XVLa pause dura un temps interminable. Léonore eut droit à un bon sandwich poulet-mayonnaise, à un petit pain au chocolat et à un grand verre de jus d’orange. Ensuite, la femme gendarme qui était chargée de sa surveillance, lui apporta un café dans une grande tasse. — Vous en aurez besoin. Vous prenez du sucre, du lait ? Léonore regarda le café qui tremblait dans la tasse. C’étaient les mouvements de ses mains qui animaient le liquide très noir. Elle eut un peu de mal à répondre : — Non, merci ! Rien ! Elle leva la tête et esquissa un sourire pour donner le change alors qu’elle était serrée à l’intérieur. — Il fait beau dehors ? — Le ciel s’est dégagé, mais il fait un peu frais, dit gentiment la fonctionnaire. Elle devait bien comprendre le désarroi de Léonore sans pour autant la


