Chapitre 05

2307 Mots
J’ai reçu un message de Badou me disant qu’il est arrivé. En ce moment tout le monde est couché. Je sortis discrètement évitant de faire du bruit et de me faire prendre. Je rejoignis Badou dans sa voiture. -Bonsoir…Me salua-t-il. -Bonsoir…Parvenais-je à répondre mais à mi-voix. -Ça va ? -Ça peut aller. -Tu m’as fait peur, tu sais ? -J’avais peur. -T’as mal où ? -Mon ventre…Dis-je en le caressant. -J’espère que ce n’est rien de grave. -Moi aussi. Eva a dit… -Tu peux ne pas parler d’elle, s’il te plait. -Comme tu veux. -Si tu m’avais écouté, tu aurais agi autrement. Je sentais qu’il voulait revenir à la charge. J’avais pas envie d’entendre des reproches mais je le laissais faire. -Badou, j’ai fait ce qu’il fallait. -S’il te plait Sata, dis-moi autre chose. Ce qu’il fallait était que tu gardes cet enfant. -Aucun enfant ne mérite de naitre dans de quelles conditions. -Mais de quelles conditions tu parles ? -De ça. -Mais ça quoi ? Sata regarde-moi dans les yeux et dis-moi de quelles conditions tu parles. En plus de ne rien dire, j’évitais son regard. -Sata, j’ai accepté la paternité de cet enfant dès que tu m’as annoncé être tombée enceinte. Je t’ai demandé en mariage. Je ne répondis pas mais dans ma tête je me disais que c’était pas la première fois qu’il le faisait. -Pfff…Soupira-t-il après un moment. -Quoi ? -Le problème il est là. Je refuse de le voir mais il est plus que flagrant. -De quoi tu parles ? -Du fait que tu ne m’aimes pas. -Bien sûr que je t’aime. Pourquoi dis-tu ça ? -C’est une chose de dire mais c’en est une autre d’agir en tant que tel. -Badou s’il y a une chose que je me suis évertuée à faire chaque jour est de te montrer à quel point je t’aime et combien tu comptes pour moi. -Sata, s’il te plait respecte mon intelligence et arrête cette comédie. Je le regardais, je savais plus quoi dire. Mais il est fou ou quoi ? -Si tu m’aimais déjà, tu n’aurais jamais rejeté ma demande en mariage. -C’est trop tôt. -Ce n’est jamais trop tôt. Ensuite tu interromps ta grossesse. Le fruit de cet amour que tu aimes crier sur tous les toits. -J’étais pas prête. -Mais comment peux-tu le savoir ? -C’est de moi qu’il s’agit, je sais ce que je peux et ce que je ne peux pas. -En plus tu ne respectes même pas assez mon intelligence pour me donner une excuse valable. Tu ne m’aimes pas c’est tout. Mon regard était tellement dans le vide que j’avais pas fait attention à Badou. Je le regardais pour voir que ses yeux étaient mouillés. Je comprenais que j’avais fait l’avait éperdument blessé. Je pleurais à mon tour. -Je suis désolée…Dis-je après un moment de silence. Il disait rien. Je m’approchais de lui avant de me blottir dans ses bras. -Je suis désolée…Me répétais-je comme pour être sûre qu’il m’avait entendu. En guise de réponse j’ai eu un soupir. Il aura fallu que je m’en contente. Je comprenais qu’il n’était pas encore au point et de la même façon que je voulais qu’il respecte mon choix, moi aussi je devais respecter son droit de vivre mal cette situation. ******** Je suis restée avec Badou jusqu’à ce que la douleur s’estompe. Le pauvre, il n’a pas dû dormir de la nuit. Je le plaignais vraiment. Je me regardais devant le miroir et je cherchais s’il y avait un signe visible de ce que j’avais fait hier. Une personne pouvait-elle comprendre rien qu’en me regardant que je me suis faite avortée ? J’avais beau chercher, je ne voyais rien. J’allais mieux et je devais me rendre à l’école et faire cours. *******Des semaines plus tard******* La pilule de mon avortement était restée à travers la gorge de Badou pendant un moment. Il n’a pas hésité à me le rappeler à chaque dispute et j’avoue que ça me saoulait. Ce mec est tout simplement bizarre. Comment pouvait-il m’en vouloir pour ce que j’avais fait ? Je nous ai libéré tous les deux d’une honte sociale mais on dirait que lui il s’en fiche. J’avais reçu la visite de Yankhoba. Aujourd’hui comme un autre jour, il restait très présent dans ma vie. Même si je ne le considérais pas comme mon petit ami, il venait souvent chez moi et je pense que d’une façon ou d’une autre, ma mère s’est habituée à lui. En effet, si je devais le présenter brièvement je dirais sans hésiter que c’est quelqu’un de très sociable. Plus d’une fois, on était ensemble tous les deux, tout seul dans le salon il a préféré aller rejoindre ma mère dans la cour pour discuter avec elle. -Comment ça se fait que tu grossis pas ???Demannda-t-il me faisant sortir de mes pensées. -Grossir ? J’ai pas compris. -A chaque fois que je te regarde, j’attends de voir un ventre arrondi. -Comment ça ? -T’es enceinte, non ? C’est la première fois que je vois une grossesse qui grossit pas…Sourit-il. Oh, m***e !!! J’avais complètement oublié. Sans crier garde, j’éclatai de rire. -Qu’est-ce qui te fait rire ? Normalement c’est à moi de rire. -Comme tu peux le voir par toi-même je ne suis pas enceinte. -J’ai remarqué. -C’était juste pour te tester et voir jusqu’où tu serais prêt à aller pour moi. -Alors ce test, je l’ai réussi. -Plus ou moins…Souris-je. -Si ça te dit ce week-end, je t’amène faire les boutiques. -Boutiques ? -Oui, on va en ville et peu importe qui te plaira, j’achèterai. -Ah oui. -Oui. -Je serais bête de refuser. -Ne refuse pas. -D’accord…Finis-je. J’en connaissais un qui n’allait pas être content mais à un moment donné ma vie doit cesser de tourner autour de lui. ******** Est-ce que vous savez ce qu’il y a de meilleur au monde ? Moi je sais. Dépenser de l’argent qui n’est pas le nôtre. J’avais acheté tellement de choses en ces quelques heures de shopping que je ne saurais mettre un chiffre. Ce qui était sûr c’est que c’était beaucoup d’argent. En ce moment, j’étais avec Badou et ses amis. Discussion de groupe, alors ça partait dans tous les sens. -T’as vu comment elle fait la belle ces temps-ci ???Plaisantais Dave en s’adressant à son ami. -Dave laisse-moi tranquille, on boxe pas dans la même catégorie. -Voyez-vous ça…Sourit-il. -Oui. T’as bien remarqué je porte à mon poignet une montre en or…Dis-je en branlant bien ma main. -Oui, je te l’accorde on ne boxe plus dans la même catégorie…Répond Dave en me tenant la poignée. -Si t’as compris rek, c’est bon. En effet, c’est une montre qui venait de mon shopping avec Yankhoba. Un cadeau venant de lui. J’avais pas fait attention mais depuis que j’ai parlé de la montre Badou est un peu à l’écart de la discussion. -Ça va ??? Demandais-je. -Oui…Répondit-il assez froidement. Okay, monsieur était à nouveau sur les nerfs, restait à savoir pourquoi. ****** J’étais dans la voiture avec Badou qui me ramenait chez moi. Depuis un moment la tension était palpable. Quand je lui parlais il répondait par des monosyllabes et me montrait bien qu’il ne voulait pas qu’on se parle. Nous étions arrivés devant chez moi. -Qu’est-ce qu’il y a encore ???Je grondais presque parce que ça commençait vraiment à me gaver. -C’est à toi de me le dire ? -Quoi ? -Peux-tu me dire où est-ce que tu as trouvé cette montre ? Par sa question je comprenais automatiquement son changement d’humeur. Moi je ne faisais que plaisanter je pensais pas que ça le mettrait dans cet état. Je répondis pas. -Réponds-moi. Je t’écoute. Où est-ce que tu as trouvé cette montre ? Elle est en or. Non ? -Oui. Elle est or. -Comment tu as fait pour l’avoir ? -On me l’a offert. -De toute façon c’était pas la peine que je pose la question, je connaissais déjà la réponse. Comme ça tu laisses les hommes te faire des cadeaux. Le pire dans cette histoire est que tu ne me respectes même pas. -Je vois pas le rapport. -Ah tu vois pas le rapport. -Si non je ne l’aurais pas dit. -Tu sais quoi ? Cherche pas à comprendre. Mieux vaut qu’on casse. -Tu viens de me faciliter la tâche… Lui dise avant de sortir en prenant soin de frapper la porte. ******* C’était une chose d’aimer Badou mais c’en était une autre de le supporter. Il se fâchait pour tout et rien. Et à chaque fois même chanson, on cassait et deux jours après on se rabibocher. L’histoire de la montre n’était qu’une chose parmi tant d’autres. Si je vous racontais dans les détails toutes les fois qu’on s’est disputé et qu’on a rompu en une année de relation, cette histoire ne finirait jamais. Le pire dans cette relation restait ses crises de jalousie. Un jour on était ensemble au restaurant et j’ai vu le frère d’un de mes ex. Je parle pas de mon ex mais de son frère. Comme toute personne civilisée quand je l’ai vu je l’ai salué, on s’est fait bise et on a un peu discuté. Sauf que monsieur Sow ne voyait pas ça d’un bon œil et notre diner à tête à tête s’était soldé par une énième dispute. Et à chaque fois, il jouait la carte du « tu ne me respectes pas ». Badou se comprenait tout le temps comme un grand gamin alors que parallèlement il y avait un Yankhoba qui lui me traitait avec la considération que je pense mériter alors que je ne sortais même pas avec lui. D’une façon ou d’une autre, mes disputes répétitives avec Badou m’ont rapproché de Yankhoba sur le plan affectif bien plus que je ne l’aurais imaginé. ******** A ma grande surprise j’ai eu la visite de Pape, le frère de Badou. Avec son frère les choses se sont calmés en ce moment alors il n’était pas venu pour régler un conflit, ça c’était sûr. En tout cas, ça me faisait plaisir de le voir. On discutait dans le salon. Il me parlait d’une femme qui habitait dans le quartier et que son mari traitait très bien. Il parlait effectivement d’argent. -Toi aussi quand mon frère t’épousera, je sais qu’il fera pareil. -Personnellement je pense que le fait de faire plaisir à une femme ne doit pas dépendre du fait de l’épouser ou pas. Et dans la mesure où on parle de Badou, je peux te dire avec certitude qu’il n’est pas du genre d’attendre d’épouser une femme pour lui faire plaisir. Il me traite bien et ne lésine jamais pour me donner ce que je veux. Il sait que j’ai monté ma petite commerce à côté de mes études et que j’ai besoin de soutien. Moi je racontais ce qui se passait dans ma relation avec Badou sans faire attention à ce que je disais. Après tout je m’adressais à son frère. En réalité j’avais fait une bêtise et je l’ai compris quand il est parti de la maison. En effet, Pape est allé voir sa mère pour lui dire que Badou me reversait son salaire. Vous pouvez imaginer que quand on raconte ce genre de choses qu’on exagère toujours. Le même jour, la mère de Badou lui a fait une scène et ce dernier est venu m’en faire une. -Pourquoi es-tu indiscrète ? -Quoi ? -Pourquoi es-tu allée dire à ma famille ce que je faisais pour toi ? -Famille. Badou m’a raconté ce qui s’est passé avec sa mère et son frère. Je me suis sentie bête d’être tombée dans le piège que Pape m’a tendu. Sa visite n’était pas une visite de courtoisie mais une visite pour savoir ce qui se passait dans ma relation avec Badou. Ça me faisait mal et Badou ne me rendait pas les choses plus agréables. Il m’avait condamné pour ça. Je lui en ai voulu. Comment pouvait-il penser que moi je pouvais me mettre entre lui et sa famille ? Des choses blessantes ont été dites et il est parti. ******* 2 jours après je reçus un message de Badou me disant qu’il s’excusait qu’il ne pensait pas ce qu’il m’a dit. Qu’il devait pas venir chez moi alors qu’il était fâché. Il essayait au moment où moi j’en pouvais plus. J’étais fatigué de la vie que je partageais avec Badou. A côté se trouvait un Yankhoba qui lui faisait de son mieux et ne voulait que je lui donne une chance. D’une façon ou d’une autre, c’était comme si Yankhoba avait un puissant marabout. Il sentait quand les choses n’allaient pas avec Badou et il était toujours là. J’avais comme l’impression de m’éloigner de Badou pour me rapprocher de Yankhoba. Avec Badou on venait de connaitre notre plus longue séparation et je me suis rapprochée de Yankhoba. Les choses avec lui se faisaient petit à petit et je pouvais dire qu’on sortait ensemble. Il m’avait invité à déjeuner après mes cours. Quand on finit de manger, il a voulu que je le suive dans une chambre d’hôtel. Vu que je le considérais comme mon petit copain, pourquoi refuser ? Je l’ai suivi dans cette chambre. Ce que je pensais être au début qu’un simple flirt a bougé bien plus que ce que j’imaginais. Il a commencé avec des caresses et je me suis laissée faire. Alors nous sommes passés à l’acte. Ça faisait un moment que rien ne s’était passé avec Badou et que j’utilisais un produit traditionnel fait à base de « neb-neb ». Je suis naturellement étroite, ça faisait un moment que je n’avais pas couché et le produit me renfermait encore plus. Du coup quand j’ai couché avec Yankhoba j’ai saigné et lui il a cru automatiquement que c’était lui qui m’avait déviergée. Je lui dis la vérité ou pas?
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