Je n’avais aucune idée de ce qui était en train de se passer. Pour faire simple, je sortais avec deux cousins. Moi, Sata Diedhiou, je sortais avec deux cousins. Je me souvenais qu’une fois alors que j’étais avec Badou j’avais reçu un appel de Yankhoba. Il avait pris le portable de mes mains et a vu le nom. Il était en pétard et je lui avais tout simplement dit que Yankhoba était un de mes prétendants. S’il avait pensé à la possibilité que le Yankhoba en question était son cousin, je suis sûr qu’il me l’aurait dit. A mon avis pour lui c’était juste un Yankhoba comme un autre.
Bordel de m***e !!!! Pourquoi j’ai jamais fait attention au fait que les deux avaient le même nom de famille. Après c’est compréhensible, c’est pas parce que tous les deux s’appellent Diallo que forcément ils ont un lien de parenté.
Yankhoba était rentré depuis un moment mais je ne pouvais m’empêcher de penser à ce qui se passait. De toute façon, Yankhoba je m’en foutais. J’ai toujours été franche avec lui. Il savait dès le début que je sortais déjà avec quelqu’un. Peut-être que ça le choquerait de savoir que le quelqu’un en question était son cousin mais avec lui au moins j’ai toujours était franche. Je pensais surtout à Badou, à sa famille, à Rama à cette relation qu’on avait forgé tous les deux après tout ce temps. Cette histoire me stressait au plus grand point. J’étais à la fois perdue et désemparée.
*********
J’avais décidé de rompre avec Yankhoba quand j’ai su que lui et Badou étaient cousins. Malheureusement ou heureusement… Heureusement pour lui et malheureusement pour Badou, il avait à nouveau insisté et j’ai craqué. Je n’ai pas eu la force de le quitter. Et surtout à côté il y avait ma mère et mes amies qui se montraient de plus en plus comme des pro-Yankhoba hors-pairs.
Au bout d’un moment, je m’étais dite que puisque ça fait des mois maintenant que je menais cette double-vie sans me faire prendre la main dans le sac que je pouvais bien continuer. Mon plus grand problème durant cette période, était Yankhoba qui insistait pour me présenter à Rama, chose que je ne pouvais pas. Rama m’avait connu grâce à Badou et c’était mieux que ça reste comme ça. A chaque fois que Yankhoba m’en parlait, j’usais de stratégies pour m’en sortir. Il ne pouvait en être autrement.
Ce jour-là, à la maison, on avait la visite de Yankhoba et mon oncle. C’était tonton Issa, celui qui était avec Yankhoba quand je l’ai vu pour la première fois, son ami quoi.
On était en train de déjeuner quand mon portable a sonné. Le numéro de Badou était affiché. Je me suis levée pour aller répondre.
-Allô.
-Allô. Ça va ?
-Bien et toi ?
-Je vais bien. Je suis devant chez toi.
Là vraiment j’ai paniqué. Je ne savais pas quoi faire.
-Je te rejoins… Dis-je à Badou avant de raccrocher.
Je dis à Yankhoba que je revenais avant de sortir rejoindre Badou. Il était sorti de sa voiture et dedans il y avait son ami Bass qui lui servait de chauffeur. En effet, Badou commençait à avoir des problèmes de dos et son médecin lui avait interdit de faire les voyages longue distance. Dans la mesure où sa situation s’était améliorée et non celle de Bass, il l’a pris comme chauffeur. Mais n’empêche ils sont des amis d’enfance.
J’ai salué Bass avant de parler avec Badou.
-Je peux entrer ? Je suis venu voir tes parents.
-Ah oui ! Pourquoi ?
-Je vais à Touba pour le magal et je voulais leur dire au revoir.
-Non c’est pas la peine que tu entres juste pour ça. Je leur dirai que tu es passé pour leur dire que tu vas à Touba.
Je finissais ma phrase et Badou me scrutait. Il me connaissait assez bien pour savoir quand je mentais. Et le moins qu’on puisse dire et que j’étais en panique en ce moment.
-Pourquoi tu ne veux pas que j’entre ?
-Pour rien. Juste que je ne veux pas que tu perdes ton temps.
-Ça, c’est à moi d’en juger. Pourquoi tu ne veux pas que j’entre ? Et je veux la vérité.
J’ai compris à ce moment que si je ne lui disais pas ce qu’il en était qu’il allait faire du forcing et entrer malgré moi. J’optais pour la solution la plus judicieuse.
-Tu te souviens du gars qui n’arrêtait pas de m’appeler, l’ami de mon oncle ? En fait il est là. Et je ne veux pas que vous vous voyez.
-Tu me fermes la porte de chez toi Sata à cause d’un gars ?
Avant que je ne réponde à Badou, Bass est sorti nous voir.
-Que se passe-t-il ?
-Rien. J’arrive…Lui répond Badou avant de se reconcentrer sur moi…Sata, tu me vires de chez toi ?
-Non je ne te vire pas. C’est juste que je ne veux pas créer d’embrouilles. En plus mon oncle est là et je veux pas avoir de problème. Je préférerai que tu ailles à Touba, on reparlera à ton retour.
-Tu me vires de chez toi ? Sata, tu me vires de chez toi ? Tu m’interdis l’accès de ta maison.
-S’il te plait comprends-moi. Non je ne te vire pas. On en reparlera.
Je l’ai laissé devant la maison et je suis reparti à l’intérieur en prenant soin de fermer la porte de la maison.
J’étais encore dans le salon avec Yankhoba mais c’était comme si je n’y étais pas. J’avais l’esprit ailleurs. Badou était vraiment fâché et j’avais compris qu’il m’en fera voir des vertes et des pas mûres.
Yankhoba avait compris que quelque chose c’était passé. Il m’a posé la question mais je ne lui ai rien dit.
********
La sonnerie message de mon portable me fait sursauter. Mes doigts ont tremblé quand j’ouvrais le message en sachant que l’expéditeur était Badou.
« Sata, puisque tu es capable de me renvoyer de chez toi, c’est terminé en tre nous. »
Mon cœur ratait un autre battement.
Je décidais de lui répondre.
« Pardonne-moi. Je n’ai jamais eu l’intention de t’empêcher d’entrer chez moi. Mais s’il te plait, comprends la situation dans laquelle je me trouvais. Il y avait mon oncle. Si je t’avais fait entrer il aurait dit que je faisais du je m’en foutisme dans l’unique but d’humilier Yankhoba. »
Sa réponse ne se fit pas attendre.
« En tout cas, Sata, tu m’as déçu. »
Son dernier message avait créé une avalanche d’émotions. Je commençais à pleurer comme pas possible. Je ne voulais pas que les choses se passent ainsi mais je n’avais aucun contrôle.
*******
J’étais seule dans le salon quand j’ai entendu des salutations venant de Badou. Quoi, il est pas parti à Touba lui ?
J’étais restée assise quand il m’a rejoint.
-Sata ce que tu m’as fait aujourd’hui, il y a rien de pire. Comment puis-je venir te voir et me faire renvoyer à cause d’un mec ?
-Je t’ai pas renvoyé.
Je commençais à expliquer à nouveau avant de commencer à pleurer. Badou m’avait pris dans ses bras pour me calmer.
-Je ne veux pas partir en voyage en étant en froid avec toi. Je te l’ai dit et redis. Je laisse passer cette fois-là. Mais j’espère qu’il y aura pas de prochaine.
-Non il y en aura pas.
-D’accord. Je vais partir.
-Ok.
Je me suis levée et je l’ai raccompagné. Il a donné 20000 à chacun de mes parents et m’a remis une enveloppe de 200000. Il est finalement parti à Touba.
********
Avec Badou on a passé l’éponge sur le dernier incident et notre relation avait repris de façon normale. Il était venu à la maison et il s’apprêtait à rentrer. Et on était dehors en train de discuter de tout et de rien quand ce que je redoutais pendant toutes ces semaines s’est produit.
Yankhoba venait de garer sa voiture.
Il est venu nous rejoindre.
Yankhoba et Badou se sont salués normal avant que Yankhoba n’aille à l’intérieur me laissant là où j’étais avec Badou.
-Sata, dis-moi.
-Quoi ?
-C’est toi qu’il est venu voir ?
-Oui.
Il a marqué une pause.
-C’est lui le Yankhoba dont tu me parlais ?
-Oui.
-Non ça c’est pas possible.
Je regardais Badou, ne sachant pas quoi dire.
-Sata, je peux te parler ??? Me dit Yankhoba en restant dans la maison.
Je vais le rejoindre.
On se met dans le salon.
-Qu’est-ce que tu fais dehors avec un garçon ? S’il veut te voir qu’il le fasse dans les règles. Mettez-vous à l’intérieur.
-On était ici c’est juste qu’il est sur le départ on discutait un peu.
-Je t’interdis de sortir du salon.
-Pourquoi ?
-Si jamais tu sors, je sortirai également et crois-moi je créerai un boucan.
-Waa, yow fouyo. Comment peux-tu m’interdire quoi que ce soit ?
-Ne sors pas.
Finalement il a gagné, je suis resté dans le salon.
Badou m’a attendu et ma grande sœur est allée le rejoindre. Il lui a dit, « Comment Sata peut-elle me planter ici à cause d’un mec ? » Dieyna essayait de le calmer mais sans résultat.
Je ne pouvais rien faire. Yankhoba restait là où il était et m’empêchait de sortir.
J’avais compris qu’encore une fois il faudra que je fasse tout pour que Badou me pardonne.
********
Avant de me coucher, j’envoie un message à Badou pour m’excuser. Il m’a répondu.
« Déception ne pouvait pas être plus grande. Pendant tout le temps qu’on sortait ensemble, tu étais aussi avec mon cousin. Yankhoba, son père et le mien sont de même père et même mère. Ils sont que trois avec leur petite soeur. »
Je réponds :
« Je ne savais pas. »
« En plus c’est Yankhoba ».
« Pourquoi tu dis ça ? »
Badou me fait savoir à ce moment que dans sa famille il y avait un problème lié à l’héritage de leurs parents. Après on s’est vu en tête à tête et il m’en a beaucoup plus parlé.
Je compris ce jour, qu’en plus de sortir avec deux cousins, je sortais avec deux personnes qui n’étaient absolument pas en bon terme. Badou m’a fait savoir que le respect était présent car c’est son cousin, son frère mais il n’y avait rien d’autres. Il me fait savoir que si je le connaissais comme lui il le connait, je n’allais jamais fréquenter quelqu’un comme lui. Je lui ai promis ce jour-là que j’allais rompre avec Yankhoba.
********
Si on m’avait remis 5 billets à chaque tentative de rupture avec Yankhoba qui finalement était voué à l’échec, j’aurai été milliardaire.
Ces temps-là, je me sentais pas très bien. J’étais un peu malade et Yankhoba était venu me voir. Quand il s’apprêtait à partir, il a vu la voiture de Badou et il est resté.
Moi je pensais qu’il était parti alors qu’en réalité il est revenu quand il a vu la voiture de Badou.
Ma surprise n’avait nulle égale, quand Yankhoba était revenu et que j’étais dans le salon en train de discuter avec Badou.
Après des salutations. Il m’a dit qu’il avait des choses à me dire alors je me suis levée et je l’ai suivi. Il m’a mis dans sa voiture avant de démarrer.
-Qu’est-ce que tu fais ?
-Quand tu viens rendre visite et que son copain l’amène avec lui, je pense que si tu es saint d’esprit, tu rentreras chez toi.
C’est à ce moment-là que je me suis réellement demandé, dans quoi je m’étais embarquée…