nous expliquerons à mon retour. Terminé. » Si Jason disait vrai, il n’y avait effectivement rien d’autre à faire qu’attendre l’inévitable. Et s’il mentait ? S’il s’arrangeait pour éliminer discrètement les deux Français afin de s’emparer du gisement sans devoir leur racheter leur brevet ? Non, c’est absurde : un tel trésor vaut largement plus que les quelques millions de dollars qu’on leur a promis. Sans compter qu’ils ont peut-être des ayants droit… Quoique sur ce point, l’armée pourrait être moins pointilleuse… Que faire ? Tenter de prendre le contrôle du bateau ? Et il y a aussi ce cadavre maintenant… Quelle m***e ! Brusquement, elle céda à la panique et décida de retourner s’enfermer dans sa cabine. Personne ne me soupçonnera si je laisse croire que je ne suis pas sortie. Elle effaça l’ensemble des messages et quitta la salle de communication. Elle referma la porte de sa cabine, s’allongea sur le lit et éteignit la lumière. Le bruit caractéristique d’un hélicoptère approchant la réveilla quelques heures plus tard : on venait la chercher. On frappa à sa porte. – Entrez ! – Madame Priestley, c’est le commandant La Valette… – Eh bien, ouvrez ! Vous savez bien que je suis enfermée ici ! Quel imbécile ! Même pas foutu d’imaginer que je peux sortir sans problème… La clef tourna dans la serrure et le commandant entra, le visage marqué par sa nuit blanche. – Croyez-moi, madame Priestley, je suis sincèrement désolé d’avoir dû en arriver là… Vous comprenez, j’avais des ordres. Vous avez bien dormi ? – Évidemment, j’ai dormi ! Que pouvais-je faire d’autre ? – Pardonnez-moi, je… – Oh, cessez donc vos courbettes et pensez plutôt à chercher d’urgence un nouveau job ! C’est quoi cet hélico qui vient d’arriver ? – Il vient vous emmener. Vous rentrez chez vous. – Et mes compagnons ? – Ils rentreront plus tard. – Ben voyons. Je suppose que je ne peux toujours pas en savoir plus ? – Votre mari vous expliquera. – Mon mari ? Il est au courant de vos agissements ? – Et bien… c’est que… oui… enfin, je pense… – Vous pensez ? Vous ? Étonnant ! – Madame Priestley… – Ça suffit, commandant. Emmenez-moi jusqu’à ce foutu hélico. J’en ai assez de votre présence. Vous m>insupportez, savez-vous ? J’en viens à regretter cet imbécile de Bill Mac Cormick sur la plate-forme ! Elle saisit son sac et sortit dans le couloir, suivie par La Valette. Moins d’une minute après, elle était dans l’hélicoptère. – À la maison ! Et vite ! Non : amenez-moi directement au siège de la compagnie. – C’est là où je dois vous emmener, madame. – De mieux en mieux… Me voilà de nouveau contrainte d’obéir à un sous-fifre ! – Mais madame, c’est là où vous vouliez aller… – Ah, taisez-vous et contentez-vous de piloter ce maudit engin. L’appareil s’éleva lentement puis entama un demi-tour. Le soleil venait de se lever et l’horizon se parait de couleurs resplendissantes. Au loin, elle aperçut la plate-forme Endeavour. Un hélicoptère était en approche. Un seul hélico pour évacuer tout le monde là-dessus ? Bizarre… Ils s’éloignaient rapidement, quand soudain elle aperçut une sorte de bouillonnement à la surface, juste autour de la station. – Regardez ! – Que se passe-t-il, madame Priestley ? – Là, autour de la plate-forme ! Approchez-vous ! – Il faut qu’on rentre, madame… – C’est un ordre ! Faites demi-tour et allez voir. Vite ! Intrigué lui aussi, le pilote s’exécuta. À présent, le phénomène prenait de l’extension. L’écume blanche autour de la station devenait vague et prenait de l’ampleur à toute vitesse. Brusquement, telle une énorme déflagration, toute la zone fut envahie par une énorme onde de choc sur plus de dix kilomètres carrés. L’Atlantis semblait fuir le phénomène à pleine vitesse, mais la vague ne tarda pas à rattraper le navire. Puis, dans un fracas que Joanne et le pilote perçurent malgré l’altitude et le bruit de la machine, un immense raz-de-marée recouvrit tout le secteur. Ils virent la plate-forme se disloquer sous l’impact. L’Atlantis chavira. L’hélicoptère qui semblait devoir évacuer Endeavour s’éloignait. Il n’y avait manifestement plus rien à faire.
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