Chapitre 06

2610 Mots
Par la suite, j’ai opté pour ne rien dire à Yankhoba. Il a posé une question et j’ai préféré ne pas lui répondre. Après notre première fois, notre relation commença à se construire petit à petit. Je m’attachais à lui chaque jour davantage. Je savais qu’il n’était pas parfait mais je savais aussi qu’il était tout ce que Badou n’était pas. Il était doux, attentionné, attachant et faisait de mon plaisir sa priorité. Yankhoba ne m’a jamais faite une scène de jalousie contrairement à l’autre qui s’emportait pour des choses insignifiantes. Je savais que Badou était toujours dans mon cœur mais j’étais arrivée à un moment où si je devais choisir, c’est Yankhoba qui serait mon choix tellement que je m’étais attachée à lui. Ça faisait pas mal de temps que je n’avais pas de nouvelles de Badou mais au point où j’en étais ça me faisait des vacances. Un jour alors que j’étais chez moi, à ma grande surprise Badou était venu. J’ignorais ses intentions alors je l’ai écouté. Après des salamalek et qu’il s’est intéressé à l’état de ma santé, il m’a expliqué la raison de sa visite. -Je suis allé voir Abdourahmane, et il m’a demandé de venir te chercher. -Ah, Abdourahmane. Comment il va ? -Il va bien. Je lui ai dit que nous étions en froid et il m’a renvoyé en me demandant de ne revenir qu’avec toi. Vu que je n’étais pas occupée, j’ai fait plaisir à Badou et nous sommes montés dans sa voiture pour aller voir Abdourahmane. Abdourahmane est un ami de Badou. Il est marabout malgré son jeune âge. Ses amis lui vouent un profond respect. Plus d’une fois il a joué au médiateur dans mes conflits avec Badou. Je serais pas étonné si on quitte chez lui comme si de rien était. Nous sommes arrivés, je saluai Abdourahmane avant de prendre place. -Je sais à quel point tu y tiens alors j’ai passé la commande avant ton arrivée. -Merci !!!Souris-je avant de prendre l’assiette rempli de dibi au poulet des mains d’Abdou. Il savait comment j’en raffole. -Il m’a dit ce qui s’est passé entre vous tout à l’heure. En gros, rien de nouveau. Après la phrase d’Abdourahmane, j’ai juste lancé un rire nerveux. Avec Badou c’est comme si on avait un record à battre. -Pour l’amour de Dieu, arrêtez de vous comporter comme des gamins. Je savais pas ce que Badou lui avait dit mais je préférais raconter ma version des faits. J’expliquais à Abdourahmanne les sauts d’humeur de Badou qui m’exaspérait mais également le fait que sa famille s’est mêlée de notre relation. Sa réaction m’avait vraiment déçue et effectivement la pilule avait du mal à passer. Badou s’était excusé et Abdou toujours aussi impartial avait tenu les mots qu’il fallait. On avait bien discuté et on s’était bien entendu. Encore une fois, Abdourahmane s’est présenté comme celui qui m’a réconcilié avec Badou. ******** Les jours se passaient voir les semaines et le moins qu’on puisse dire était que les mots d’Abdourahmane n’étaient pas tombés dans l’oreille d’un sourd. J’avais un tout nouveau Badou. Il était moins lunatique donc moins énervant. Il se comportait vraiment comme un vrai petit copain. Je pense aussi que son changement était surtout dû au fait qu’après notre rupture, il était bien rendu compte que c’était une chose de l’aimer mais que s’en était une autre d’être aliéner à lui. Il avait compris qu’il pouvait me perdre à n’importe quel moment et a décidé de faire des efforts pour éviter cela. Je m’étais réconcilié avec Badou mais je n’avais pas quitté Yankhoba pour autant. Comme j’avais dit les problèmes avec Badou m’avaient rapprochée de lui et je tenais vraiment à lui. On peut dire que c’est bizarre mais moi je peux dire avec certitude qu’il est bien possible d’aimer 2 personnes à la fois et c’était effectivement ce qui m’était arrivé avec Badou et Yankhoba. J’étais en couple avec les deux et je ne voulais me séparer d’aucun des deux. Ma vie dans ce triangle amoureux se présentait comme suit : Yankhoba venait toujours me prendre à la sortie des cours et je passais le reste de ma journée avec lui et le soir j’étais avec Badou. Il venait soit chez moi ou chez lui ou soit chez ses amis. C’était un triangle qui partait dans tous les sens mais c’était mon triangle et je pense que je m’en sortais assez bien. ******** Après pas mal de temps à faire de petits commerces, je voulais passer à la vitesse supérieure en lançant ma propre affaire. Je voulais aller en voyage me trouver des marchandises et ouvrir une boutique. J’en ai parlé à ma mère. -Hun Sata, est-ce sûr ? -Bien sûr maman. -Je te demande juste d’attendre encore un peu. Je pense que c’est trop tôt. -Pourquoi tu dis ça ? -Attends au moins d’avoir le bac avant de te lancer dans cette affaire. -Ah maman, le bac j’ai déjà fait et c’était juste pour connaitre un échec, j’ai pas envie de reprendre. Et même je sais comment je suis et je sais que je suis pas du genre à faire de longues études supérieures et encore moins de devenir l’employée de quelqu’un. Je suis faite pour être ma propre chef. Je pense même à ouvrir un « atelier » de couture. -Couture ? Tu penses être faite pour ça ? -Oui. Pourquoi pas ? -Tu penses que ça s’ouvre comme ça. Tu n’as jamais fait de la couture de ta vie et tu n’as aucune expérience. Bien que dans la famille il y a des couturiers mais toi tu n’as aucun talent et tu veux ouvrir un atelier. -Je peux toujours essayer. Et même la couture en ce moment et une seconde option ce que je veux c’est partir en voyage pour acheter des marchandises. -Tu n’as pas mon approbation. Je te demande de continuer tes études et d’attendre encore un peu. J’avais beau insister ma mère ne voulait pas lâcher. Pour être sa fille, je la connais bien. Malheureusement pour elle, j’étais comme elle et être têtu était un truc de famille. Après ma conversation avec ma mère, j’ai parlé de mon projet aux deux, Yankhoba et Badou. Leurs réactions étaient assez divergentes. Badou lui a réagi comme ma mère. Il m’a demandé d’attendre encore un peu. J’étais déjà pas d’accord mais le fait qu’il m’a dit que ce serait préférable que j’attende notre mariage et là il me financerait. Je me suis fâchée et je lui ai dit « Alors pour me financer, on doit être marié ? » J’avais éclaté et encore une fois on s’était disputé. Après j’en avais plus parlé et avec lui. Quant à Yankhoba félicitait mon initiative. Il m’a fait savoir qu’il a lancé son projet alors qu’il était encore très jeune. Qu’il a commencé à étudier la mécanique au Sénégal avant qu’il ne se rende en Allemagne pour continuer ses études et devenir un ingénieur en mécanique. C’est ce projet commençait très tôt qui a fait qu’il a lancé son entreprise d’automobiles et aujourd’hui Il rend grâce à Dieu. S’il voit un jeune avec un projet, ça lui rappelle ce qu’il était avant et qu’il peut que l’aider. Il m’a demandé de lui dire quand je voulais partir, où je voulais partir et de combien j’avais besoin pour les frais. Je lui avais répondu que non, que j’avais économisé une somme et que je pouvais me débrouiller avec ça. Il a insisté en me disant que me donner un coup de main était un minimum. Que tout ce qu’il attendait depuis un moment était que je lui vienne le voir avec un projet ou un quelconque besoin. -Où veux-tu aller ??? Insista-t-il. -J’ai pensé au Maroc ou à Dubaï. J’ai une de mes amies dans le commerce et elle se rend toujours dans ses deux pays. -D’accord. Renseigne-toi pour connaitre le prix du billet d’avion, fais-moi un bilan de ce que tu vas faire , de ce que tu vas acheter comme marchandise et je me charge du reste. -Non je vais pas te donner un chiffre. Je veux pas t’incommoder. Je préfère me débrouiller avec ce que j’ai en ce moment. -Ok. Pas de problème. J’avais quitté Yankhoba et je savais que je devais encore convaincre ma mère quant à Badou, je l’avais à nouveau mis en veille. ****** Des jours après, j’ai revu Badou. -Qu’est-ce que tu as décidé ???Demanda-t-il. -Je compte aller au Maroc. -Où as-tu trouvé les sous ? -J’avais fait quelques épargnes, mis bout à bout ça peut être une bonne somme et je vais partir ça. -Ok. Et pour la boutique, comment tu vas pour le local. Tu dois quand même donner une caution et un loyer. -Je sais pas mais je trouverai une solution. -Malheureusement en ce moment, j’ai quelques problèmes financiers et c’est pas le top pour moi. J’aurais aimé te donner l’argent dont tu as besoin mais je peux pas. N’empêche je peux t’acheter le billet après je verrai quelle somme je pourrais te donner en plus. -Ok. Pas de problème. De toute façon, que tu me donnes de l’argent ou pas je m’en irai alors tu peux faire comme tu veux. -C’est ce que tu me dis ? Je répondis en haussant les épaules. Je faisais genre mais je comprenais la situation de Badou. Il était en train de reconstruire la maison de sa mère et vous savez bien à quel point c’est coûteux. ******** Comme prévu je suis allée à une agence et je me suis renseignée. Badou a tenu parole et il a lui-même acheté le billet. C’était une période où les prix avaient grimpé du coup ça lui a couté 555000frs. Après je suis allée voir Yankhoba et je lui ai dit que j’ai acheté le billet avec l’argent que j’avais. Il m’a dit qu’il passerait chez moi le lendemain. ****** Yankhoba était venu et nous étions dans le salon. -Tu peux appeler ta mère pour moi ? -Oui. J’ai appelé ma mère et elle nous a rejoints. On était tous assis. -Je ne veux pas agir tel un irresponsable…Commença Yankhoba… Je peux pas venir chez toi, donner une somme d’argent à ta fille sans que tu sois au courant. Je ne veux pas que si toutefois les choses se passent de travers que je sois tenu pour responsable parce que je n’avais pas fait ce qu’il fallait. Mes parents n’ont jamais flanché dans l’éducation qu’ils m’ont donné et je sais ce qu’elle vaut. Je veux que tu saches que l’argent que je lui donne aujourd’hui que c’est un cadeau, elle peut en faire ce qu’elle veut. Elle m’a dit qu’elle veut voyager et je veux aider autant que je peux. Il a mis 5 millions sur la table. -Je veux qu’elle débute avec ça. Il a sorti après un autre million et a dit. -Ça c’est pour son billet et les divers frais qu’elle aura. Yankhoba avait fini avant que ma mère ne prenne la parole. -Tégoumalako d. D’autant plus que je ne suis toujours pas d’accord avec ce projet. En outre ce que tu viens de me dire m’a apaisé. Tu m’as montré que tu es une bonne personne et qu’on t’a bien éduqué. Tu as fait preuve de bonne foi en agissant ainsi. Elle m’a raconté votre discussion et effectivement tu es venu l’aider sans qu’elle ne t’ait rien demandé. Tu as donné cet argent avec le seul objectif qu’elle puisse travailler avec. -Effectivement cet argent elle peut même y verser de l’essence, je lui en tiendrai pas rigueur. C’est son argent et elle peut en faire tout ce qu’elle veut. J’ai remercié Yankhoba et il est parti. ***** Par la suite, ma mère était d’accord et je pouvais partir. Mon vol était pour la nuit. Badou s’était chargé de m’amener à l’aéroport. J’étais avec lui, un de ses amis et ma petite sœur Bijou. On était parti un peu tôt donc on est resté un moment à l’aéroport. En tant que transitaire, Badou avait la possibilité d’entrer. Il avait même un badge. Cette nuit sera toujours un des moments que je n’oublierai jamais dans ma vie. Si Badou m’avait donné 200000Frs pour mes frais pour moi ça importait peu. Badou devait se lever tôt le lendemain et pourtant il était avec moi. Je ne reprocherai jamais à Badou de ne pas m’en donner autant que Yankhoba parce que lui il ne me donner que ce qu’il avait. A mes yeux 200000 de Badou représentait plus à mes yeux que 5 millions de Yankhoba car je savais que lui il avait galéré pour me les donner. De plus avec les sommes colossales de Yankhoba, j’étais arrivée à un moment ou l’argent n’était plus si important que ça. Ce qui comptait à mes yeux c’est le mal que Badou s’était donné cette nuit-là juste pour me faire plaisir. ******* Une fois au Maroc, je vivais chez une amie. On a grandi ensemble à Liberté 4. J’y ai fait une bonne semaine et je n’ai pas rencontré de problèmes particuliers. Avant de partir en voyage, je m’étais déjà chargée avec l’aide de Badou de me trouver un local. De retour à Dakar tout s’était passé très vite. ********Quelques mois plus tard******** Ça faisait un moment que Badou me parlait de sa grande sœur. En fait c’est sa demi-sœur. Ils ont le même père mais d’une mère différente. En fait Badou n’a qu’un seul frère du même père et de la même mère. Celui-ci est en Europe. Les petits frères de Badou sont nés d’un deuxième mariage de tata. Aujourd’hui j’avais décidé d’aller la voir avec Badou bien sûr. Rama nous avait vraiment bien accueilli. Je l’ai trouvé très pétillante et surtout pleine de vie. Elle est l’ainée du père de Badou. Elle habite à Petit-Mbao, elle est mariée et a des enfants. Ce qui m’avait le plus marqué chez elle était le fait qu’un de ses enfants était handicapé et qu’elle a tout fait pour se battre avec la maladie de sa fille. Je la trouvais très brave voir admirable. J’ai entretenu une amitié avec Rama. On s’entendait bien. J’allais chez elle et elle venait souvent à ma boutique. Je l’appréciais énormément. ********* J’étais en ce moment chez moi avec Yankhoba on discutait des membres de sa famille. Il me parlait d’une de ses cousines à qui il tenait énormément. -J’aimerai beaucoup qu’on aille la voir. -Oui. Ça me fera plaisir. -Je sais même que vous allez bien vous bien vous entendre parce que je sens que vous avez les mêmes centres d’intérêts. -Tu penses ? -Oui. Attends de connaitre Rama. -Elle s’appelle Rama. Ay yow, comme une de mes amies. Je souris. Je vais pas non plus lui dire qu’il s’agit de la sœur de mon autre copain. -T’as une amie qui s’appelle Rama. -Oui et elle est superbe. -Je sais pas comment est ta Rama mais je sais que la mienne est une battante. -Ah oui !!! -Oui. Sa petite fille Marie est née avec un handicap. Automatiquement mon cœur a fait un raté. Je ne croyais pas aux coïncidences. -Que représente Rama pour toi, tu avais dit ? -C’est ma cousine. Dans ma tête en ce moment, ça partait dans tous les sens. -Dis-moi Yankhoba. -Oui. -Tu connais quelqu’un qui s’appelle Badou Diallo ? -Bien sûr, c’est mon cousin. Notre grand-père a eu que 2 fils et une fille. Son père et le mien sont du même père et de la même. Yankhoba finissait de parler mais moi à ce moment-là tout ce que je voulais était de me creuser un trou et de me mettre dedans.
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